> Spécial > Message du Collectif du 4 décembre

Haïti-Société Civile

Message du Collectif du 4 décembre

Plaidoyer en faveur de la production nationale

Publié le jeudi 23 octobre 2014

En amont du 26 octobre 2014, date antérieurement choisie et annoncée pour la tenue des élections, Le COLLECTIF DU 4 DECEMBRE 2013, dans sa mission de promotion et de défense de la PRODUCTION NATIONALE, est très inquiet face à la situation socio-politique et économique du pays à l’aube du 12 janvier 2015.

Alors qu’à cette date, on devrait se préparer à faire le bilan de nos réalisations, 5 ans après ce séisme qui a détruit une bonne partie du pays et engendré le décès de près 200.000 de nos compatriotes, nous constatons que les acteurs politiques semblent choisir de nous amener vers le chaos. Or cette catastrophe est programmée et fomentée par les uns et les autres dont l’irresponsabilité ne facilitera pas la relance de la PRODUCTION NATIONALE déjà comateuse et n’aidera non plus au relèvement social.

En cette date triste, réminiscence d’un chaos dû à un désastre naturel, le peuple haïtien s’attend à mieux, à beaucoup mieux qu’un chaos engendré par certains fils et filles de cette nation. Notre pays a déjà assez souffert et est suffisamment meurtri pour ne pas vivre un autre tremblement de terre naturel et encore moins un cataclysme causé délibérément par des acteurs politiques à qui nous, citoyens, avions confié un pouvoir dans l’espoir d’une Haïti nouvelle et progressiste. Cette dérive et ce chaos, ce manque du sens de responsabilité dont font montre les trois pouvoirs de notre pays ne feront, entre autres, qu’endiguer notre PRODUCTION NATIONALE si nécessaire au développement endogène de notre pays.

Pour relancer cette dernière, re-dynamiser notre société et donner un nouveau souffle au rêve de liberté et de progrès du peuple haïtien, le COLLECTIF du 4 DECEMBRE reste convaincu que le pays requiert et réclame une DEMOCRATIE stable permettant un développement durable dans l’intérêt de tous les haïtiens. La démocratie implique le respect des lois, le respect des droits humains, le respect de la majorité et aussi des différentes minorités, plutôt que les querelles de clans ou des chapelles idéologiques.

D’un côté, ceux qui gouvernent doivent prendre des décisions allant dans le sens du bien commun et leur leadership doit mener la barque du pays à bon port ; de l’autre, l’opposition doit exister et se doit d’être une opposition constructive, cohérente et cohésive capable de faire des propositions pertinentes et audacieuses, afin d’offrir des alternatives sérieuses.

Pourtant, LE COLLECTIF constate avec une énorme consternation que des acteurs politiques s’évertuent une fois de plus avec malice, veulerie, gloutonnerie, corruption, malhonnêteté et mépris à désarticuler davantage toutes les institutions du pays, à cracher sur la CONSTITUTION et à appauvrir un peu plus ceux qui ne sont déjà que trop pauvres, à augmenter le chômage d’une jeunesse qui a perdu le don de rêver et à ensevelir un pays malade depuis bien trop longtemps.

C’est pourquoi, en tant que membre de la SOCIETE CIVILE, nous demandons aux trois pouvoirs de l’ETAT, à tous les partis politiques et tous les acteurs politiques d’Haïti de ne point favoriser la fragmentation et multiplier les factions, de ne plus continuer à effilocher le tissu social, de cesser de perpétuer et entretenir ces querelles intestines qui ont transformé une indépendance glorieuse en une indépendance au rabais, mais de faire plutôt preuve de bonne volonté et de patriotisme afin de libérer pour de bon notre société des tutelles multiples qui la minent, la sclérosent, l’humilient et l’étouffent.

Nous sommes préoccupés car, si le 12 janvier 2015 verra les obsèques du législatif, l’exécutif agira sans contrôle aucun, et ce sera la continuation de la parodie de cette démocratie que nous avions choisie à travers la constitution de 1987. Ce sera aussi une nouvelle fois la preuve par neuf et la démonstration irréfutable que tous nos acteurs politiques priment leurs intérêts personnels ou claniques sur celui de la nation. Ce sera une fois de plus un aveu patent d’échec et d’incompétence.

Quand la situation économique de la majorité des familles haïtiennes est excessivement précaire, que des professionnels se plaignent de la diminution observée dans leur revenu lorsqu’ils ne se retrouvent pas tout bonnement au chômage, que nos entreprises locales sont mises à l’écart et supplantées par des entreprises étrangères, que des investisseurs locaux hésitent à investir, que des investisseurs étrangers boudent tous les chants de sirène de nos autorités, que notre gourde s’effondre, que de nombreux chantiers ralentissent ou stagnent, que l’inflation monte, que la misère individuelle se transforme en gueuserie et indigence généralisée, il faut absolument trouver cette nouvelle et sincère union de toutes les forces vives de la nation pour générer des réflexions puissantes, faciliter des synergies productives et libérer les énergies créatives.

En effet, les aspirations du peuple, de notre peuple, en ce 21ème siècle, en dépit de sa misère abjecte et de son dénuement quasi total, continuent d’être ce rêve de LIBERTE subordonnée à une gouvernance responsable, une éducation de qualité, des emplois décents, une mise en quarantaine de cette nocive indiscipline généralisée, des infrastructures fonctionnelles telles que l’électricité, le traitement des déchets et des eaux usées, l’eau potable, les moyens de transports modernes et appropriés, des logements adéquats ; ce rêve d’une justice sociale, d’un état de droit factuel, de santé accessible et effective pour tous, du respect de la personne humaine, de la sécurité des vies, de la sécurité des biens, de la sécurité de la propriété privée, de la sécurité foncière et de la sécurité alimentaire intrinsèquement liée à la PRODUCTION NATIONALE.

Le COLLECTIF du 4 Décembre rappelle enfin aux acteurs politiques qu’avec 2% de couverture végétale, un aménagement du territoire inexistant, un déboisement vorace, une hyper fragilité environnementale, 80% de chômage réel, moins de 40,000 emplois créés au cours de la dernière décennie, une démographie galopante, une migration urbaine alarmante, des frontières super poreuses à nos dépens, des maladies infectieuses de source hydriques et vectorielles menaçantes, un analphabétisme récalcitrant, une délinquance juvénile grandissante, une mutilation des familles, une corruption viscérale, une insécurité variable et le viol de la PRODUCTION NATIONALE, le PAYS NE DOIT PAS VIVRE une nouvelle crise surtout que celle-ci est annoncée et créée de toute pièce par les uns et les autres, par la volonté des antagonistes de poursuivre des jeux à somme zéro, des acteurs de chaque camp de se faire respectivement échec et mat et ne point se soumette aux impératifs de la CONSTITUTION sur laquelle ils ont tous prêté serment.

Le COLLECTIF exhorte donc avec véhémence, avant qu’il ne soit trop tard, tous les acteurs politiques capables de faire la différence, de freiner le misérabilisme des plus démunis, la morosité de la classe moyenne, la délitescence de la classe des affaires, l’obsolescence de la classe professionnelle, l’asphyxie de la classe industrielle et l’euthanasie de la PRODUCTION NATIONALE.

Le COLLECTIF estime aussi que le moment est venu et propice pour que tous les acteurs politiques impliqués dans la crise annoncée cessent leur mutation permanente en coqs qui croient inventer le soleil chaque matin et de préférer POUR LA PREMIERE FOIS une mutation en HOMMES ET FEMMES D’ETAT RESPONSABLES.

Le Collectif du 4 décembre veut croire qu’aucun des acteurs politiques concernés ne vise la mise en veilleuse de la DEMOCRATIE au lendemain du 12 janvier 2015. Le Collectif, dès lors, les appelle à faire preuve de modération, d’altruisme et de patriotisme fougueux et veut faire l’acte de foi qu’ils en sont capables. En même temps, le Collectif veut aussi faire la profession de foi que ceux qui sont au pouvoir actuellement ainsi que ceux qui les succèderont le 7 février 2016 ne braderont pas le sous-sol de notre pays pour des bagatelles, « for chum change » comme disent les américains, voire pour des bénéfices qui ne serviront pas à son développement réel.

Le COLLECTIF du 4 Décembre réclame de tous nos élus, de toute la classe politique, de toute l’élite économique, intellectuelle, professionnelle et sociale, la transformation du rêve de la grande majorité du peuple haïtien en réalité, en mettant de côté leur intransigeance, en transcendant leurs intérêts individuels, leur égoïsme outrancier, leur mégalomanie à bon marché, leur égo démesuré.

Peut-on vraiment demander à un citoyen ou une citoyenne de se fier à des hommes et à des femmes d’Etat qui ne respectent pas leurs serments et encore moins leur parole ?
Le COLLECTIF du 4 décembre exhorte la SOCIETE CIVILE toute entière à faire entendre sa voix de façon haute et forte. Il demande à tous les citoyens et citoyennes à continuer à émettre leurs opinions et à forcer le dialogue entre les protagonistes d’un drame inutile. Il exhorte tous les acteurs et décideurs politiques du pouvoir et de l’opposition à se surpasser pour qu’un consensus soit trouvé afin d’éviter à tout prix à cette nation que tous prétendent aimer, une crise futile, gratuite, voire un chaos. Qu’ils fassent une nouvelle fois, comme l’ont fait dans le passé d’illustres responsables et hauts fonctionnaires de notre pays, preuve de leadership et de vision et privilégient l’intérêt collectif.

Enfin, Le COLLECTIF leur demande de se concentrer de préférence sur l’essentiel des principaux défis de la nation !

Pourquoi ne gagerions-nous pas sur l’avenir et que dans un sursaut de patriotisme et d’abnégation, nous parvenions à trouver la formule sereine pour sortir notre pays de ce bourbier, ce, dans l’intérêt de nous tous indistinctement ?

VIVE LA PRODUCTION NATIONALE, VIVE L’UNION, VIVE HAITI !

Jean-Robert Argant
Coordonnateur Général
Collectif du 4 Décembre

20 Octobre 2014

Message Du Collectif Du 4 Decembre 2013 by kiskeyadmin