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Haïti-Crise

Déclaration politique du parti AKAO

Le parti AKAO veut s’engager dans une discussion de fond avec les forces progressistes nationales autour de la constitution d’un front politique apte à se positionner en interlocuteur véritable par rapport aux groupes d’intérêts opposés à un agenda de recouvrement de notre capacité de décision

Publié le lundi 15 décembre 2014

A contre-courant du discours commun, le parti AKAO tient à réaffirmer que les prétendues dérives à répétition de l’Exécutif ne sont pas des accidents de parcours sur la route menant au 12 janvier 2015 mais qu’elles constituent, en fait, l’expression d’un mode d’exercice arbitraire du pouvoir politique, d’une vision caritative du social et d’un modèle économique antinational. Ces caractéristiques du pouvoir en place se sont accentuées au cours des derniers mois plongeant le pays dans une situation de dépendance sans précèdent dans l’histoire récente post-86 et dans une crise aux conséquences graves pour l’avenir de la grande majorité des citoyens haïtiens

1- Les Nations•Unies et la communauté dite internationale réinventent le colonialisme sous couvert d’ingérence démocratique. Le maintien de la République d’Haïti sous la tutelle des Nations-Unies, le pilotage direct des élections par des puissances internationales, le contournement de l’État par l’appareil bureaucratique des ONG et l’absence d’une politique de développement de la production nationale pour sortir de la subvention par l’étranger de plus de 60% du budget national accroissent la dépendance nationale.

2- La tradition dictatoriale se perpétue derrière un simulacre de démocratie. La classe dirigeante a progressivement remis en place un système politique de filiation dictatoriale, moulé dans la tradition duvaliériste et fondé notamment sur l’arbitraire de l’Exécutif, l’asservissement du Parlement, la soumission du Pouvoir judiciaire. Les multiples manoeuvres du chef de l’Etat pour retarder les élections législatives et locales après plus de trois années passées au pouvoir et ce, au mépris de la Constitution, les violations répétées des droits démocratiques par la police convertie en bras armé du pouvoir lors des manifestations publiques et la monopolisation des médias d’État à des fins de propagande gouvernementale, en sont les expressions les plus criantes.

3- L’Etat se privatise et la corruption s’institutionnalise. Le pouvoir en place a systématiquement affaibli les institutions de contrôle pour déployer une politique d’ouverture commerciale débridée, assujettissant l’Etat à des intérêts privés nationaux et étrangers et faisant une utilisation fantaisiste des fonds du trésor public sous forme d’assistanat.

4- Haïti se mue en une province économique de la République Dominicaine. Le Gouvernement s’est détourné d’une politique de renforcement de la production agricole, accentuant ainsi la dépendance de l’économie nationale vis-à-vis des produits alimentaires, agro-industriels et Industriels de la République dominicaine et de ce fait, d’aggraver la situation de la paysannerie.

5- Les conditions de vie de la population se détériorent. Après avoir imposé un salaire de misère aux travailleurs en complicité avec les patrons, le Gouvernement a augmenté le prix de l’essence — alors que le prix du pétrole est en baisse sur le marché international - engendrant la hausse généralisée des produits de première nécessité sans renforcer la fourniture de services sociaux à la population, notamment en termes d’éducation et de santé.

6- Les firmes nationales de construction sont exclues du processus de reconstruction. Le Gouvernement a délibérément choisi d’écarter les firmes nationales par une stratégie de regroupement des travaux facilitant les contrats avec les firmes dominicaines et ne favorisant pas la construction d’une capacité nationale dans le domaine de la construction. De plus, il a attribué la plupart des marchés dans une totale opacité.

7- La fuite des cerveaux s’accentue et le fléau s’étend aux jeunes. Le Gouvernement a minimisé la place de la formation supérieure et technique dans le budget national. ignorant les besoins du pays en ressources humaines qualifiées pour le développement national. Loin de réduire le flux des jeunes étudiants vers la République Dominicaine, un tel choix occasionne la perte de capitaux précieux pour la relance économique du pays. Pire encore, il peut contribuer à la constitution, au sein même du pays, de futurs alliés adhérant aux plans de la classe économique dominante dominicaine. L’interdiction récente faite à des jeunes étudiants haïtiens en République dominicaine de célébrer la mort de Jean-Jacques DESSALINES est un symptôme du contexte idéologique anti-haïtien dans lequel ils évoluent.

8- Les désastres écologiques annoncés semblent imminents. Le Gouvernement n’a adopté aucune mesure sérieuse pour lutter contre la dégradation de l’environnement physique du pays laissant ainsi présager de nouveaux désastres écologiques.

Les familles démunies évacuées des camps sont retournées vivre dans les quartiers, abandonnées à elles-mêmes, dans des habitations érigées sans aucune norme, sans aucun encadrement, recréant les conditions antérieures au désastre du 12 janvier 2010 duquel aucun enseignement ne semble avoir été tiré.

9- Le spectre des menaces épidémiques nouvelles planes sur l’horizon. Le Gouvernement n’a pas développé une réelle politique de santé incluant le développement de plans de protection, la formation et l’organisation des personnels, la sensibilisation et l’organisation de la population. De fait, les conditions sanitaires de la population se détériorent la rendant plus vulnérable au choléra et aux nouveaux risques épidémiques.

10- La population perd espoir. Le Gouvernement, par ses orientations politiques, ses choix économiques et ses options sociales, a contribué à la dégradation générale de la situation du pays. La perte de confiance dans l’avenir de la nation s’étend à tous les échelons sociaux favorisant la migration des travailleurs haïtiens sans papier vers la République Dominicaine et la Caraïbe et celle des professionnels vers le Canada, les États-Unis, le Brésil, à la recherche d’une vie meilleure.

Pour sortir du cercle de la dépendance

1- Réclamons le départ des troupes de la MINUSTAH du territoire national comme symbole fort d’un processus de reprise en main de notre destin de nation souveraine !

2- Revendiquons le rapatriement du processus électoral, libéré de l’influence financière et administrative des Nations-Unies, du PNUD, de l’OEA et du contrôle du pouvoir exécutif, un financement assuré dans sa totalité par le Trésor Public constituent les fondamentaux qui pourront forger un consensus national. ainsi que le renouvellement et la modernisation de l’approche électorale à travers la participation citoyenne et le recours à de nouvelles techniques !

3- Demandons un audit public de l’administration du Gouvernement notamment au regard des fonds Petro Caribe et de l’utilisation des taxes prélevées sur les transferts en provenance de la diaspora haïtienne.

Pour contrer toute nouvelle transition sous la dictée de « l’international » et visant à maintenir le statu quo, construisons une alternative nationale !

Le parti AKAO veut s’engager dans une discussion de fond avec les forces progressistes nationales autour de la constitution d’un front politique apte à se positionner en interlocuteur véritable par rapport aux groupes d’intérêts opposés à un agenda de recouvrement de notre capacité de décision afin :

1- de proposer une alternative crédible s’inspirant de la Constitution et capable de faire face à la situation d’illégitimité politique généralisée qui résultera au début de l’année 2015 du non-accomplissement par l’Exécutif de ses obligations constitutionnelles ;

2- de présenter à la société un projet d’intérêt collectif et de reconquête de la souveraineté nationale, orienté vers la création de richesses capables de garantir les conditions d’une redistribution équitable de notre production nationale et garantissant aux couches les plus faibles de la population des conditions de vie convenables.

3- d’établir un agenda de transition tenant compte des propositions susceptibles de garantir le respect du choix populaire grâce :
- a. à la mise en place d’un CEP crédible dans l’esprit de l’article 289 de la Constitution ;
- b. à la participation citoyenne et au recours de nouvelles techniques de vote qui permettent à la fois de baisser le coût exagéré des élections et de garantir une grande transparence dans le contrôle du processus de vote
- c. à l’organisation d’élections générales dans l’esprit de la constitution de 1987 pour revenir à la normalité constitutionnelle et commencer à corriger les pratiques politiques qui nous ont amené à avoir, à tous les niveaux, des élus qui ne représentent pas la volonté populaire et l’identité nationale et qui, pour une grande part, sont à la solde de forces maffieuses qui installent une perte de valeurs désastreuse pour notre société et risquent de compromettre son avenir.

Ayiti pa machandiz I Li pa pou vann ni an Gwo ni an Delay
Rés la se MAS yo ! Viv AKAO

Port au Prince, Haiti. Tél :(509)3761-0509 | www.akaoayiti.org

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