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EDITORIAL DU 22e ANNIVERSAIRE DE RADIO KISKEYA

Publié le jeudi 12 mai 2016

22 ans, cela se commémore. D’autant qu’il s’agit d’une station de radio commerciale, indépendante mais engagée, dans un pays extrêmement difficile et compliqué ayant pour nom Haïti !

Pas nécessaire de remonter le cours du temps et de rappeler autant les bons que les mauvais moments. On l’a fait déjà à maintes reprises. Peut-être qu’on le fera encore une autre fois. Car, la mémoire, ici, est courte. Périodiquement, il faudra remettre les choses en contexte, rappeler les événements, les mésaventures, les succès ! Mais, vous savez déjà tant de choses de nous et des médias en général…

Aujourd’hui, contrairement à la tradition, nous serons plutôt brefs, et peut-être encore plus direct et précis que d’habitude, par rapport aux problèmes, aux objectifs et aux perspectives de ce média qui s’est finalement installé chez vous, dans vos cœurs et dans vos moeurs. Faisons-le clairement, urbi et orbi (à la ville et au monde) afin que nul n’en prétexte ignorance, :

- L’objectif de couverture nationale demeure majeur : ardent défenseur de l’inclusion, votre média, Kiskeya, reste déterminé à intégrer toute la population dans le concert des idées et des projets. « Pik kou mawo » / « Zannana kou pengwen » / « moun yo di ki anndan, moun yo di ki andeyò »/, « Moun isit, moun lòt bò »/, « Nèg mòn, nèg lavil ». Tout le monde doit y être. Avec Audionow et Digicel, et le numéro 6630, Radio Kiskeya est maintenant accessible partout sur le territoire national. Par Audionow, la station est accessible pratiquement partout dans le monde. Mais, il reste beaucoup à faire en matière de couverture nationale. Nous nous y attelons.

- Pour sa part, la chaine 14 (Télé Kiskeya) qui ne compte que 4 ans, fait son bonhomme de chemin sur NuTV/Digicel, via GoTV.com (Natcom) et, à l’étranger Haitiendirect.com. Un début appréciable pour son jeune âge, comparé à ce que nous avons longtemps enduré avec la radio, avant qu’elle ne s’impose partout, via les relais que sont devenus les médias partenaires formels et informels. La plupart de nos programmes sont en effet diffusés ou rediffusés par un nombre incalculable de médias, en Haïti et à l’étranger.

- Il importe d’investir davantage le domaine du journalisme d’enquête et d’investigation. Le temps du verbiage, du « voye monte » tire manifestement à son terme. Moun yo fatige ak radotè. Yo bezwen konn vrè pwoblèm yo. Byen souvan, deba politik la pase a kote. Radio Kiskeya se doit de faire de son mieux dans ce domaine ou elle se distingue deja. Une meilleure connaissance du pays s’impose. Il faut aller plus au fond des choses.

- Sur le même plan, face à l’acculturation de plus en plus accélérée et agressive, Radio Kiskeya devra accorder encore plus de place à la culture nationale par une promotion plus significative de tous les éléments de celle-ci : musique, peinture, littérature, artisanat, etc…Les jeunes doivent en être imprégnés

- Face à la dégradation des mœurs et au dépérissement des valeurs, il va falloir investir aussi davantage dans l’éducation civique et la sensibilisation aux bonnes mœurs.

- Mais, pour ce faire, il importe de contribuer encore plus au renforcement des institutions et à l’instauration de la règle de droit. Afin que les violations et les dérives soient justement sanctionnées et que les comportements positifs soient convenablement encouragés.

Sur ce terrain, on retrouvera encore Kiskeya, n’en déplaise à certains, sur le terrain difficile et périlleux de la défense de la Constitution, des lois, des libertés publiques, du pluralisme et de l’alternance démocratique. Nous serons toujours contre les élections fo mamit, chanpwèl, grenn soulye ; contre la corruption, le gaspillage et la dilapidation des ressources publiques.

Nous continuerons aussi à lutter pour la reconquête de la souveraineté nationale, la fin de la dépendance économique et politique et pour un environnement physique et économique plus favorable au développement humain.

- A propos de violations et de dérives, justement, le moment est venu d’en appeler à la fois à la sagacité des gens, au pouvoir des lois et à la force des institutions pour contrer l’offensive multiforme du mensonge et de la mauvaise foi qui, en plus de certains médias locaux, s’est emparé des réseaux sociaux. Yo di e yo fè sa yo vle sou entènèt la. Gen kèk medya lokal menm, erezman yo pa anpil, ki transfòme tèt yo an bak fatra e kap degaje yon odè lafyant kap endispoze menm mò ki gen lontan antere. Nou pap mande sansi ni baboukèt. Men, règ yo ekziste nan lwa yo ki fikse liy ki dwe swiv. Gen yon otan ki pou di, oswa gen zak ki pou poze pou règ jwèt la respekte.

Kanta pou gran piblik la, fòk li fè jefò tou poul distenge distans ki genyen ant medya kap bay enfòmasyon ak rezo sosyal ki konn bay enfòmasyon tou, men ki gen plis opinyon ak envansyon.

- Le professionnalisme allié à l’intégrité, elle-même coulée dans un sens très aigu de l’éthique, seront encore et toujours nos points de référence.

- Mais, tout doit pouvoir se faire dans un environnement économique plus favorable que l’actuel au développement des médias. Il faut qu’ils puissent prospérer et répartir les dividendes sur toutes les catégories de professionnels de la presse. Ils ont en effet besoin de meilleurs traitements et de conditions de travail plus avantageuses. Il faut en effet plus qu’un minimum de bien-être pour pratiquer la vertu dans l’Haiti Thomas du 21e siècle.

Bonne fête à tous et serrons les coudes pour des lendemains meilleurs pour le pays et pour nous tous !

Marvel Dandin