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Parade de militaires démobilisés à Port-au-Prince

Publié le dimanche 15 août 2004

Plus d’une centaines de militaires démobilisés en uniforme et en civil, certains lourdement armés, ont défilé pacifiquement dimanche à Port-au-Prince pour rappeler aux autorités leur détermination en faveur du rétablissement de l’armée et du paiement de 10 ans d’arriérés de salaires aux membres de celle-ci.

Une fanfare civile a rythmé les pas des militaires démobilisés lors de cette parade qui, avant de se disperser, s’est arrêtée quelques instants aux abords de l’ancien local du GQG des Forces Armées d’Haïti et devant le monument érigé au Champ de mars à la mémoire du Roi Henri Christophe.

Au nombre des officiers ayant dirigé cette parade : le commandant Ravix Rémissainthe et le lieutenant Faustin Méradieux. Un ex-haut gradé de l’armée, l’ex-colonel Irving Méhu, se trouvait parmi la petite foule de gens venus assister à l’événement ou lancer des slogans en faveur de l’armée. L’ex-colonel qui a refusé d’accorder d’interview a tout de même justifié sa présence par son sens de solidarité envers ses frères d’armes.

Ravix Rémissainthe n’a pas mâché ses mots vis-à-vis du directeur général de la PNH et du gouvernement qui souhaitent à tort, dit-il, désarmer les militaires démobilisés.

Devant le GQG des FAD’H, après l’hymne national et le salut au drapeau, un sous-officier en uniforme a délivré un message destiné aux autorités dans lequel il exige le paiement des arriérés de salaire et le rétablissement en bonne et due forme de l’institution militaire.

Arrivé rapidement sur place, le chef de la composante militaire de la MINUSTHA, le général brésilien Heleno Ribeiro, a personnellement coordonné le déploiement d’un imposant dispositif de casques bleus et de blindés légers dans l’aire du Palais national où des éléments des unités spécialisées et de la police administrative de la PNH, avaient déjà pris position.

Au terme de la parade, le général brésilien a relevé qu’il s’agissait d’une manifestation pacifique, même si certains des militaires étaient armés. Selon lui, la MINUSTHA n’a pas encore décidé de confronter les militaires démobilisés. Il appartient au gouvernement d’adopter préalablement une position politique à ce sujet, indique-t-il :

Au moment de se disperser à bord de plusieurs véhicules préposés à cet effet, les militaires démobilisés ont fait savoir qu’ils regagnaient leur base sans fournir de précision sur la localisation de celle-ci à Port-au-Prince.