> Actualité > Gang du Fun House : Liberation suspecte de deux importants prevenus

Gang du Fun House : Liberation suspecte de deux importants prevenus

Publié le lundi 10 mai 2004

Par décision en date du 4 mai 2004 du substitut du commissaire du gouvernement près le Tribunal civil de Port-au-Prince, Me Annuel Thélot, deux importants prévenus détenus dans le cadre de l’action menée par la police le 30 mars dernier contre un gang opérant au Fun House, à Pétion Ville ont été remis en liberté. Il s’agit du nommé Michel Louizor (alias Micko) et de son acolyte Jean Joseph Desvarieux (alias Juancito).

Selon des sources policières et judiciaires, cette décision est tout à fait surprenante dans la mesure où les dossiers relatifs à l’incarcération pour enquête des individus en question ont été minutieusement préparés. Les informations recueillies de sources compétentes laissent croire que le substitut du commissaire du gouvernement en charge du dossier a délibérément ordonné la remise en liberté du nommé Desvarieux sans être muni d’une quelconque ordonnance d’un quelconque juge.

Pour le nommé Louizor, dans un premier temps, il aurait retenu le dossier au lieu de l’acheminer au Cabinet d’Instruction ; dans un second temps, il a procédé à l’exécution d’une ordonnance du Doyen du Tribunal de première instance en date du 29 avril prise en faveur du prévenu sur la base de l’habeas corpus.

Un troisième suspect, le policier Fred Altidor, placé en isolement selon les règlements administratifs de la PNH, a bénéficié d’une ordonnance judiciaire toujours sur la base de l’habeas corpus alors que, curieusement, l’intéressé n’était pas sous les verrous. Il était seulement placé en isolement.

Des sources judiciaires ayant requis l’anonymat ne cachent pas leur stupéfaction face à de telles décisions en raison de l’importance du gang auquel appartiennent les nommés Louizor et Desvarieux. Les mêmes sources soutiennent que qu’il s’agit vraisemblablement d’un des gangs les plus dangereux opérant en Haiti mais disposant de sérieuses ramifications dans les milieux du crime organisé dans la caraibe, l’Amérique latine et en Amérique du Nord. Les mêmes sources prétendent que le nommé Louizor est particulièrement dangereux et qu’il aurait successivement fait de la prison aux Etats-Unis et en République dominicaine.

Louizor et Desvarieux impliqués au même titre que le nommé Patrice Elie (encore détenu) dans le kidnapping en mars dernier d’un ressortissant bahaméen auraient sciemment reconnu leur forfait dans des dépositions à la police. De même, ils auraient admis être les propriétaires des armes et munitions saisies par la police lors de l’opération du 30 mars à Fun House. Dans ces mêmes dépositions, ils auraient reconnu leur implication dans nombre de cas de kidnapping et de crimes à travers le pays.

C’est au cours de leur interrogatoire que l’un d’entre eux a affirmé avoir acheté une radio de la police à un inspecteur de police, en l’occurrence Fred Altidor et, c’est la raison pour laquelle ce dernier avait été placé en isolement sur ordre de la Direction générale de la PNH.