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12ème anniversaire
Rar Sony Bastien, PDG de Radio Kiskeya S.A.
lundi 15 mai 2006,
Notre aventure en modulation de fréquence a commencé en 1994, presque au crépuscule du coup d’état de septembre 1991. Aujourd’hui, elle entre dans sa douzième année. Elle reste et demeure une belle aventure. Le mot acquiert tout son sens ici eu égard à tous les aléas auxquels l’entreprise doit faire face. Evidemment, il n’y a pas lieu de s’appesantir strictement sur les difficultés, car, même si elles divergent d’un media à l’autre, elles existent quand même en profondeur pour tout le monde.
En 12 ans on a appris à se faire connaître malgré les moyens techniques dont nous disposons. Il demeure entendu que le rêve de tout media électronique, comme le nôtre, c’est d’atteindre sans coup férir et, simultanément, une couverture et une audience nationales. Le paradoxe est que l’on atteint une couverture et une audience internationales sans pareille grâce l’Internet et qu’on est réduit, comme tant d’autres, à développer des stratégies véritablement compliquées pour atteindre sur le plan national un rayonnement à tous égards.
Vu sous cet angle, un aspect de notre politique de media d’information consistera à rester attentif à tous les progrès techniques afin de saisir toutes les opportunités. Toutefois, il ne faut pas se faire d’illusion, la construction d’un réseau fiable et puissant d’émetteurs et d’antennes relais n’est pas à la porté d’un media privé dans l’actuelle conjoncture. A moins que l’Etat consente à faire les débours qu’exige une telle construction, dans la mesure où il y va de son intérêt. Mais de quel Etat parlons-nous ?
Dans un pays où l’énergie électrique fait défaut, aucun média électronique ne peut prétendre avoir en permanence un rayonnement spectaculaire et une audience phénoménale à partir de ses seuls moyens techniques. A quoi sert-il d’avoir beaucoup d’attirail pour un public cible qui entend à peine parler du courant électrique sur le sol national. Cela dit, tout un chacun doit admettre l’évidence. Faute de pouvoir faire mieux de façon absolue sur le plan du rayonnement, on est réduit à se battre pour des positions zonales, géographiquement limitées. Cependant, Radio Kiskeya affirme à haute et intelligible voix que son explosion sur Internet ce n’est pas du bluff.
Plus de cent mille visiteurs par mois pour la page WEB, des centaines de milliers d’audinautes qui se battent tous les jours pour nous capter aux heures d’informations. D’où un plein à craquer qui met en émoi nos fournisseurs d’accès. Sur ce point là et contenu de la tendance, nous sommes confiants dans la réaction des commanditaires à l’affût de grandes opportunités de placement de messages à effet d’influencer un marché quelconque. Nous pouvons dire sans faute que nous misons sur l’Internet pour réaliser nombre de nos projets. D’ailleurs la stabilité de nos signaux permet déjà à diverses stations locales de les capter sur ordinateurs et de les faire transiter à travers des mélangeurs et tout le système de transmission jusqu’aux auditeurs.
Plus l’énergie électrique sera disponible moins il sera coûteux pour une station locale d’atteindre un plus vaste public sur le plan national. Radio Kiskeya a dépensé un trésor d’énergie pour bâtir son site WEB et pour l’alimenter en permanence. Sa fierté est d’autant plus grande qu’elle sait pertinemment, à travers les confrères tous horizons confondus, que sa page WEB sur la toile est devenue une référence incontournable pour les salles de nouvelles tant nationales qu’internationales. Lors même que sur le plan local certaine d’entre elles, faisant fi de toute forme d’éthique professionnelle, prennent plaisir à nous lire textuellement sans nous citer.
Sur le plan interne, grâce à l’informatique, nous avons modifié fondamentalement notre système de travail, augmentant par ainsi le niveau de productivité de nos journalistes. Beaucoup reste à faire cependant. Nous gérons les acquis sans cesser de persévérer dans la voie de la modernisation.
Toujours sur le plan interne, nous devons renforcer notre cohésion par l’affirmation de plus en plus claire de notre philosophie de travail. La question des avantages sociaux reste et demeure un chapitre préoccupant que nous devrions piocher sans relâche au bénéfice de tous nos employés, malgré les limitations de nos ressources.
Par ailleurs, nous apprécions le support de certaines agences de publicité, d’agents publicitaires itinérants, de commanditaires qui savent que leur soutien contribue à garantir ne serait-ce que partiellement notre indépendance. Nous ne pouvons avoir de mots tendres, cependant pour ces commanditaires, publicistes et agences malhonnêtes qui ne se soucient pas du « marketing de leur image »et qui donnent l’air de penser qu’une station tourne comme un moulin à vent.
Nous ne cesserons de faire le panégyrique de ce grand public qui nous porte aux nues pour la qualité et le sérieux de notre travail. C’est à lui que nous adressons nos plus vifs compliments, car sans sa compréhension, la qualité de son jugement, nous n’aurions pu effectuer cette traversée du désert.
Comme nous l’avions dit au début, nous ne sommes pas au bout de nos peines. Mais avec un si grand public qui manifeste à notre égard une telle ferveur, nous demeurons optimistes pour ce qui est de l’avenir et ce, en dépit de toutes les raisons qui nous portent à ne pas l’être. Soyons plus précis en énumérant certains problèmes qui nous tiennent à cœur :
Notre secteur souffre d’un problème de saturation lié à une qualité de régulation laissant à désirer. Certains diront que nous avons peur de la concurrence. Rien à voir véritablement ! L’instance de régulation, si elle est rationnelle, doit pouvoir résister aux pressions des opérateurs potentiels et nouveaux pour qui les ajustements techniques n’ont de sens que s’ils coïncident avec leurs intérêts directs. Toute bamboche en modulation de fréquence doit tenir compte des perturbations qu’elle inaugure contre les intérêts des opérateurs existants et aussi des ajustements techniques à faire pour rendre viable l’élargissement de la bande de fréquence sans induire pour les opérateurs ou usagers des nuisances réciproques insupportables.
Tout opérateur de média électronique doit être sensible à la petite guéguerre que se livrent les compagnies de téléphonie mobile installées en Haïti. Sur ce chapitre, l’intérêt doit être double. D’une part, les opérateurs que nous sommes doivent se poser certaines questions sur les modalités de la concurrence, le mode d’intervention formelle dans un secteur d’activités et la capacité de l’instance de régulation à harmoniser des intérêts absolument divergents. D’autre part, ils doivent être attentifs aux opportunités de baisse des communications, car le téléphone, plus que hier, est un outil de travail indispensable en studio et à l’extérieur des studios. En comptabilité ordinaire ce poste pèse beaucoup dans la section des charges.
Les opérateurs de medias électronique dans un pays privé d’électricité doivent être sensibles à l’insertion d’Haïti dans l’accord Petro Caribe. Contrairement à ce qu’a dit un représentant du pouvoir en instance d’intronisation, une baisse des prix des produits pétroliers consécutive à la mise en train de l’accord en question ne peut être considérée comme une prime accordée aux nantis. L’impact de la hausse des coûts des produits pétroliers sur l’économie est généralement négatif. Le peuple, pas seulement les soit disants nantis, mesurerait automatiquement la différence entre le précédent régime et le nouveau si seulement ce dernier accorde une attention toute particulière aux problèmes du coût de la vie. Nous reviendrons sur ce point en détail dans une autre approche sur la question des produits pétroliers.
Les opérateurs de media électronique que nous sommes doivent être aussi et enfin attentifs aux problèmes de l’insécurité persistante qui fait fuir les capitaux, annihile les investissements productifs, décourage l’esprit d’entreprise et ruine l’économie du pays.
En ce jour d’anniversaire, le douzième, nous souhaitons qu’Haïti retrouve sa stabilité, un niveau d’équilibre plus fiable, une grande sérénité et renoue avec une certaine joie de vivre. Car, aucun pays, aucune économie, aucune entreprise ne peut prospérer dans le désordre et l’anarchie. C’est notre vœu le plus cher.
BASTIEN SONNY PDG de Radio Kiskeya S.A.