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10eme anniversaire de Kiskeya, edito de notre PDG Sony Bastien

mai 2004

7 Mai 1994-7 Mai 2004

Radio Kiskeya dix ans déjà !
Dix ans seulement ?
Chers auditeurs
Je profite de cette occasion spéciale et unique pour saluer les collaborateurs qui ont fait ce parcours avec nous , enduré des épreuves de toutes sortes durant ce que j’appellerais cette longue traversée du désert .
Je loue leur courage et leur loyalisme, leur dévouement à l’entreprise ; car durant les jours gris où la vie des uns et des autres ne tenait qu’à un fil ; durant ces soirs incertains où nous, travailleurs de la presse, formions des convois funèbres sur les routes livrées aux chimères pour regagner nos patelins, sans aucun espoir de revoir sains et saufs les lieux de travail le lendemain ; durant ces temps chargés d’orage , de mépris , de menaces pour les médias qui ont refusé d’être les serviteurs zélés d’un camp, d’un clan , d’une clique, seul le courage des uns et des autres a pu jouer le rôle de ferment, de ciment qui ont servi à maintenir en vie l’équipe que nous représentons .
Les plus anciens ayant donné l’exemple de la combativité, du loyalisme envers l’entreprise influençant ainsi les plus indécis , les plus ambivalents, les plus timorés, ce qui a pu neutraliser les sordides tentatives de noyautage par voie intérieure alors que s’élaboraient conjointement dans les officines du mal les attaques frontales rageuses et les projets meurtriers des pyromanes lavalassiens ou des aristidiens à l’esprit bulldozer.
A l’orée de ce lever du jour sur le moyen-âge aristidien, je renouvelle mon salut au personnel de Radio Kiskeya qui a su affronter la bête sans arrogance en refusant de déserter l’entreprise comme les thuriféraires du régime l’encourageaient à le faire par le torpillage interne, la persuasion pécuniaire, le dénigrement, l’exploitatation des rancoeurs, des conflits internes etc…armes fatales des régimes despotiques ou des démocraties totalitaires, s’il faut nous référer à la terminologie propre d’un élément du système solaire d’aristide, le dauphin râté, en l’occurrence Mr Neptune.
La reconnaissance par nous du loyalisme de notre personnel est le chemin le plus court pour exposer les circonstances dans lesquelles Radio Kiskeya a pu être construite.

Radio kiskeya , la radio de l’île a vu le jour le 7 mai 1994. Elle a été fondée par 3 journalistes dissidents de Radio Haiti Inter(RHI) :
Sony Bastien, Lilianne Pierre-Paul, Marvel Dandin.C’est une société anonyme au conseil d’administration de laquelle siègent uniquement les membres -fondateurs à titre respectivement de Président, de vice-présidente et de secrétaire dudit conseil.
En avril 1991, après leur départ de RHI, ils avaient entamé des discussions avec la direction de radio Plus pour la location de quelques heures d’antenne quotidienne dans l’idée de produire des émissions d’information.
Elles avaient abouti, ces discussions, fin juin à la signature d’un accord autorisant la nouvelle équipe dénommée, Collectif kiskeya à exploiter six heures d’antenne sur la fréquence Plus dont 4 heures par jour en semaine et 2 heures en week-end.
La formation du Collectif kiskeya et sa manifestation sur les antennes de Radio plus allaient permettre jusqu’au mois de septembre 1991 à ces 3 journalistes assistés du reste de l’équipe qui avait tourné le dos également à RHI ,de renouer avec le public, à travers des émissions très prisées qu’ils animaient dans l’organe de presse avec lequel ils avaient rompu malgré eux , ce après de très longues années de franche collaboration.

L’expérience aurait pu tourner court si votre serviteur, coordonnateur du Collectif kiskeya avait accepté l’offre de la direction de radio Plus représentée alors par Mrs Guy César et Rudy Dana, d’acheter les parts d’un actionnaire dissident .
Dans le but d’éviter d’entrer à son insu dans un litige, le coordonnateur du groupe en l’occurrence votre serviteur avait pris le temps d’expliquer longuement à ses collègues les raisons pour lesquelles il avait décliné l’offre de Mrs Dana et César mettant ainsi l’accent sur l’opportunité pour le collectif de construire lui-même sa propre station en temps et lieu ; une station dont il assumerait l’entière gestion. .
L’accord avec Radio Plus aurait pu ne pas aboutir si l’actionnaire dissident pré-cité, membre du conseil d’administration de cette station, entre mai et juin 1991, n’avait fait paraître dans les colonnes du nouvelliste une note avertissant le public et le commerce en particulier qu’il s’était séparé du staff dirigeant de cette station et qu’il n’avait plus rien à voir avec elle désormais.
Moralement soulagé ,le collectif se sentait à l’aise quelques semaines plus-tard pour signer un acoord avec l’un des propriétaires dirigeants : Mr Guy César.
L’accord, s’il faut le résumer, stipulait que le collectif Kiskeya, représenté par son coordonnateur Sonny Bastien, exploiterait six heures d’antenne sur radio plus pour une somme de -----payable au mois.
L’expérience n’a duré que 3 mois car en septembre de l’année 1991, les militaires conduits par le général Cédras renversèrent le président constitutionnel, Jean Bertrand Aristide ; le collectif ne put assumer sa mission d’informer.
Le coordonnateur Sony Bastien en voyage d’affaires au mois d’août 1991 aux Etats-Unis y restera bolqué durant huit mois tout au plus.
Lilianne Pierre-Paul gagnera le maquis, Marvel Dandin qui avait assumé en même temps la direction de l’information du collectif et celle de la TNH (TÉLÉ NATIONALE D’HAITI) était contraint de se réfugier à l’ambassade de France en compagnie d’autres personnalités du régime déchu, entre autres René Garcia Préval, le premier ministre.
L’exil intérieur pour les journalistes du collectif prendra fin au mois de mars 1992 sans que ces derniers puissent reprendre l’antenne comme auparavant.
Dans l’intervalle se posait la question du délai accordé par le Conatel pour la mise en opération d’une station de Radio dont le nom serait kiskeya tel que fixé dans le contrat liant le trio à cette institution pour l’exploitation des fréquences 88.5 FM et 910 AM.
Il faut bien reconnaître que durant la période où l’on se faisait des soucis pour notre sécurité personnelle, étant dans l’incapacité de monter une station indépendante dans un contexte répressif aigu, la fréquence FM octroyée légalement par le Conatel sous Préval, le 88.5, faisait l’objet de convoitises diverses.
Elle avait été utilisée par un groupe de macoutes désireux de reconstituer sur une base formelle le corps des VSN (VOLONTAIRES DE LA SÉCURITÉ NATIONALE).
Cette même fréquence avait été empruntée par feu Jean Verdy Bastien, le richissime propiétaire de la chaîne de banque de borlette dénommée Céleste.
Enfin durant un laps de temps, elle avait été retirée aux exploitants désignés, par le très zélé directeur d’alors du Conatel Mr ralph Elie ; cette fréquence leur sera restituée par la suite grâce à l’intervention combinée mais non concertée de Serge Gilles et de l’ingénieur Jean Verdier auprès des instances de régulation du spectre de fréquence.
La station sera lancée vraiment le 7 mai 1994 grâce aux prouesses techniques de l’ingénieur Fritz Joassaint quelques mois avant le retour d’Aristide, à un moment où le régime militaire, confronté à un embargo de plus en plus serré, commençait à vaciller.
A ses débuts Radio Kiskeya s’était retranchée dans les locaux d’un immeuble attenant à la BNC(BANQUE NATIONALE D’Haiti) à la rue Pavée .
Avant que son bail n’arrive à terme, elle a dû, dans le cadre du projet d’acquisition de tous les immeubles de la zone par la BRH( BANQUE DE LA RÉPUBLIQUE D’HAITI) et ce contre dédommagement tel que prévu par la loi, transporter ses installations quelques années plus-tard à la ruelle villemenay au Bois-Verna.
Il faut dire que l’acquisition d’un local par la toute jeune station constitua un motif de fierté pour ses dirigeants en même temps qu’elle suscita, dans leur esprit, des réflexions empreintes de doute et d’inquiétude
En effet depuis Duvalier et jusqu’à la chute récente d’Aristide, il était tout naturel de penser que le niveau de risque de destruction par le feu des infrastructures d’un média se mesurait en terme de profil éditorial .
Comment alors protéger les infrastructures d’un média indépendant dans un pays oû règnent des dirigeants politiques intolérants, pyromanes , chimériques , à l’esprit bulldozer ?
Comme vous pouvez le deviner les premières émissions d’information de Radio Kiskeya avaient suscité la grogne des militaires qui s’étaient gardés toutefois d’intimider visiblement ses journalistes sachant pertinemment que l’ambiance martiale, répressive, à elle seule finira par les raisonner, par contenir leur audace.
Toutefois les premiers chocs sont venus des organisations para-miltaires FRAPH( de Emmanuel Constant et de Louis Jodel Chamblain ) et Capois la mort (du prétendu ingénieur Franck Pierre), interloquées d’entendre sur les antennes de la nouvelle Station dénommée Kiskeya , la voix lointaine de Jean Bertrand Aristide le président renversé, en exil à Washington et dont c’était la première interview sur les antennes d’une station locale depuis son renversement.
La période de 1994 précédant le retour à l’ordre constitutionnel imposa à Radio Kiskeya d’énormes défis sur le plan de la gestion.
Non seulement le carburant était rare mais il coûtait cher et dire qu’il fallait trouver du combustible pour alimenter au moins deux généétatrices ; l’une désservant les studios au centre-ville, l’autre alimentant l’émetteur à Boutilliers, là où il était nécessaire de faire arriver de l’énergie en utilisant de l’énergie , celle du véhicule de transport.
De plus certains commanditaires arrivaient difficilement à suivre le rythme de la conjoncture, d’où une baisse relative de l’enveloppe publicitaire.
A cette époque il était chimérique de concevoir des projets d’expansion ;on gérait parcimonieusement les revenus générés par nos activités tout ayant à l’idée que nos opérations pouvaient s’arrêter à n’importe quel moment, si la crise ne trouvait un dénouement.
Nous verrons par la suite que dans un contexte de non-embargo , pour être plus précis durant les derniers mois du régime d’Aristide devenu dictateur, la situation était à ce point suffocante, les activités étaient à ce point moroses que cela nous remettait à l’esprit, dans un souci de comparaison, la période macabre de l’embargo sous la dictature de Cédras et de Michel François.
Sous Préval Radio Kiskeya , comme élément de la presse indépendante allait se porter mieux malgré les pressions émanant de gens du palais hostiles à toute évocation de leurs louches et contestables activités, sur la place publique, par les journalistes .
Le bras de fer, engagé par Préval avec les gens de l’OPL assez forts au parlement à l’époque ,avait des incidences certaines sur le fonctionnement de la presse indépendante sollicitée constamment par les secteurs opposés mais forcée de rester sur ses retranchements afin de ne pas s’exposer à des mécomptes ; c’était sans compter avec Aristide qui allait initier une politique plus affirmée de domestication de la presse Haitienne.
La mort inexplicable du célèbre journaliste ,Jean Dominique, pourtant réputé proche du secteur Lavalas annonçait les couleurs, en révélant à quelle forme de pression Préval était astreint dans un clan dont Aristide était le chef incontesté et à quoi la presse indépendante , Radio kiskeya en particulier, devait s’attendre de la part de Lavalas pour des raisons liées précisement à ses origines.
En haiti l’octroi d’une fréquence radiophonique par un gouvernement est assimilée à une faveur.
Ses exploitants sont obligés de manifester une reconnaissance éternelle envers le pouvoir sous l’égide duquel l’assignation a été faite.
Dans le cas de Kiskeya ce fut différent.
Journalistes indépendants nous le sommes restés lors même qu’on est devenu dirigeants d’un média comme Radio Kiskeya.
Le pouvoir dans le cadre de sa politique de domestication des médias avait utilisé toutes les approches.
Celle de la corde sensible d’accointances idéologiques supposées ou réelles, d’options politiques partagées sur base d’origine de classe commune ; l’approche de la corruption par offre d’argent , de matériel , d’équipement à effet d’augmenter la puissance, le rayonnement de la station et enfin devant le manque de résultat suite au déploiement de ces moyens , les menaces de mort , les persécutions , le dénigrement, les sanctions financières etc…tout cela a culminé dans la destruction par les sbires d’Aristide des émetteurs de certains médias électroniques indépendants, à Boutilliers sur le site de l’ingénieur Fritz Joassaint le 13 janvier 2004 .
Les stations les plus visées étaient comme on l’apprendra par la suite Radio Kiskeya et Radio Caraibes FM confondue par erreur à cause de ses initiales avec Radio commerciale dont l’émetteur avait été détruit en conséquence.
On apprendra par la suite que certains propriétaires de médias dont les émetteurs ont été démolis par erreur ont reçu à titre de dédommagement d’importantes sommes d’argent du régime déchu ; toutefois la plupart des médias membres de l’ANMH(ASSOCIATION NATIONALE DES MÉDIAS HAITIENS) affectés par l’action aveugle des iconoclastes lavalassiens conduits par le fameux agent de l’USP(UNITÉ SÉCURITÉ PRÉSIDENTIELLE) ,Frizner NoNcent, ont été forcés à se constituer partie civile dans un procès en réparation contre le régime d’ARISTIDE et ce pour violation de la liberté d’expression, de la propriété privée.
Réduite au silence durant deux semaines sur ordre d’Aristide dans le cadre de l’ »opération du 13 janvier que j’ai, baptisée opération Claire Heureuse, radio Kiskeya allait bénéficier d’une forme de solidarité inédite dans le monde radiophonique.

En effet des stations de radio membres de l’ANMH (ASSOCIATION NATIONALE DES MÉDIAS HAITIENS), comme Ibo, Caratbes ,Métropole, Magik Stéréo, Galaxie, Antilles internationale, Vision 2000, ont abrité sur leurs antennes certaines émissions phares de radio kiskeya durant toute la période , permettant ainsi au cordon ombilical liant la station à ses auditeurs de ne pas se rompre durant toute la période de réparation des dégâts causés par les iconoclastes lavalassiens.
Nous ne cesserons jamais de remercier ces confrères de nous avoir aidé à traverser le désert.
Tout comme nous ne pouvons rester indifférents à l’égard d’une banque de la place, la Sogebank, les firmes communication plus , Arca advertising, Publigestion, la SHEC(société haitienne d’épargne et de crédit, du commerçant bien connu et ancien premier minstre, Smark Michel , du professeur Emmanuel Buteau et plusieurs autres personnalités du pays qui ont mobilisé pour nous des ressources ou offert spontanément leur aide afin que l’on puisse faire face à certaines dépenses.

La solidarité globale dont on a bénéficié durant cette période nous aide à mesurer le chemin parcouru et le travail accompli.
D’abord on fait partie du peloton de tête des médias en vue sur le cadran.
A quelque niveau que ce soit on ne peut ignorer radio Kiskeya avec ses émissions d’information, interactives, ses shows musicaux, ses programmes centrés sur les femmes, la jeunesse, la santé, la conduite des affaires publiques, les grands dossiers.
On a voulu créer une station transversale , qui accorde la parole à tous les secteurs, qui rejette toute forme de discrimination, qui ne se veut pas le porte-parole de dirigeants politiques pyromanes, obscurantistes, à l’esprit bulldozer,qui n’excite pas à la haine sociale, qui nourrit un esprit de débats ; on a réussi sur ces plans-là.

Aujourd’hui que l’on respire mieux sans que l’on se permette de dire qu’on est définitivement sorti du moyen-âge , on peut réfléchir un peu aux projets d’expansion qui n’ont pu voir le jour ou se concrétiser à cause des contraintes imposées par des conjonctures chargées d’étincelles, de menaces de toutes sortes.
En termes de rayonnement,on peut dire ,que c’est pas si mal, lors même qu’on pense que cela devrait être mieux ; par exemple on nous écoute régulièrement dans le département de l’ouest, de l’artibonite, dans de nombreuses zones ou localités du sud, du sud-est, de la grande-anse.
On est en passe d’ aboutir à des accords avec des stations locales pour des relais une manière de nous rapprocher d’une couverture nationale et ce dans les limites de nos moyens financiers..
Actuellement on se livre à des essais sur le net pour donner vie à Radio Kiskeya virtuelle une manière de répondre aux exigences des auditeurs qui ont accès à l’internet et plus particulièrement, ceux de la diaspora.
Dans le même temps on se prépare à renforcer nos émissions de manière à réduire des déséquilibres en termes de présence dans des champs d’activité couverts par notre grille de programmation.
Sur le plan de la gestion interne malgré les efforts accomplis jusqu’ici, il nous reste beaucoup de chemin à parcourir sur le plan des avantages sociaux.Nous nous efforçons de combler ces lacunes.
Il faut que vous compreniez toutefois qu’aucun projet de Radio Kiskeya ne peut vraiment se concrétiser pleinement si son environnement ne se modifie pas aussi dans le bon sens.
Actuellement ce que l’on dépense en combustible représente une petite fortune et ça nous rappelle la période morose de l’embargo.
Il n’y pas de projet d’expansion viable si les auditeurs voulant nous capter sont ici comme ailleurs privés du courant électrique dans leurs demeures ou sur leurs lieux de travail.
Il n’y pas de projet d’expansion viable si les commanditaires craigent d’investir dans le vide à cause de l’insécurité ambiante ou de la défaillance des institutions dont la mission est de garantir l’ordre et la stabilité sociale.
Il n’y pas de projet d’expansion viable si le taux de change reste ce qu’il est , l’inflation tout comme, si Haiti n’arrive à relancer sa production pour engranger des devises, si l’environnement macro-économique est tel qu’HAITI ne puisse attirer les investisseurs ,quelles que soient, n’en déplaise à Mr Latortue, les bonnes intentions des bailleurs de fonds.
Actuellement le plus grand danger qui menace Haiti, c’est la dérive totale vers le port moderne de Rio Haina à Saint -Domingue de tout le trafic maritime du pays.Les bateaux se font rares dans nos eaux territoriales, pourquoi selon vous ?
A cause de la contractiion des activités suite au passage du cyclone lavalas , à cause de l’insécurité ambiante mais aussi parce que le processus est déjà entamé.
Aux états -unis des hommes d’affaires spécialisés dans le négoce de bâtiments-marchands avec des haitiens en particulier attirent moins de clients, informés qu’il sont ces derniers de l’ultimatum auquel Haiti est soumise dans le cadre de l’ IMO(INTERNATIONAL MARITIME ORGANIZATION) et au sein de l’IPS(INTERNATIONAL SHIP AND PORT SECURITY).
L’IMO instance suprême de régulation de la navigation maritime a renforcé la pression sur un ensemble de pays devenus depuis un club dont l’accès est strictement conditionnel.
Il en est ainsi parce que la plus grande puissance de la planète dans sa stratégie de guerre contre le terrorisme a pris la décision d’agir ainsi depuis le 11 septembre.
L’un des plus grands torts causés au pays dans ce domaine par les gouvernements irresponsables de Préval et d’Aristide, c’est d’avoir négligé les injonctions des grands partenaires commerciaux d’Haiti portant sur l’accélération du processus de réforme des infrastructures portuaires.
Haiti sur ce plan a toujours fait figure de pays anachronique. En effet il compte parmi les pays qui ont les installations portuaires les moins modernes , les plus défaillantes mais dont les coûts de service sont les plus élevés au monde.
Ce paradoxe qui va coûter très cher à la nation sera résolu par Saint-Domingue qui commence à capter une bonne part du trafic maritime haitien et qui enfin de compte en captera la presque totalité dans un avenir proche dans la mesure où l’on ne prévoit pas de renversement de situation à court et à moyen terme.
A partir de maintenant on peut commencer à parler d’Haiti sur le plan maritime comme d’une nation- satellite à part entière de Saint-Domingue ; toutes les marchandises en provenance de l’étranger passeront par Saint-Domingue parce que les bateaux marchands ne viendront plus en haiti à cause des raisons de sécurité liées aux défaillances des infrastructures portuaires haitiennes et à leur perméabilité aux actions terroristes, selon la logique des pays de l’IMO.
Tout bateau marchand qui se hasardera de mouiller dans les eaux haitiennes ne pourra pas accoster dans un port reconnu par les Etats-Unis comme un port de haute sécurité et faisant partie de l’IMO(INTERNATIONAL MARITIME ORGANIZATION).
A partir du premier juillet 2004, si les nouvelles autorités haitiennes ne font rien pour bénéficier d’un sursis de la part de l’IMO, tous les ports d’haiti indistinctement seront théoriquement fermés ou se transformeront en ports de cabotage strictement.
Des tas de gens iront au chômage, des villes entières qui avaient commencé à renaître de leurs cendres seront menacées de disparaitre à nouveau sur la carte, d’où aggravation certaine des problèmes sociaux en Haiti.
La hausse des prix des produits de première nécessité continuera peut-être tant que le pays sera dans l’impossibilité de renouveler par des commandes expresses les stocks de produits alimentaires ou sera contraint de le faire en empruntant des circuits intermédiaires.
Et si tout doit passer désormais par Saint-Domingue alors qu’on est une île, une partie de l’île et non un territoire enclavé, on doit imaginer la manière dont les coûts de transport interviendront dans la détermination finale des prix des produits que l’on sera appelé à consommer en Haiti.
Cela n’est qu’une possibilité car les frais de wharfage à Saint-Domingue restent les plus compétitifs au monde.Mais quand ce monopole prendra corps on peut prévoir le pire scénario dans le meilleur des cas.
La maîtrise de la chèreté du coût de la vie n’est peut-être pas pour demain si les frais de transport des marchandises par voie terrestre grimpent et entrent dans la détermination finale du prix des marchandises importées.
Mais cela reste et demeure encore une possibilité pas une certitude absolue.
Le fond de la questioin demeure malgré tout.
On ne voit pas comment à court terme de quelle façon le gouvernement Latortue ,confronté à l’irresponsabilté des gouvernements Lavalas, ses prédécesseurs, la mollesse ou la valse-hésitation des cadres actuels qui donnent l’air de se pencher sur le problème, va se tirer du mauvais pas.
Le temps ne lui appartient presque pas pour entamer des manœuvres compliquées alors que des solutions simples existent en vue d’obtenir au moins un sursis avant la date fatidique du premier juillet.
J’ai ouvert cette longue parenthèse dans le but de montrer que si l’on respire mieux aujourd’hui après la chute du tyran , nos inquiétudes ne se sont pas évanouies pour autant.
Radio Kiskeya sent qu’elle va devoir livrer à côté d’autres médias et autres organisations de la société civile de nouvelles batailles pour la survie du pays autant que pour la sienne propre , s’il faut penser qu’ aucune entreprise digne de ce nom ne peut prospérer dans un enironnement malade , délétère.
Radio Kiskeya dix ans déjà dans la lutte pour une Haiti meilleure !
Dix ans , 20 ans de plus pour qu’elle le soit réellement.
C’est là notre vœu le plus cher.

Bastien Sony
PDG