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Discours de son Excellence la très honorable Michaëlle Jean à l’occasion d’une réception avec la communauté canadienne en Haïti

Publié le mardi 20 juin 2006

Port-au-Prince, le samedi 13 mai 2006

Quel bonheur pour moi que d’être parmi vous aujourd’hui. Vous pouvez sans doute imaginer l’émotion que je ressens chaque fois que je remets les pieds en Haïti. Des odeurs, des visages, des paysages me rappellent mon enfance, me comblent de joie et me serrent aussi le cœur.

Ce voyage-ci, toutefois, revêt pour moi une signification toute particulière. Parce que je reviens dans mon pays d’origine à titre de gouverneure générale du Canada. Et à un moment qui m’apparaît décisif dans l’histoire de ce pays à la croisée des chemins. À un moment où, plus que jamais, Haïti a besoin d’espoir pour s’engager une fois pour toutes dans la voie du changement tant attendu.

Ce pays a connu tant de souffrances. Trop de souffrances. Vous, qui y vivez et y travaillez, le savez. Des souffrances auxquelles il ne faut pas s’habituer dans le fatalisme et le défaitisme. Et je le sais aussi pour y avoir grandi alors qu’une dictature brutale muselait la population par tous les moyens, même les plus innommables. Je me réjouis, comme vous, que le vent ait tourné et que l’élan démocratique ait prévalu lors des récentes élections.

C’est de bon augure pour la suite. Et la suite nécessitera beaucoup de détermination et de courage. Car tout est à reconstruire, sinon à construire. Tout reste à faire. Je sais, toutefois, que la volonté y est.

Le président Préval, que j’ai rencontré lors de sa récente visite au Canada, m’a fait part de sa volonté de redonner espoir à la population haïtienne dont les besoins sont si criants.

Et vous, qui touchez quotidiennement à toutes les facettes de cette reconstruction, partagez sûrement ce sentiment de la nécessité de redonner espoir à cette population à bout de souffle exsangue et que l’on reconnaisse ses efforts quotidiens. Ce que j’aimerais par-dessus tout aujourd’hui, c’est vous remercier chaleureusement pour les efforts que vous déployez sans relâche pour venir en aide à ce pays de tous les malheurs.

La tâche n’est pas toujours facile, loin de là. Mais votre compassion et votre amitié pour le peuple haïtien parlent plus fort que toutes les embûches semées sur vos chemins. Qu’il s’agisse de réduire la pauvreté, d’apaiser la faim et la soif, de guérir et d’éduquer, de contrer la violence et de promouvoir le respect des droits de toutes les personnes, notamment les femmes et les enfants, ou encore d’établir des infrastructures souvent inexistantes, vous répondez à l’appel de détresse d’Haïti.

Au nom de la population canadienne et en mon nom, j’aimerais vous exprimer toute ma gratitude et ma fierté pour le travail remarquable et inlassable que vous effectuez sur le terrain. Vous savez qu’Haïti n’est pas intéressante que lorsqu’elle est à feu et à sang.

Au cours des prochains jours, j’aurai l’occasion d’en témoigner sur les lieux de votre action. J’espère vous y rencontrer pour que vous me fassiez part des expériences uniques et précieuses que vous avez acquises en Haïti. Je dirais même sans hésitation : des expériences salutaires.

Merci de tout mon cœur.