> Spécial > Les envois de fonds en Haïti ont dépassé $1,65 milliard en 2006, selon les (...)

Haïti-Diaspora-Economie

Les envois de fonds en Haïti ont dépassé $1,65 milliard en 2006, selon les résultats d’une étude du Fonds de la BID publiés début mars

L’argent, dans sa majorité, a été envoyé par la diaspora haïtienne aux États-Unis, avec des flux supplémentaires provenant du Canada, de la France, de la République Dominicaine et des Bahamas

Publié le vendredi 23 mars 2007

En 2006, les Haïtiens vivant à l’étranger ont envoyé plus de $1,65 milliard dans leur pays, selon les estimations publiées par le Fonds multilatéral d’investissement (FOMIN) de la Banque interaméricaine de développement.

Ces envois de fonds effectués par la diaspora haïtienne qui compte 1,5 million de personnes, représentent l’équivalent de plus d’un tiers du Produit National Brut (PNB) d’Haïti. Du total annoncé, environ $1,17 milliard a été envoyé des États-Unis, où résident de larges communautés haïtiennes, vivant à Miami, Boston et New York.

Le FOMIN a basé ses estimations sur les informations tirées d’une enquête auprès d’Haïtiens recevant de l’argent de l’étranger. D’autres envois de fonds vers Haïti proviennent du Canada (environ $230 millions en 2006), de France ($130 millions), de République dominicaine et des Bahamas (environ $33 millions par pays). Des montants plus modestes ont été envoyés de Martinique, du Guyana et d’Espagne.

Cette enquête a été coordonnée par la société de sondage Bendixen & Associates basée à Miami, qui a effectué des études pour le FOMIN dans plusieurs pays latino-américains et caribéens, ainsi qu’aux États-Unis, en Espagne, au Portugal et au Japon. Le sondage d’opinion à domicile a porté sur 1 724 Haïtiens d’âge adulte et a été effectué en créole, en novembre et décembre 2006. La marge d’erreur de ce sondage se chiffre à 2 %.

Environ 1,1 million d’adultes en Haïti reçoivent des fonds, en règle générale dix fois par an, pour une somme moyenne de $150 par envoi. Environ la moitié des familles qui reçoivent cet argent de l’étranger ont des revenus inférieurs à $500 par an.

La plupart des Haïtiens qui reçoivent des fonds utilisent cet argent pour leurs dépenses de première nécessité. Cependant, de nombreuses familles parviennent à économiser une partie de leur argent ou l’investir dans des petits commerces, dans des rénovations de leur habitation ou dans l’éducation de leurs enfants.

Les résultats de ce sondage seront le thème central d’une conférence qui réunira le mardi 6 mars des hauts fonctionnaires, des leaders de la diaspora, des délégués d’ONG, des banquiers, des représentants de sociétés de transferts de fonds et des universitaires. Cette conférence, qui aura lieu au Karibe Convention Center à Port-au-Prince, commencera à 9 heures.

Le FOMIN, un fonds autonome administré par la BID, appuie le développement au secteur privé en Amérique latine et dans les Caraïbes, en privilégiant les petites et micro-entreprises. Il a commencé à étudier la question des transferts de fonds en l’an 2000 afin d’évaluer leur volume et leur impact dans la région.

Par ses activités, le FOMIN a stimulé la compétition parmi les prestataires d’envois de fonds, en encourageant les institutions financières à participer davantage à une activité dominée traditionnellement par les sociétés régissant les transferts de fonds. Selon le FOMIN, les envois de fonds pourraient être décisifs pour intégrer des millions de familles à faibles revenus d’Amérique latine et des Caraïbes au système financier formel.

Le FOMIN finance également des projets qui cherchent à tirer parti de l’impact économique des envois de fonds, tel que développer l’accès au micro-crédit et aux prêts au logement.

Source : Banque Interaméricaine de Développement (BID)