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Intégral d’un communiqué de la Banque Mondiale sur l’attribution à Haïti de 25 millions de dollars destinés à l’éducation

Haïti : La Banque mondiale approuve un don de 25 millions de dollars en faveur du programme Éducation pour tous

Publié le vendredi 27 avril 2007

Les Administrateurs de la Banque mondiale ont approuvé jeudi un don de 25 millions de dollars en faveur d’Haïti pour permettre l’accès à l’enseignement primaire des enfants défavorisés âgés de 6 à 12 ans tout en améliorant l’équité, la qualité et la gouvernance dans le secteur de l’éducation.

Le Projet Éducation pour tous appuiera la stratégie nationale du gouvernement en matière d’éducation en élargissant l’accès à l’enseignement primaire, en rehaussant la qualité de l’enseignement, et en renforçant les capacités, la transparence et la responsabilisation du Ministère de l’Éducation. Ce don de 25 millions, financé par l’Association internationale de développement (IDA), est le premier de trois dons destinés à des programmes de développement de l’enseignement primaire au cours des 8 prochaines années.

« Ce projet vient directement à l’appui des efforts du gouvernement haïtien en vue d’affermir la gouvernance et de produire des résultats visibles au profit du peuple haïtien », déclare Caroline Anstey, Directrice-pays de la Banque mondiale pour les Caraïbes. « Élargir l’accès à l’éducation en Haïti est une mesure indispensable non seulement pour favoriser le développement humain et résorber la pauvreté, mais aussi pour donner plus d’espoir à la population, notamment aux plus démunis, dont les enfants seront les principaux bénéficiaires de ce programme. »

Le secteur de l’éducation haïtien souffre de défaillances sur pratiquement tous les fronts : accès, équité, qualité et capacité institutionnelle. Environ 500 000 enfants âgés de 6 à 11 ans ne sont pas du tout scolarisés, et seulement la moitié des enfants de 6 ans sont inscrits en cours préparatoire. Quatre-vingt pour cent des élèves de l’enseignement primaire fréquentent des écoles non publiques financées par les parents, des associations religieuses, des ONG et d’autres sources. Le principal obstacle à l’expansion rapide de l’accès à l’éducation primaire est l’incapacité des parents à payer les frais scolaires…

Le projet appuiera la mise en œuvre de la stratégie nationale « d’Éducation pour tous » par la méthode suivante :

Assurer l’accès à l’éducation de 135 000 enfants âgés de 6 à 12 ans actuellement non scolarisés :

En fournissant au Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) des subventions (90 dollars par élève) qui seront versées aux comités de gestion des écoles accréditées pour que les élèves défavorisés actuellement non scolarisés puissent fréquenter gratuitement l’école primaire ;
en portant de 450 à 2 400 le nombre d’enseignants formés chaque année par la formation initiale d’étudiants récemment diplômés du secondaire ayant suivi 12 années d’enseignement, tant dans des établissements privés accrédités que publics ;
en finançant la formation et l’assistance technique apportées aux membres des comités de gestion des écoles en vue d’améliorer leur capacité à préparer des propositions de financement, à gérer les fonds transférés par le MENFP, à superviser les projets d’amélioration de la qualité de l’enseignement scolaire et les programmes d’alimentation scolaire, et d’accroître la transparence et l’obligation de rendre compte dans le système de gestion scolaire.

Réhausser la qualité de l’enseignement primaire :

En élaborant des programmes d’apprentissage pilotes pour les classes à plusieurs niveaux, particulièrement adaptées aux zones rurales ou aux écoles comptant de nombreux élèves en retard scolaire (dont bénéficieront 8 000 élèves dans 200 classes) ;
en finançant la distribution quotidienne de repas pour environ 25 000 élèves, dans les écoles publiques et privées ;
en relevant la qualité de l’enseignement grâce à la fourniture plus efficace de manuels en langue créole pour les classes préparatoires et élémentaires, et par l’instauration d’une évaluation simple du niveau de lecture des élèves à la fin de la première année de cours élémentaire.

Améliorer la gouvernance du MENFP :

En augmentant la capacité du Ministère de l’Éducation à gérer les fonds publics de manière transparente et pleinement responsable via le renforcement des capacités du Département des affaires administratives (DAA), de l’Office national de partenariat en éducation (ONAPE), du programme national de cantine scolaire (PNCS), et de la Direction d’appui à l’enseignement privé et du partenariat (DAEPP).

« Ce projet est également financé par la Banque de développement des Caraïbes, qui apportera un financement de 10 millions de dollars à titre de don », précise Sam Carlson, chef d’équipe du projet de la Banque mondiale. « On espère en outre que la stratégie nationale, récemment révisée pour réaliser l’objectif de scolarisation pour tous, sera avalisée et financée par l’Initiative pour la mise en œuvre accélérée du programme Éducation pour tous car les besoins d’Haïti dépassent les possibilités de financement actuelles ».

Plus de 77 millions d’enfants, dont 44 millions de filles, ne sont pas scolarisés dans le monde ; c’est pourquoi l’Initiative pour la mise en œuvre accélérée du programme Éducation pour tous a été mise en place, en 2002, pour aider les pays à faible revenu à réaliser l’objectif d’une éducation de base gratuite et universelle à l’horizon 2015. Haïti compte pouvoir bénéficier du financement de l’Initiative à la fin de l’exercice budgétaire 2007.

Washington, le 26 avril 2007

Source : Banque Mondiale