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Le bateau soupçonné d’implication dans une affaire de drogue à Tiburon appartient effectivement à un sénateur du Sud-Est

Douze arrestations effectuées dans le cadre de cette affaire

Publié le mardi 18 septembre 2007

Le bateau qui a fait naufrage le 2 septembre dernier à Tiburon (extrême pointe Sud-Ouest) et qui devait vraisemblablement récupérer une cargaison de drogue amenée par 2 petits avions, appartient effectivement à un sénateur du Sud-Est, selon des sources proches de la justice et du gouvernement s’exprimant sous couvert de l’anonymat.

Alors que le bateau était en difficulté dans la rade de Tiburon, le sénateur en question aurait lancé des S.O.S à la garde côtière haïtienne et à la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), selon les mêmes sources faisant référence à des révélations qu’aurait faites l’un des inculpés.

L’équipage du navire avait pour instruction, sitôt après avoir laissé Tiburon, de prendre la direction des Gonaïves (Artibonite, Nord) où devait s’effectuer le débarquement, aurait précisé le même inculpé.

Une douzaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire. Il s’agit des nommés : Baronnette Pouchon, Fransisque et Giordanie Tracyl, Grand Pierre Gardy, Marjorie et Acéji Eloicis, Ronald Philistin, Joseph Jean Pierre, Dieuseul Bélizaire, Francklin Dorcély, Jean Félix Désir et Miguel Pierre. Ces individus étaient en contact permanent avec au moins un membre de la Police Nationale d’Haïti à Jacmel (Sud-Est).

Le juge d’instruction des Côteaux (Sud), Jacques Saint-Jean, en charge du dossier, avait précisé dans la presse que de la drogue n’avait pas été trouvée sur place. Selon toute vraisemblance, des pépins de dernière minute, dont les problèmes enregistrés au niveau du bateau, expliqueraient que, arrivés sur les lieux, les pilotes des 2 petits avions n’ont pas trouvé leurs correspondants. Désappointés, ils ont alors, en guise de message, placardé des autocollants sur un bâtiment logeant l’antenne d’une compagnie de téléphonie mobile, selon des témoignages.

Le troisième sénateur du Sud-Est, Ricard Pierre (élu sous la bannière de l’Organisation du Peuple en Lutte, OPL) a nié toute implication dans cette affaire. Le sénateur Laurent Féquière Mathurin (LESPWA) garde jusqu’à présent le plus complet mutisme sur le dossier.

Le premier sénateur du Sud-Est, Joseph Lambert (LESPWA), président du Sénat, a pour sa part déclaré avoir la conscience tranquille. Il s’est exprimé de la sorte samedi dernier aux funérailles de son père, Pierre Lambert, dont la mort, dit-il, a été provoquée par des politiciens qui ont malhonnêtement fait courir le bruit qu’il avait été appréhendé en raison de son implication dans une affaire de drogue. [jmd/RK]