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Séance du Parlement européen sur Haïti

Echanges à Strasbourg (France) entre une délégation de la société civile haïtienne, des parlementaires européens, des représentants de la Commission européenne et d’organisations sociales de l’espace communautaire sur le processus de construction démocratique et l’orientation de la coopération avec l’UE

Publié le jeudi 4 octobre 2007

Le 12 septembre dernier, au cours d’une séance du Parlement européen, divers
représentants de la société civile haïtienne ont présenté leur vision de la
construction démocratique actuellement en cours dans leur pays et des politiques de
coopération mises en place avec l’Union européenne. L’assemblée, composée de
parlementaires européens, de l’ambassadeur haïtien en Belgique, d’organisations de
la société civile et de membres de la Commission européenne, a pu suivre leurs
interventions sur les droits humains, en particulier ceux des femmes, la sécurité
alimentaire, l’éducation et les conditions de travail.

La séance, organisée par la Coordination Europe-Haïti bruxelloise et présidée par
Josep Borell Fontelles, président de la Commission du Développement du Parlement
européen, s’est ensuite prolongée par un débat avec l’audience.

Les intervenants se sont tous accordés sur l’importance du rôle de la société civile
dans la résolution des problèmes du plus pauvre des pays occidentaux. Pour Margareth
Mathurin, de la Plate-forme de Sécurité Alimentaire, le pays a certes réalisé
certains progrès, mais beaucoup reste encore à faire. « Politiquement parlant, les
gens perdent espoir », a-t-elle indiqué. Avec le déclin de la production
industrielle, du marché du travail et de l’agriculture, auquel s’ajoute une forte
tendance à la libéralisation (en particulier dans le domaine de l’éducation, dont
l’Etat assume moins de 10% des coûts), Haïti a vu son niveau de vie se dégrader
complètement. 80% de la population vit aujourd’hui dans la pauvreté, 65% seulement
ont accès à l’éducation, et 8 femmes sur 10 sont confrontées à la violence.

Parmi les autres délégués d’organisations locales figuraient Carole Pierre-Paul
Jacob, de Solidarité des Femmes Haïtiennes (SOFA), William Thélusmond, du Centre de
Recherche et d’Action pour le Développement (CRAD), et Redna Merlus, du Centre de Promotion
des Femmes Ouvrières (CPFO).

Après la séance, les délégués haïtiens ont pu assister à une formation sur la dette
organisée par Eurodad. Les organisations locales doivent maintenant rédiger un
document sur la dette haïtienne qui devra être présenté à la Banque Mondiale et au
Fonds Monétaire International à l’occasion de leurs assemblées annuelles à
Washington.

Source : Lettre d’information de Eurodad, No 50 édition du 26 sept 2007

Port-au-Prince, le 3 octobre 2007

Camille Chalmers
Directeur Exécutif de la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA)