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Conférence de presse du 15 novembre 2007 de la MINUSTAH

Publié le jeudi 15 novembre 2007

Conférence de presse hebdomadaire de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), animée par Mamadou BAH, porte-parole par intérim de la MINUSTAH, et Fred BLAISE, porte-parole de la Police des Nations Unies en Haïti.

INTERVENTION PORTE PAROLE PAR INTERIM
Mamadou Bah :

Dans l’agenda du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et Chef de la MINUSTAH, Monsieur Hédi Annabi, j’ai retenu ceci pour vous : le lundi 12 novembre 2007, au cours de l’après-midi, le Représentant Spécial en reçu en audience au quartier général de la MINUSTAH, le célèbre musicien haïtien Wyclef Jean. Leur entretien s’est déroulé dans une très bonne atmosphère. Comme vous le savez, la MINUSTAH a mis à la disposition de Wyclef Jean, ses moyens logistiques et de transport afin de faciliter sa tournée et sa visite en Haïti. La MINUSTAH remercie Wyclef Jean pour tous ses efforts en faveur d’Haïti. Wyclef Jean est un modèle et une source d’inspiration pour tous ceux qui veulent apporter leur contribution positive à la paix et au développement d’Haïti.
Le dimanche 11 novembre, la délégation du Comité Consultatif Chargé des Questions Administratives et Budgétaires de l’ONU (dont le sigle en anglais est ACABQ), a quitté Haïti, au terme d’une visite de quatre jours, pour retourner au siège de l’organisation, à New York. Ce comité est venu sur place en Haïti pour voir exactement comment la MINUSTAH fonctionne actuellement. La MINUSTAH, comme toutes les missions de paix de l’ONU, doit rendre compte régulièrement au siège, à New York. La délégation a rencontré, au cours de son séjour, les responsables de la MINUSTAH et visité nos locaux, aussi bien à Port-au-Prince que dans le reste du pays. Pour rappel, ACABQ est un comité composé de 16 experts élus par l’Assemblée Générale des 192 Etats-membres. Ils sont originaires de différentes régions du monde et indépendants de leurs gouvernements respectifs. Ils analysent, au nom de l’Assemblée Générale, les questions internes relatives au budget, au contrôle de gestion et à l’allocation optimale des ressources financières des missions de maintien de la paix de l’ONU.
Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général et Coordonnateur humanitaire, Coordonnateur résident et Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Joël Boutroue, s’est entretenu, le mardi 13 novembre, avec le ministre de l’intérieur et le ministre du plan, pour voir, en coopération avec les pays donateurs et les bailleurs de fonds de la communauté internationale, l’assistance qui peut être fournie au gouvernement d’Haïti dans le cadre de la préparation de l’appel que celui-ci s’apprête à lancer pour une aide aux victimes des récentes inondations. A ce propos, la Coordinatrice adjointe des Nations Unies pour l’aide aux urgences, Madame Margareta Wallström, est en Haïti pour prendre part, avec Monsieur Boutroue, aux travaux de la conférence internationale sur la prévention et la réduction des désastres naturels dans les Grandes Antilles. Cette conférence s’achèvera demain, vendredi 16 novembre, à Saint-Marc, dans le Département de l’Artibonite. Madame Wallström prend part également au Forum Humanitaire et de Développement, supervisé par le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) et qui a lieu au moment où je vous parle au PNUD.

S’agissant des activités des sections substantives de la MINUSTAH :

-  La Section de coordination Humanitaire et Développement de la MINUSTAH d’une participé aux deux réunions de la Table de Concertation Départementale qui ont repris le mercredi 14 novembre dans les Départements de la Grande Anse et du Sud, après huit mois d’inactivité. La section humanitaire de la MINUSTAH nous signale aussi qu’au cours du week-end dernier, des pluies abondantes sont tombées sur le territoire et ont particulièrement causé des dégâts dans les Départements du Nord, de la Grande Anse et des Nippes. Ce sont cinq cents soixante et seize familles qui ont été affectées dans le Nord et neuf cents cinquante et une autres familles dans la Grande Anse. La situation est toujours difficile dans les localités concernées en raison des pluies qui continuent sans cesse notamment à Baradère et Petit Trou (Département des Nippes), déjà durement touchées par le passage de la tempête tropicale Noel. Pour ces cas particuliers, la MINUSTAH met ses moyens de transport à la disposition du PAM (Programme alimentaire mondiale des Nations Unies) pour acheminer de la nourriture de Port-au-Prince à Jérémie, en vue d’apporter une assistance aux populations concernées dans les départements de la Grande Anse et des Nippes.

-  La Section des Droits de l’Homme de la MINUSTAH - Bureau Régional de l’Ouest - organise depuis le début de cette semaine, une session de « formation des formateurs » à l’intention de 36 militants des droits de l’homme qui sont choisis par leurs associations. L’objectif de cette session est d’offrir aux organisations non gouvernementales (ONGs) haïtiennes des droits de l’homme, qui travaillent avec la Section des Droits de l’Homme, l’opportunité d’avoir des formateurs en leur sein et surtout des militants rompus aux notions et pratiques en matière de droits de l’homme. Cette activité est conforme aux termes de référence de la Section des Droits de l’Homme pour ce qui concerne le renforcement des capacités des ONGs haïtiennes des droits de l’homme. La session de formation des formateurs a donc commencé le lundi 12 novembre et prendra fin le samedi 17 novembre. La Section de la Protection de l’Enfant et la Section du Genre de la MINUSTAH, ainsi que l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), le Comité International de la Croix Rouge et le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), animent également cette formation. Ces futurs formateurs seront ensuite encadrés par la Section des Droits de l’Homme et recevront d’autres formations complémentaires au cours des mois à venir.

-  Dans le cadre de ses activités d’appui aux institutions haïtiennes, la section des Affaires civiles de la MINUSTAH continue de faciliter la tournée que l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) poursuit dans le pays. Des forums sont organisés pour la campagne de lutte contre la corruption, à laquelle la section de l’information publique de la MINUSTAH prend part également. Ces forums ont déjà eu lieu dans les Département des Nippes, du Sud, de l’Ouest (à Croix-des-Bouquets exactement). Cette semaine, l’ULCC a tenu ses forums à Fort Liberté, Trou du Nord, Hinche et, ce jeudi 15 novembre à Lascahobas. La semaine prochaine, la tournée de l’ULCC se poursuivra dans le Département du Nord, puis viendront le tour notamment des Départements de l’Artibonite et du Nord Ouest. Ces rendez-vous, qui remportent beaucoup de succès, sont l’occasion de discussions ouvertes entre représentants d’autorités locales et de la société civile sur le thème de la bonne gouvernance et de la transparence. Nous vous annonçons également qu’une journée spéciale de réflexion est prévue le vendredi 7 décembre 2007, dans tous les Centres Multimédia de la MINUSATH, à travers le pays, pour permettre aux jeunes d’être sensibilisés à cette problématique, en prélude à la Journée Internationale de Lutte Contre la Corruption, qui a lieu, tous les ans, le 9 décembre. Nous vous invitons à vous faire l’écho de ces événements.

-  Avec le soutien des policiers et des militaires de la MINUSTAH, le Bureau Régional de Miragoâne de la Section Affaires Civiles a réalisé le samedi 10 novembre 2007, pendant deux heures et demie de temps, de 9 heures à 11:30 exactement, les travaux de nettoyage et d’assainissement dans le quartier de La Croix/Miragoâne, aux cotés du comité d’assainissement de ce quartier et des autorités locales. Les deux maires adjoints (le titulaire ayant voyagé en Espagne) de la commune de Miragoâne et l’inspecteur communal de la voirie étaient également présents. A côté du Responsable du Centre Multimédia local, il y avait également la présence des journalistes qui semblaient être intéressés par l’activité effectuée par la MINUSTAH , en appui aux efforts que certains quartiers de Miragoâne essaient de fournir en matière d’assainissement après qu’une autre activité de "concours quartiers propres", activité quelque peu similaire, ait été organisée au mois de septembre 2007 par la Section Affaires Civiles de la MINUSTAH en étroite collaboration avec l’ONG CARE. Le financement par projet à effet rapide (QIP) des actions d’assainissement présentées par la MOFADEM l’année dernière avait également été obtenu par la Section Affaires Civiles de la MINUSTAH -Bureau Régional de Miragoâne. L’objectif de l’activité de nettoyage et d’assainissement du samedi dernier était de permettre non seulement continuer ces efforts de manière durable dans le domaine de l’environnement mais aussi et surtout de s’associer à la population pour nettoyer et dégager les immondices, plus connus en Haïti sous le surnom de « fatras » - suites aux récentes inondations qui ont contribué à salir davantage certains endroits. Les deux maires de Miragoâne, l’inspecteur municipal de la voirie et le président du comité d’assainissement du quartier de La Croix ont tour à tour remercié le Bureau Régional de la MINUSTAH d’avoir donné et prêché un bon exemple qui, certainement, servira de modèle à tout le monde. Les maires ont promis de continuer et de relayer cette initiative dans la perspective d’organiser désormais les activités de ce genre auxquelles ils ne manqueront d’inviter la MINUSTAH à collaborer pour une bonne réussite ensemble.

-  Enfin, la Section de Réduction communautaire de la violence (CVR) de la MINUSTAH organise ce matin une cérémonie de remise de diplômes aux bénéficiaires du programme de réinsertion des groupes de Santo 3 et 4 qui ont terminé leur cycle de formation professionnelle de dix mois au Centre de Formation Professionnelle de la Réforme. Cette cérémonie de graduation de 79 bénéficiaires a débuté à 10 heures, il y a donc une heure de temps environ, au Centre d’Orientation et de Réinsertion (ROC) de Santo 17. Je vous rappelle que la remise de diplômes constitue l’étape finale du processus de formation professionnelle que les bénéficiaires du CVR ont suivi pendant 10 mois et au cours de laquelle ils ont appris divers métiers leur permettront de gagner leur vie, sans recourir aux armes ou à la criminalité. Pendant cette période, ils sont formés à un métier pratique dans un des domaines suivants : mécanique automobile, conduite d’engins de poids lourds, électricité domestique et automobile, plomberie, dépannage d’ordinateurs, climatisation, réfrigération ou électronique. Au cours de la cérémonie de remise de diplômes, ils reçoivent donc leur certificat de fin d’études. Mais, auparavant, ils vont procéder à des démonstrations d’aptitude technique sur des moteurs de véhicule ou des « inverteurs » par exemple. Ces tests se font en présence d’éventuels employeurs qui assistent aux travaux pour pouvoir recruter les talents susceptibles de les intéresser. Les bénéficiaires vont également devenir des Messagers de Paix et de non-violence pour inciter les autres jeunes à suivre leur exemple.

A présent, le porte-parole de la Police internationales des Nations Unies (UNPOL) en Haïti, Monsieur Fred Blaise, va nous faire le point sur les activités de la UNPOL.
Fred Blaise…

INTERVENTION PORTE PAROLE UNPOL (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE)
Fred Blaise : Merci Mamadou. Bonjour à tous, comme vous le savez, la semaine dernière fois, nous n’avions pas eu le temps de vous présenter le bilan des opérations conjointes de la UNPOL et de la PNH. Je vais donc vous faire un bref rappel des activités qui ont été menées par la UNPOL et la Police Nationale d’Haïti (PNH) au cours de ces dernières semaines.
A Delmas 33, le 21octobre, lors d’une opération conjointe menée par la PNH et les UNPOL, la Police Nationale a arrêté plusieurs personnes suspectes d’un meurtre perpétré à Cavaillon, dans le Sud du pays. A Martissant, à cette même date, avec le support de la UNPOL et les Militaires sri-lankais, la police a mené une opération qui aboutit à l’arrestation de Guerline Cénat, amante de l’influent membre de gang Jean Bobo Bernard qui a pris la fuite avant l’arrivée des forces de l’ordre.
Le 23 octobre, à Saint Marc, une opération conjointe a mené à l’arrestation de trois suspects pour association de malfaiteurs. Plusieurs objets volés ont été récupérés à Saint Marc au cours de cette opération.
Le 24 octobre à la Croix des Bouquets, toujours lors d’une opération conjointe avec la UNPOL, la police a appréhendé quatre individus en possession de drogue et 12 autres pour crimes divers. Cette même date à Pétion-Ville, grâce aux informations recueillies par la population, suite a l’enlèvement de Mme, Nadia Sully âgée de 30 ans. La police a arrêté trois suspects, à Canapé Vert et deux autres à Pétion-Ville. Lors de cette opération, la police a saisi un fusil de calibre 12 charge de 12 cartouche et un revolver 45. Ce fut une opération qui a permis d’ôter de la circulation deux autres armes illégales.
Le 28 octobre, la police nationale, conjointement avec la UNPOL a procédé à l’arrestation de huit suspects. A Delmas 33, le 28 octobre la police a arrêté trois suspects pour des cas de viol. La police est vigilante et travaille en faveur de la cause des droits de la femme. N’hésitez pas à nous fournir des informations pour agir contre tous ceux la qui abusent les femmes.
Le 06 novembre, une opération conjointe avec la PNH, les UNPOL et les militaires brésiliens, a donné l’arrestation d’Alfredo St Louis, membre actif de gang, impliqué dans plusieurs actes de kidnapping.
A Martissant, toujours le 6 novembre, lors d’une patrouille a pieds de la police et la UNPOL, on a procédé a l’arrestation de trois suspects activement recherchés par la PNH.
Le 09 novembre à Croix des Bouquets, la police a libéré une fillette de neuf ans qui a été enlevée le 7 novembre à Belontan (a Croix des Bouquets) l’opération s’est déroulée sans incident. Trois suspects ont été arrêtés et emmenés au commissariat de la Croix des Bouquets.
A Saint Marc le 11 novembre, lors d’une opération conjointe, pour aboutir à l’arrestation de Carlos, (ainsi connu) malheureusement il a tiré sur la police et a trouvé sa mort pendant les ripostes dans le quartier de Fond Benoit.
Grace aux bonnes informations fournies par la population, le 13 novembre, la police dont la DCPJ, la BRI et la UNPOL et les FPU ont libéré quatre (4) enfants de 16, de 12, de 09 et de 08 ans enlevés dans la matinée du même 13 novembre. L’opération a eu lieu sans incidents et trois suspects ont été arrêtés.

Brièvement je vais vous donner un bilan comparatif du phénomène de kidnapping pour les trois mois écoules et ceux de l’année 2006. En septembre 2007, nous avons eu 11 cas de kidnapping et en 2006 nous en avions eu : 45 cas. Pour le mois d’octobre 2007, nous avons eu : 11 cas de kidnapping et en 2006, nous avions eu 27 cas. Pour le mois de novembre 2007, jusqu’au 14, nous avons eu 10 cas et en novembre 2006, nous avions eu 78 cas. Ce petit tableau de comparaison nous aide à voir ou nous étions et où nous en sommes aujourd’hui, s’il y a amélioration ou non.

Nous profitons cet instant pour féliciter et saluer les efforts de la cellule anti-kidnapping de DCPJ / BRI de la Police Nationale d’Haïti, la section anti-kidnapping de la UNPOL et les FPU Jordaniens qui ont mené une opération rapide quelques heures après l’enlèvement ; qui a permis de libéré les victimes. Nous félicitons la PNH pour sa professionnalisation. Les opérations sont plus sures de nos jours avec la communication et les moyens mis à leurs dispositions. L’Unité Brigade d’Intervention Motorisée. (BIM) seront déployés dans toute la zone métropolitaine à Cité Soleil à Martissant, à Fontamara et au Centre ville commercial. Ils auront des points fixes (police communautaire) et aussi des motocyclettes pour les faciliter la tâche et travailler avec efficacité.

Et pour finir, la DCPJ me demande vous rappeler de ne pas oublier de continuer à appeler la police pour fournir les informations a fin de bien travailler et d’être plus efficace.

La MINUSTAH, déplore, les cas de kidnapping commis sur des enfants. La MINUSTAH déplore vraiment le fait que les bandits commettent ces actes odieux sur la personne d’enfants. Alors nous invitons une fois de plus la population à nous donner les informations pour lutter contre ce fléau.

Merci c’est tout pour aujourd’hui

INTERVENTION PORTE PAROLE PAR INTERIM
Mamadou Bah : Merci, Fred.
Je souhaite également demander à nos amis des medias de nous aider dans la dénonciation des prises d’otages visant particulièrement les enfants.
Nous allons passer maintenant à la session des questions et réponses.
Merci, si possible, de bien vouloir poser les questions une à une.

Qui commence ?

QUESTIONS / REPONSES

1-En dépit des efforts conjoints de la MINUSTAH et de la PNH, il y a une tendance à la recrudescence de l’insécurité dans le pays notamment dans les quartiers comme Martissant, par exemple. Comment la MINUSTAH peut-elle expliquer cette remontée de l’insécurité, ici je veux parler de la MINUSTAH en tant que force armée dans le pays ?

Mamadou Bah : Je vous remercie pour votre question qui est d’ailleurs très nuancée. Vous parlez d’une tendance à la recrudescence de l’insécurité. C’est exact. Et comme vous le savez, le commissaire Diallo, chef de la UNPOL, vous avait indiqué à cette même tribune, il y a quelques semaines de cela, qu’en matière d’analyse de la sécurité, dans tous les pays du monde, nous savons qu’il y a des cycles. Et je peux même reprendre ses propos à cette tribune même, le 11 octobre dernier ; il disait, je cite : « les cycles d’actes criminels en vue de se procurer des profits sont toujours marqués par une croissance de vols, de kidnappings et autres atteintes de biens ». Fin de citation. C’est ce que nous avions donc prévu et nous avions prévenu qu’il fallait prévoir une multiplication de ces actes à l’approche de fêtes de fin d’année comme on lavait constaté lors de la rentrée des classes. C’est l’explication que nous pouvons donner pour répondre à votre question. Nous avons affaire à ce que j’appelle « une poussée de fièvre » cyclique en matière de criminalité.

2- Vous venez de faire état d’une opération que vous avez mené de concert avec la PNH débouchant sur l’arrestation de 8 suspects dont l’un est soupçonné d’avoir participé à l’assassinat d’un officier de police. Pourrions-nous avoir le nom de cet officier de police ?

Fred Blaise : De toute façon, je n’ai pas son nom dans mes notes. Cet assassinat a eu lieu le 24 octobre 2007. Je pourrais à mon retour à mon bureau trouver le nom pour vous.
Mamadou Bah : Je vous invite à suivre Fred Blaise après la conférence de presse pour qu’il vous donne le nom exact qu’’il pourra retrouver dans ses documents.

3- M. Blaise, vous avez énumérez les arrestations effectuée par la PNH de concert avec la MINUSTAH. Est-ce que vous pouvez nous dire globalement le nombre d’arrestations opérées pendant la période que vous venez d’évoquer tantôt ?

Fred Blaise : Généralement, je ne prends en compte que les arrestations notoires. Si je devais prendre en considération toutes les arrestations effectuées au niveau de tous les commissariats, la liste serait extrêmement longue et je prendrais beaucoup de temps à la réaliser. Vous pouvez peut-être me rencontrer après pour avoir ces données.
Mamadou Bah : Je vous invite également à suivre Fred Blaise après la conférence de presse parce que nous avons au niveau de la MINUSTAH ce qu’on appelle un tableau consolidé chaque semaine du nombre d’arrestations, de meurtres, de kidnappings… C’est une classification hebdomadaire. Au moins, il pourra vous donner cela. Vous aurez des chiffres condensés mais retenez qu’il s’agit de données qui nous sont rapportées. Bien sûr, il y a d’autres éléments qui ne sont pas dans ces statistiques-là.

4- Je veux être plus précis. Les arrestations dont vous venez de faire état sont au nombre de combien ?

Mamadou Bah : Je crois que vous posez le même problème. Fred Blaise va vous donner les chiffres car il n’a pas apporté les chiffres globaux mais vous a présenté une séquence d’opérations effectuées au cours des deux semaines écoulées. Je vous invite à le suivre après pour qu’il vous donne les chiffres consolidés. C’est promis, il vous les donnera.

5-La cherté de la vie, l’insécurité et le kidnapping font bon ménage. Qu’est-ce que la MINUSTASH entend faire de concert avec le gouvernement haïtien pour combattre la vie chère qui alimente l’insécurité et le kidnapping ?

Mamadou Bah : Je trouve votre question juste et sérieuse. Vous avez raison. Il ne faut pas négliger du tout ce qu’on appelle la criminalité de survie. Elle existe dans les pays pauvres. La MINUSTAH partira d’Haïti, tôt ou tard. La sécurité durable, c’est d’abord et avant tout la responsabilité du gouvernement haïtien. Donc, je pense qu’il y a des statistiques qui peuvent être réalisées pour tenter d’analyser le lien entre la criminalité et les conditions économiques de survie. Mais ce n’est pas à la MINUSTAH de faire ce travail.
L’aspect social est important. Comme l’a dit le commissaire Diallo, la dernière fois, quand on n’a pas de justice, on n’a pas de paix. La criminalité de survie existe. Ce n’est pas du tout une justification ou une tentative de justification, mais les origines sociales de la criminalité sont à étudier. Elles le sont par de nombreuses institutions financières internationales, comme la Banque mondiale. .

6-Je voudrais savoir s’il n’y a pas d’évolution dans le cadre du dossier des soldats sri lankais soupçonnés d’exploitations sexuelles et renvoyés dans leur pays ?

Mamadou Bah : Comme vous le savez, il y a eu le rapport préliminaire de l’enquête au niveau de OIOS à New-York. Dès que les premiers éléments ont été connus, c’est-à-dire dès qu’il y a eu suspicion sur ces soldats, nous avons pris la décision immédiate, en application de la politique de tolérance zéro, de les rapatrier. Ils sont arrivés chez eux. Je suis sûr que certains d’entre vous ont une idée de la couverture médiatique au Sri Lanka et savent ce qui se passe là-bas…Le gouvernement sri lankais prend très au sérieux cette affaire. Il y a des commentaires dans la presse, des commentaires aussi des autorités et des commentaires des autorités sri lankaises. C’est une affaire nationale là-bas.

Ce que moi, je peux dire – même si je n’ai pas le droit de commenter ces articles – c’est juste vous rapporter tels quels, sans les commenter, les propos contenus dans le Hindustan Times car c’est déjà dans le domaine public. C’est pour vous montrer que maintenant les autorités veulent faire la lumière rapidement sur ce sujet. Le 14 novembre donc, le journal sri lankais Hindustan Times, a rapporté les propos du Chef de l’armée de l’air sri lankaise qui a déclaré, je cite « Si une enquête nationale finit par établir que seuls quelques-uns des suspects sont réellement impliqués, alors l’affaire sera jugée devant une Cour martiale mais si ce sont une centaine de soldats qui sont concernés, leurs commandants en Haïti – qui ont déjà été rapatriés – devront aussi répondre et comparaître devant la justice pénale. Le gouvernement du Sri Lanka reconnaît que le code de conduite de l’ONU est très strict et interdit les échanges de faveurs sexuelles contre de l’argent. Et lorsque l’ONU rencontre des cas de prostitution, ce sont toutes les unités de soldats concernés dans les localités concernées qui sont rapatriés ». Fin de citation.
Donc, la MINUSTAH tient à souligner la coopération exemplaire des autorités sri lankaises sur cette affaire qu’elles suivent de près et qu’elles considèrent comme une affaire nationale.

7-Le Chef de la MINUSTAH avait évoqué des cas d’abus sexuels qui avaient été perpétrés contre des adolescentes. Si les conclusions de l’enquête confirment un tel état de fait, qu’est-ce qui pourra être fait en termes de réparation en faveur des victimes ?

M.B : Si vous lisez attentivement le Verbatim de la conférence de presse de la semaine dernière, vous n’allez pas trouver l’expression « abus sexuels » mais plutôt le terme « exploitations sexuelles ». C’est une précision importante. Ils sont soupçonnés d’exploitation sexuelle envers des personnes haïtiennes, y compris des adolescentes. Selon les premiers éléments contenus dans le rapport préliminaire de l’enquête en cours, ils auraient échangé des faveurs sexuelles contre de l’argent. Je précise donc qu’il ne s’agit pas de soupçons de viols. On est donc dans un cas de prostitution. La prostitution est strictement interdite pour le personnel de l’ONU et dans le langage onusien les cas de prostitution font partie de ce qu’on considère comme des abus sexuels.
Maintenant, à propos de votre question, vous avez absolument raison. Nous vous avions indiqué la semaine dernière que plusieurs des personnes concernées ont commencé à recevoir une assistance des institutions spécialisées sur les plans psychologiques, psycho-social et médicaux. Nous ne pouvons pas vous donner plus de précisions pour protéger leur identité. Les identifier serait un mal de plus ajouté à ce dont ces victimes souffrent déjà.
Ce que je veux dire, c’est qu’en termes de réparation, il faut suivre la procédure judiciaire classique, c’est-à-dire que vous devez attendre la fin de l’enquête. Ensuite, vous connaissez le principe général de droit qui veut que « tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ». Cela veut dire qu’en plus des sanctions pénales qui seront prises contre les gens qui seront reconnus coupables - et je tiens à souligner que pour l’instant, ce sont des suspects – lorsqu’ils seront reconnus coupables donc, en plus des sanctions pénales, il y aura bien sûr, des dommages et intérêts. Et nous invitons le gouvernement à suivre de près. Il y a aussi une membre du gouvernement qui s’est aussi engagée à porter assistance aux victimes. Toutes ces actions en faveur des victimes vont ensemble dans le même sens et sont à saluer.

8- Etant donné que la Force (MINUSTAH) à laquelle vous appartenez, a dans sa dénomination, le mot stabilisation. Etes-vous intéressés au suivi des arrestations car on assiste à une série de libérations faites par le Parquet de Port-au-Prince, sous prétexte de détentions préventives prolongées. Si vous êtes intéressés au suivi des arrestations, êtes-vous au courant de ses libérations avant même que le Parquet ne les exécute.

Mamadou Bah : Rappelez vous comment et pourquoi nous sommes ici, Nous sommes ici sur invitation du gouvernement haïtien, en appui a la stabilisation et à la sécurisation du pays. Mais Haïti est un Etat souverain. C’est le gouvernement qui établit les mandats d’arrêt. C’est le gouvernement qui peut dire à la MINUSTAH : « aidez-nous à arrêter telle personne ». C’est le gouvernement qui décide de libérer qui il veut. C’est un État souverain dont il faut respecter les décisions. Il n’appartient pas du tout à la MINUSTAH de commenter de telles décisions.

9- Pouvez-vous nous dire, Monsieur Mamadou BAH, pourquoi les autorités Sri Lankaises ont fustigé Médecins Sans Frontières dans ce dossier ?

Mamadou Bah : Alors vous me demandez de commenter ce qu’une entité qui n’est pas la MINUSTAH a dit sur une autre entité qui n’est pas de la MINUSTAH. Je ne suis ni le porte parole des autorités sri lankaises, ni celui de Médecins sans Frontières. Donc il ne m’appartient pas du tout de commenter ce qui les concerne.

10- Mais la MINUSTAH a aussi participé à ce dossier. C’est vous qui avez pris la décision de rapatrier ces soldats…

Mamadou Bah : Oui mais il ne m’appartient pas de commenter des commentaires.

11- Est-ce que Médecins sans Frontières a été effectivement l’une des institutions participantes à cette enquête. Parce que les autorités sri lankaises disent que l’organisation Medecins sans Frontières a manipulé l’enquête. Deuxième question : en terme pénal, est-ce que on peut décider de sanctionner une personne sous un simple soupçon parce que je crois comprendre que le fait de rapatrier les soldats Sri lankais c’est déjà une sanction.

Mamadou Bah : Juste une petite nuance pour votre deuxième question, ce n’est pas du tout pénal, c’est administratif. Il s’agit d’une sanction administrative en ce qui nous concerne. Vous avez ici des soldats, mais cela est aussi valable aussi pour des civils. Lorsque le soldat ne respecte pas le Code de conduite des Nations Unies que son pays alors qu’il est venu ici pour servir sous le drapeau des Nations Unies, il y a une sanction administrative immédiate parce que nous, nous n’avons pas d’armée, on nous prête des soldats. Seul leur pays peut les juger. Quelle est la sanction qu’il nous reste à appliquer ? C’est le renvoi sans préavis. C’est une sanction administrative. On leur a dit, on ne veut pas de cela à la MINUSTAH. Ici, on ne plaisante pas avec la politique de Tolérance Zéro du Secrétaire Général en matière d’exploitation sexuelle. Dès qu’il y a soupçons et un niveau crédible d’accusations, la sanction tombe immédiatement.
Maintenant s’agissant de votre deuxième question, je reviens toujours à ma réponse : Il ne m’appartient pas du tout de commenter ce qui se passe entre Médecins sans Frontières et les autorités sri lankaises. Je vous invite à vous adresser soit à l’Ambassade du Sri Lanka, soit aux Représentants de Médecins sans Frontières qui, je le sais, sont présents en Haïti et ont certainement un porte-parole. A eux de répondre a votre question.

12- Vous avez utilisé le mot souveraineté tantôt. Est-ce que la présence de la MINUSTAH en Haïti d’après vous n’influence pas du tout la souveraineté du pays ?

Mamadou Bah : C’est une question juridique très intéressante. Je vous rappelle qu’Haïti est un pays souverain. Et pas n’importe quel pays, Haïti est un État membre fondateur des Nations Unies, A ce titre, Haïti a d’ailleurs aidé à la décolonisation de la plupart des États Africains. Haïti a signé la Charte des Nations Unies. Haïti invite les Nations Unie à venir à son aide. Les Nations Unies viennent. Dans tous les pays du monde où vous avez ce genre d’opération, les casques bleus sont présents sur invitation. Nous n’avons donc pas débarqué de force.

Ma question concerne Martissant, est-ce qu’il y a maintenant des soldats à Martissant en ce moment maintenant que les sri lankais sont partis ? (Traduit à partir de l’Anglais)
Mamadou Bah : Ne vous inquiétez pas, ils ont été remplacés. La décision a été prise par les autorités sri lankaises de les remplacer. Ils seront ou sont déjà remplacés. Et je viens d’avoir la confirmation de mon collègue, Fred Blaise, qu’ils ils sont effectivement déjà remplacés.
[Service de presse de la MINUSTAH]