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Conférence de presse du 6 décembre 2007 de la MINUSTAH

Publié le jeudi 6 décembre 2007

UNITED NATIONS
United Nations
Stabilization Mission
In Haïti

MINUSTAH NATIONS UNIES
Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti

CONFERENCE DE PRESSE DE LA MINUSTAH
Jeudi 06 Décembre 2007

Conférence de presse hebdomadaire de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), animée par Monsieur Mamadou BAH, Porte-parole par intérim de la MINUSTAH, en compagnie de Fred BLAISE, porte-parole de la Police des Nations Unies (UNPOL) et le Lieutenant-colonel Damir MINILOVIC, Porte-parole militaire de la MINUSTAH, avec pour invités, Monsieur Amos DUROSIER, Directeur Général de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) et Madame Berta PANES, Chargée du Programme des Volontaires des Nations Unies (VNU).

INTERVENTION DU PORTE-PAROLE PAR INTERIM
MB. : Bonjour à tous et à toutes.
Heureux de vous retrouver après mes congés.
Bienvenue à ce point de presse de la MINUSTAH.
Comme vous le savez, le directeur général de l’Administration Générale des Douanes d’Haïti, Monsieur Jean Jacques Valentin, a annoncé aux médias que pour le seul mois de novembre écoulé, l’administration des douanes haïtiennes a pu collecter la somme d’un milliard quatre cent millions de gourdes, c’est à dire l’équivalent de 39 millions de dollars américains au titre donc des perceptions de taxes douanières.
La MINUSTAH se félicite de ce succès remporté dans la collecte des droits de douane en Haïti.
La MINUSTAH se félicite des résultats et des bonnes performances en matière de perceptions douanières à plusieurs titres :
-  tout d’abord, au titre du renforcement de l’Etat de Droit en Haïti, qui va dans le sens voulu tant par le Gouvernement que par la communauté internationale,
-  ensuite, au titre du bon fonctionnement des institutions haïtiennes et des agents du Service public en Haïti, dont nous saluons les efforts mais aussi le courage dans un secteur aussi exposé que celui des Douanes,
-  et puis, au titre des efforts de citoyenneté de tous ceux qui, en s’acquittant de leurs droits de douanes, font acte d’honnêteté, de citoyenneté et contribuent au relèvement du pays. Il s’agit là, en effet, d’un effort encore trop rare pour ne pas être salué comme il se doit car il honore les citoyens et importateurs haïtiens,
-  enfin, au titre de la coopération étroite que la MINUSTAH a noué avec l’Administration des Douanes en lui apportant, là ou ceci était nécessaire, un soutien en terme de sécurité pour protéger notamment les agents et les infrastructures des Douanes qui étaient menacées.
La Police Nationale d’Haïti (PNH) et la Police de la MINUSTAH (UNPOL) ont, en effet, joué un rôle de dissuasion efficace contre toutes les menaces reçues notamment à Saint Marc et à Ouanaminthe.
Nous saluons également la coopération MINUSTAH/PNH/ Secrétariat d’Etat aux Finances sur ce dossier ainsi que le rôle significatif du Secrétaire d’Etat à la Sécurité publique.
Ce succès constitue un des multiples exemples de la contribution de la MINUSTAH à la lutte contre la corruption, les fraudes et les trafics en Haïti.
Là où règne la corruption, il n’y a pas de possibilité de renforcer l’Etat.
La MINUSTAH reste déterminée à appuyer les efforts de lutte contre la corruption, engagés au plus haut sommet de l’Etat haïtien.

Et c’est dans ce cadre que nous avons l’honneur d’accueillir à cette conférence de presse, le Directeur Général de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (U.L.C.C.), Monsieur Amos Durosier, que nous avions déjà eu le plaisir d’inviter ici même le 16 août dernier.

J’en profite pour informer nos collègues et amis journalistes que l’Unité de lutte contre la corruption a poursuivi cette semaine sa tournée des régions avec le soutien de la MINUSTAH. Des forums ont été organisés dans le Département de la Grande Anse (le 4 décembre à Miragoane et le 5 décembre à Anse à Veau). Un forum est organisé aujourd’hui à Petit-Goave. Demain, vendredi 7 décembre, des activités animées par la Section des Affaires Civiles de la MINUSTAH seront organisées pour les jeunes dans les centres multimédia, en préparation de la journée internationale de lutte contre la corruption, célébrée le 9 décembre.

Sans tarder, je vais céder la tribune au D.G. de l’U.L.C.C., Monsieur Durosier.

INTERVENTION DE M. AMOS DUROSIER
La Direction Générale de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) rappelle à tous que le 9 Décembre a été consacré, en l’année 2003, par l’Organisation des Nations Unies (ONU), comme étant la journée internationale de lutte contre la corruption.
Il s’agissait pour l’ONU de sensibiliser le monde entier sur les conséquences néfastes de ce fléau sur le développement socio-économique et politique de tous les pays du monde, les institutions démocratiques et sur les couches les plus défavorisées de nos sociétés, tout en indiquant le rôle qu’elle entend jouer dans la promotion de la prévention et de la lutte contre ce mal endémique.
Conformément au vœu de l’ONU et à la volonté clairement exprimée par le chef de l’Etat, son Excellence le Président de la République René PREVAL, dans son message du 18 mai écoulé, l’ULCC a décidé de commémorer cette journée autour du thème : « Koripsion sou tout fòm, fôk sa kaba » (La Corruption sous toutes ses formes, doit être STOPPER).
Pour que ce vœu se réalise, il faut une prise de conscience sur l’impérieuse nécessité de rompre avec un passé de tolérance et d’impunité vis-à-vis de la corruption active et passive de la part des dirigeants politiques, des agents de la fonction publique, des membres du secteur privé des affaires, des représentants de la classe politique, bref, de la société toute entière.
Les chercheurs qui se sont penchés sur le phénomène de la corruption ont révélé qu’il a des racines profondes dans notre culture et dans nos pratiques. Il faudra donc un travail en profondeur des Ecoles, des Universités, des partis politiques, des Eglises et des Organisations de la Société Civile, en un mot, de toutes les institutions chargées de l’éducation formelle et informelle de la population, pour promouvoir la transparence dans la gestion des biens publics, le respect des normes établies, le souci de la reddition de compte de la part des ordonnateurs et comptables publics de l’Etat.

Dans cette perspective, il est opportun de souligner que l’ULCC a déjà effectué de nombreuses rencontres et sessions de formation et de sensibilisation à l’intention des cadres de la fonction publique, des responsables des collectivités locales et des partis politiques, et que, depuis environ deux mois, elle poursuit, avec l’aide de la MINUSTAH, sa mission d’éducation, en vulgarisant les résultats de l’enquête stratégique sur la corruption réalisée par le Bureau de Recherches en Informatique et en Développement Economiques et Social (BRIDES).
Et, parce que l’éducation à elle seule ne suffira pas pour venir à bout de ce phénomène de société qu’est la corruption, l’ULCC croit que, parallèlement à la prévention, la répression doit être envisagée dans le respect des principes universels des droits humains et des normes établies. Il revient à tous ceux qui ont connaissance des actes de corruption commis dans l’administration publique de les dénoncer à l’ULCC ou aux officiers de police judiciaire que sont les agents de la Police rurale et urbaine, les Juges de Paix et les Commissaires du Gouvernement près les Tribunaux de Première Instance des différentes juridictions du pays. Pour que la lutte avance, chacun doit jouer convenablement sa partition.

A l’occasion de la quatrième Journée Internationale contre la corruption, l’ULCC voudrait que chaque Haïtien réalise que la « corruption est une taxe sur les plus pauvres », l’ennemie de la croissance et du développement et un mal profitable à une infime minorité au détriment de la grande majorité ; que c’est un mal qui « dénature les valeurs humaines, exacerbe les faiblesses des marchés, mine la démocratie, ses institutions et sa déontologie, suscite la frustration des citoyens face aux fonctionnaires élus ou nommé, érode sérieusement toute confiance dans le processus de gouvernance et nuit à la fourniture des biens et services à ceux qui en ont le plus besoin » comme l’a si bien fait remarquer l’organisation mondiale.

L’ULCC forme le vœu que finalement chacun comprenne que le sauvetage individuel par le biais de la corruption est un leurre et surtout un exercice périlleux avec la ratification par Haïti des deux conventions de l’OEA et de l’ONU ; que seul compte vraiment le sauvetage collectif pouvant résulter de la bonne gouvernance et de la renonciation à la corruption.

INTERVENTION DU PORTE-PAROLE PAR INTERIM
MB. : Merci Monsieur Amos Durosier.

Nous allons d’ailleurs procéder tout de suite à une session spéciale de questions et réponses.
Je prie nos collègues journalistes de bien vouloir se présenter et identifier les medias pour lesquels ils travaillent avant de poser leurs questions. Je vous demanderai aussi de réserver vos questions qui n’ont aucun rapport avec le sujet traité par Monsieur Durosier à la suite du point de presse lors de la session finale de questions et réponses.

Qui commence ?
SESSION SPECIALE DE QUESTIONS ET REPONSES

Monsieur Durosier, quelle est donc la mission fondamentale de l’ULCC, qui a été nommée durant la période de la transition dans le cadre d’un décret pris par le gouvernement d’alors. Est-ce que votre travail est complémentaire par rapport à celui qu’effectue la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif ?

Amos Durosier : L’ULCC, je crois l’avoir répété plusieurs fois dans plusieurs conférences de presse, est un organisme autonome de contrôle de la corruption et qui est issu directement des dispositions des conventions qui sont signées et ratifiées par Haïti. C’est donc un organe de support aux autres institutions existantes qui n’ont pas ce mandat, en vue de combattre de façon efficace la corruption dans notre pays.
En effet, si nous lisons l’article 6 de la convention des Nations Unies, il est écrit ceci : « Chaque Etat partie, conformément aux principes fondamentaux de son système juridique, est chargé de prévenir la corruption par des moyens tels que l’application des politiques visées par la présente convention et l’accroissement et la diffusion des connaissances concernant la prévention de la corruption ».
Donc, c’est ainsi que dans le décret qui a créé l’ULCC, il est prévu trois axes fondamentaux d’intervention :
-  l’axe éducation, sensibilisation et donc de prévention de la corruption
-  Deuxième axe : définir une stratégie nationale de lutte contre la corruption, revoir et adapter le cadre légal traitant de la corruption pour pouvoir établir des lois plus harmonisées et plus coercitives de façon à freiner, à combattre, à lutter efficacement contre la corruption, à réprimer la corruption.
-  Et troisième axe : c’est mener des enquêtes, des investigations sur des cas de corruption qui sont dénoncés, et de pouvoir les transmettre au commissaire du gouvernement s’il s’agit de simples fonctionnaires, ou encore au Parlement s’il s’agit de hauts fonctionnaires, tels les ministres, le Premier ministre etc. Pour ceux qui sont redevables de la Haute Cour de justice, les rapports doivent être envoyés au Parlement, tandis que pour tous les autres, les rapports doivent être envoyés au Pouvoir Judiciaire pour les suites nécessaires. Nous sommes donc une institution complémentaire.
La Cour des Comptes, lorsqu’elle fait un audit, elle le fait sur pièces. Ainsi, si les gens ont programmé de dépenser par exemple 20.000 dollars, elle va vérifier si les 20.000 dollars sont supportés par des pièces justificatives. Une fois que toutes les pièces étaient régulièrement faites, il n’y a pas de problème. La Cour des Comptes ne va pas se soucier pour savoir dans quelles conditions les 20.000 dollars ont été dépensés.
Tandis que nous autres, au niveau de l’ULCC, on va chercher les dessous de ces 20.000 dollars. Est-ce qu’ils ont été dépensés dans la transparence ? Sans conflit d’intérêts ? Sans trace de corruption quelconque ? Sans pots de vin ? C’est-à-dire, en dépensant ces 20.000 dollars, n’a ton pas reçu un dessous-de-table ou des montants qui font que les 20.000 dollars représentent une surfacturation, alors qu’on aurait pu acheter le même produit pour 10 .000 dollars ?
Donc nous autres, nous allons chercher à travers les pièces justificatives pour vérifier si le marché a été bien fait. Ce n’est pas le travail de la Cour Supérieure des Comptes et ce n’est le travail d’aucune autre institution en Haïti car c’est l’ULCC qui a cette mission et cette responsabilité.

Monsieur Durosier, est-ce que vous avez la conscience tranquille ? Est-ce que vous estimez que la lutte anti-corruption qui est en train d’être menée aujourd’hui en Haïti, est menée de façon impartiale ?

Amos Durosier : Pour ma part, je peux vous dire que nous avons une règle de conduite qui s’appelle l’objectivité, la transparence et la sérénité dans tout le travail que nous faisons. Nous n’avons absolument aucun arrière pensé.
Aucune directive ne nous est donnée par aucune autorité pour persécuter X ou Y.
Les dénonciations arrivent à notre bureau. Nous les envoyons au service d’enquête et d’investigation qui analyse pour voir s’il y a vraiment matière à conduire une enquête.
S’il y a matière à conduire une enquête, nous le conduisons.
Depuis deux ans et demi de fonctionnement où nous commencions à recevoir des dénonciations, nous avons reçu plus de 50 dénonciations mais nous avons pu déclencher des investigations sur à peu près 28 d’entre elles parce qu’il y en a d’autres où la matière ne relevait pas de notre compétence.
Je prends le cas de ces 50.000 dollars que le ministère des Travaux publics réclamait à un moment donné pour une affaire dont je ne me souviens plus très bien du dossier. Quand on nous a écrit, on a dit que ce n’était pas de notre devoir d’aller chercher auprès du privé une dette. C’était à la Direction Générale des Impôts, le représentant de l’Etat en justice, d’aller mener une action civile pour récupérer ces 500.000 dollars.
Il y a des gens qui n’ont pas reçu leurs chèques pendant plusieurs semaines, plusieurs mois, ils viennent déposer des plaintes, on leur demande d’aller voir au trésor, d’aller au ministère des Finances. On n’a pas d’enquête à mener là-dessus. C’est ainsi.
Il y a des cas particuliers où les gens viennent dénoncer mais ils ne savent pas exactement à quelle institution s’adresser. Donc nous les orientons.
Si par exemple ils ont été victimes d’une révocation arbitraire, nous leur disons c’est à la Cour des Comptes, au Tribunal Administratif qu’il faut aller.
Nous avons aussi cette responsabilité d’encadrer la population dans ses dénonciations, dans ses revendications.
Mais il y a d’autres cas d’investigations que nous conduisons.
Nous avons déjà transmis 6 de ces dossiers au commissaire du gouvernement pour les suites nécessaires. C’est tout. Nous continuons à travailler avec objectivité.
Quant à la conscience tranquille, je ne crois pas que dans ce genre de travail, il faut se morfondre trop, parce que la corruption est tellement subtile et le réseau est tellement bien établi que ce n’est pas si facile de pouvoir démanteler des réseaux.
Je reviens juste à peine de la réunion des directeurs et des ministres en charge de la lutte contre la corruption en Indonésie. Le président de l’Indonésie a dit cette phrase qui m’a frappé : « la corruption, c’est comme un virus, et lorsqu’on pense qu’on a trouvé un remède pour pouvoir la combattre, elle mute en un autre type de maladie ». Donc, cela veut dire que ce n’est pas si facile. Les gens qui utilisent toutes sortes de techniques sophistiquées, bloquent un petit peu notre travail. Et c’est pour cette raison que de notre coté, on essaie de mettre en place aussi des mécanismes pour pouvoir mieux détecter la subtilité des magouilles qui se passent dans la fonction publique.
Donc, avoir la conscience tranquille est un défi. Pendant que nous sommes là, nous allons continuer à relever le défi. Mais nous ne nous faisons pas d’illusion, nous ne serons pas en mesure d’enrayer définitivement la corruption car, cela n’existe nulle part dans aucun pays au monde.

Monsieur Amos Durosier, avez-vous peur ? Quel est votre meilleur coup de filet pendant que vous êtes la tête de l’ULCC ?

M. Amos Durosier : Je viens de vous répondre en vous disant que j’ai transmis déjà 6 dossiers pour fins de poursuite au commissaire du gouvernement et c’est tout ce que je peux vous dire. Parce que n’oubliez pas que l’article 12 de notre décret nous fait l’obligation de garder le secret de nos enquêtes jusqu’à ce que nos dossiers soient constitués.
Donc, vous n’avez qu’à suivre les tribunaux et voir ce que nous avons fait comme travail.
C’est tout ce que je peux vous dire.

Je vous demande si vous avez peur.

Amos Durosier : Je n’ai pas peur. Ne vous inquiétez pas. Pourquoi devrais-je avoir peur ? L’essentiel, comme aimait le dire si souvent un de mes collaborateurs à Anse–Rouge, il me disait : « si ou pè san, ou pa al labatwa » (si la vue du sang vous effraie, n’allez pas à l’abattoir). Si vous allez à l’abattoir, des particules de sang tomberont quand même sur vous.

On sait que bon nombre de personnes en Haïti ont fait fortune par le biais de la corruption. Est-ce que l’ULCC est là pour les cas récents ou les cas antérieurs également ?

Amos Durosier : Nous sommes là surtout pour les cas post-2004 puisque nous avons été créés après 2004. En matière pénale, il n’y a pas de rétroactivité. Cependant actuellement, relatif aux articles 53 et 63 de la convention des Nations Unies contre la corruption, que vous savez qu’Haïti a ratifiée au mois de juin dernier, le Parlement a ratifié cette convention, donc elle fait partie intégrante de nos lois.
Le travail qui est en train d’être fait est qu’on est en train d’établir une chaine d’entraide internationale ente les Etats signataires de cette convention de façon à pouvoir traquer tous ceux qui, par la corruption ou par d’autres moyens ont détourné des fonds publics et les ont placés dans les pays tiers. Par conséquent, ces mécanismes qu’on est en train d’étudier et qu’on va mettre en place pour opérationnaliser les dispositions des articles 53 et 63 de la convention vont permettre que, quel que soit l’endroit où l’argent va être caché, on va traquer la personne qui l’a caché. Il n’y a pas de secret bancaire international pour dire par exemple, la Suisse garde au nom d’un sacro-saint secret bancaire. On ne sait pas combien les sociétés passées ont dans les coffres en Suisse.
J’espère que d’ici l’année prochaine, les outils que la convention des nations Unies vont permettre de mettre en place, vont aider les pays victimes d’argent volé par des anciens fonctionnaires de pouvoir récupérer ces fonds. Jusqu’à présent il est très difficile de récupérer les fonds. Evidemment, il y a quelques cas qui ont eu du succès du coté de la Suisse, tels que Marcos, Fujimori et un type du Kenya, du Nigeria. Il y a des efforts qui sont faits par la Suisse pour pouvoir remettre ces argents aux pays qui sont victimes de spoliation liée à la corruption. A la dernière réunion, l’Algérie a dit qu’ils ont entamé des poursuites, mais les cabinets d’avocats ont tellement demandé d’argent pour pouvoir récupérer 1, 2 ou 3 millions de dollars. Finalement, tenez-vous bien, il n’est revenu à l’Algérie que 100 dollars. Donc, il faut que les mécanismes prévus par la convention soient mis en place de façon à pouvoir aider les pays comme Haïti qui pourrait être victime éventuellement de grands fonctionnaires qui auraient détourné les fonds de l’Etat afin qu’on puisse les récupérer.

INTERVENTION DU PORTE-PAROLE PAR INTERIM
Il n’y a plus de questions pour Monsieur Durosier. Je vous remercie beaucoup. Je remercie Monsieur Durosier pour son temps.

INTERVENTION M. AMOS DUROSIER
Cela a été un plaisir pour moi et je vous demande de rappeler à tout le monde que le 9 décembre est une journée de réflexion pour tous les citoyens, toutes les citoyennes.
Il est temps de mettre un terme à la corruption.
Merci.

INTERVENTION DU PORTE-PAROLE PAR INTERIM
MB. : Merci, Monsieur Durosier, pour votre temps car vous avez d’autres obligations.
Je vais céder la parole maintenant à la Chargée de programme des Volontaires des Nations Unies en Haïti, Madame Berta Panes.

INTERVENTION DE LA CHARGEE DU PROGRAMME DES VOLONTAIRES DES NATIONS UNIES EN HAITI, MADAME BERTA PANES
Bonjour tout le monde.
Comme aux Nations-Unies on aime bien les journées internationales, je viens pour vous en annoncer une autre.
On vient de célébrer la journée internationale des volontaires, hier 5 décembre lors d’une réunion organisée au Montana, avec la participation du Représentant spécial adjoint principal du Secrétaire Général des Nations-Unies, Monsieur Luiz Carlos da Costa.
Monsieur da Costa a exprimé aux volontaires des Nations-Unies la reconnaissance de la MINUSTAH pour leur importante contribution dans la mise en œuvre de son mandat.
A la fin de cette conférence de presse, vous aurez la copie du message délivré par le Secrétaire Général Ban Ki-moon à l’occasion de cette journée internationale.
Le programme des Volontaires des Nations Unies a été créé dans les années 70 et géré par le PNUD.
Depuis l’année 1992, on a commencé à participer dans les missions de maintient de la paix. Cela fait 43 missions de paix dans lesquels il y a eu plus de 1300 volontaires venus de tous les pays.
En 2006, on a eu 2400 volontaires dans les missions de paix. Cette année, on fait presque le même chiffre.
Pour être plus spécifique, à la MINUSTAH, il y a 225 volontaires internationaux qui constituent presqu’un tiers du total du personnel civil.
Ce nombre de volontaire est beaucoup plus présent dans les régions. I
l y a des volontaires dans toutes les sections des bureaux régionaux de la MINUSTAH.
C’est très rare de trouver une section de la MINUSTAH n’ayant pas un seul volontaire.
Depuis que la MINUSTAH existe, il y a eu 37 haïtiens qui sont partis travailler comme volontaires dans d’autres missions de paix.
Ici en Haïti, la plupart des volontaires sont internationaux, mais il y a aussi des haïtiens qui travaillent comme dans des agences des Nations Unies, notamment dans les projets de gestion des risques et désastres naturels, l’état de droit et UNICEF.
La contribution des volontaires à la MINUSTAH, que ce soit en région ou dans les agences des Nations Unies, est très importante.
Par exemple, les dernières élections qui se sont tenues, ont été menées en grande partie grâce aux volontaires.
Il y a eu 27 volontaires qui constituaient le seul personnel électoral dans les régions.
Donc voila, on a célébré la Journée Internationale de Volontaires des Nations Unies hier.

Merci beaucoup.

INTERVENTION DU PORTE-PAROLE PAR INTERIM
Merci beaucoup, Berta Panes. Je rappelle que vous êtes la Chargée du Programme des Volontaires des Nations Unies en Haïti. Vous restez avec nous pour la suite de la conférence de presse.
Dans l’agenda du Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour Haïti et chef de la MINUSTAH :
Monsieur Hédi Annabi est de retour en Haïti depuis hier après un séjour à l’étranger.

Dans l’agenda du Représentant spécial adjoint principal du Secrétaire Général des Nations Unies pour Haïti :
Monsieur Luiz Carlos da Costa s’est rendu ce matin dans la ville de Jérémie, chef-lieu du Département de la Grande Anse. Au cours de sa visite d’une journée, il est prévu qu’il s’entretienne avec les autorités locales haïtiennes et aussi avec les responsables locaux de la MINUSTAH, des composantes civiles, militaires et policières. Monsieur Da Costa en profitera pour inaugurer deux projets à effet rapide de la MINUSTAH en faveur de la ville de Jérémie, l’un en faveur du Tribunal de Paix de Bonbon et l’autre au profit de l’hôtel de ville de Jérémie.
Le premier financement de la MINUSTAH – d’un montant de 478.540 Gourdes - a eu pour résultat la réhabilitation du bâtiment de la Mairie des Roseaux. Cette action entre dans le cadre du mandat de la MINUSTAH en matière de renforcement des institutions publiques. Le nouveau local permettra d’améliorer les conditions de travail des élus et du personnel communal et donc l’accès de la population aux services municipaux.
Le second financement – d’un montant de 640.000 Gourdes - a permis de construire un étage servant à loger le Tribunal de Paix de Bonbon. Le local comprend une salle d’audience, deux bureaux pour les juges, une cellule de garde-à-vue et des sanitaires. C’est dans le cadre de son mandat d’appui au processus de réforme de la justice que la MINUSTAH a financé ce nouveau Tribunal qui permettra l’amélioration des conditions de travail des Juges et du personnel judiciaire, et améliorera donc l’accès des citoyens de la commune à la justice.

Dans l’agenda du Représentant spécial adjoint du Secrétaire Général des Nations Unies pour Haïti et coordonnateur humanitaire :
Monsieur Joël Boutroue s’est rendu à Hinche hier 5 décembre avec le responsable en Haïti de l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI), Monsieur Francois Montour, afin de faciliter notamment les liens entre les acteurs du développement, les organismes internationaux de financement et les différents bailleurs de fonds au niveau national et aussi de coordonner le secteur humanitaire en Haïti.
L’ACDI est engagée dans des projets concernant la frontière haïtienne et dominicaine, notamment la construction d’un complexe administratif à Belladère.
Monsieur Boutroue a rencontré les ONG de la région et des représentants de la délégation et de diverses directions départementales.
A l’hôpital St-Thérèse de Hinche, le Représentant Spécial adjoint a pu observer l’avancement d’un projet à effet rapide pour la construction d’une citerne d’eau, d’un montant de 21.189 dollars américains.
Monsieur Boutroue s’est aussi rendu à l’ancienne prison de Hinche où un projet de construction de sanitaires et de cuisine est actuellement en cours de réalisation. Il s’y est également entretenu avec l’inspecteur en charge de la prison à propos de la situation des détenus.

Je cède la place maintenant au porte-parole de la Police de l’ONU en Haïti, Fred Blaise...

INTERVENTION DU PORTE-PAROLE DE LA UNPOL (Traduit à partir du Créole)
Merci Mamadou.
Bonjour à tous.
Cette semaine avant de commencer avec les bilans, je fais le rappel d’un incident qui a eu lieu lundi, et c’est très important. Je sais que la population attend le résultat de la nouvelle promotion de la police (BIM) que l’on voit déjà partout dans la capitale. Ce lundi 03 décembre, devant la SOGEBANK de Frères, étaient une dame et son enfant de trois ans, lorsqu’un ravisseur a enlevé l’enfant de la main de sa mère. Se dirigeant sur la route de Frères, vers Pernier, Tabarre et environs… La mère affolée, se dirigea vers la même direction. Et arrivée au commissariat de la zone, elle indiqua au Commissaire de police la description de son enfant et de ses ravisseurs. Ce dernier a alerté par radios et les policiers du (BIM) des environs ont eu le temps de se déployer rapidement. Les ravisseurs épris par la présence complète de ses policiers dans le secteur, n’ont purent que déposer l’enfant qu’ils ont kidnappé. Ceci c’est pour vous monter l’efficacité et la nécessité de ce corps pour le pays. Et aussi mettre en garde tous ceux la qui auraient voulu entreprendre des actes de ce genre.

Maintenant les bilans.-
Jusqu’à hier 05-Decembre-2007, nous avons enregistré 03 cas de kidnapping (2 à Port-au-Prince et 1 à Jérémie. Si on veut comparer, en 2006 nous avons eu 64 cas tandis que jusqu’à hier, nous n’avons eu que 3. Nous travaillons dans le but de réduire le chiffre le plus bas possible.
Nous commençons avec les bilans à Port-au-Prince,
Le 26 N0v 2007 La UNPOL, les FPU, les militaires boliviens et la PNH ont mené une opération spéciale dans le quartier de BEL-AIR où quatre suspects ont été arrêtés pour association de malfaiteurs. L’un d’entre eux est considéré comme étant membre d’un gang. L’opération s’est déroulée sans incident. Les suspects ont été transportés au commissariat.
A remarquer qu’a partir d’aujourd’hui, nous ne donnerons plus le nom des suspects, sous la demande de la section des droits de l’homme.

Le 26 Novembre 2007 aux Gonaïves, à Anse-Rouge. La police de la MINUSTAH a assisté les officiers de la PNH lors de l’exécution d’un mandat d’arrêt contre trois suspects pour incendie criminel. Les suspects sont détenus au commissariat de Gonaïves.

Le 27 Novembre 2007, Port-de-Paix, la UNPOL/ARGBAT/PNH ont mené une opération spéciale à BOMBARDOPOLIS où ils ont arrêté un présumé bandit pour meurtre. Il a été transporté devant un juge.

Gonaïves Le 27 Novembre 2007, aux Gonaïves, la PNH/UNPOL ont arrêté un jeune homme de 17 ans dans la section de Clervaux pour viol d’une jeune fille de 17ans. 3 autres suspects qui ont aussi violé la victime, sont activement recherchés par la PNH.

Le 28 Novembre 2007, aux Gonaïves La UNPOL a appuyé les officiers de la PNH lors de l’arrestation de deux suspects pour le meurtre de FACILIEN FATIL (38 ans), le 15 Novembre 2007. Aucun détail supplémentaire n’est disponible.

Le 2 Decembre 2007, Jacmel la UNPOL a appuyé la PNH lors de l’exécution de deux mandats d’arrêt émis contre des individus pour une agression commise sur deux citoyens de la localité. Les suspects ont été conduits devant le juge.

Le 28 Novembre 2007, Jérémie la UNPOL a assisté la PNH lors de l’exécution de deux mandats d’arrêt émis à l’encontre d’un présumé pour une agression et vol. Les suspects ont été conduits devant le juge.

Le 28 Novembre 2007, Fond des Nègres, la UNPOL et la PNH ont rapporte l’arrestation d’un individu de 36 ans pour possession de 42.4kg de marijuana enveloppés dans deux sacs, ils ont été découverts pendant une fouille dans un véhicule de transport public (GMC Ford 7000) sur la Route Nationale 2.

Le 29 Novembre 2007 Port-au-Prince, La UNPOL a assisté la PNH lors de l’exécution de cinq mandats d’arrêt émis pour agression, pour association de malfaiteurs et pour vol. Les suspects ont été conduits devant le juge.

Le 30 Novembre 2007. Archaie, la UNPOL/PNH ont arrêté et interpellés deux présumés, dans le cas du meurtre de SHINIDER HERVILLE (7 ans), par ses ravisseurs 25/11/2007, dans la localité de L’EVEQUE, et conduits devant le juge. L’enquête se poursuit.

Le 1er Decembre 2007, Port-au-Prince, la UNPOL a appuyé la PNH lors de l’exécution de six mandats d’arrêt émis pour agression, pour meurtre, pour abus de confiance, pour complicité, pour complicité de crime. Les suspects ont été conduits devant le juge

Le 1er Decembre 2007 Jérémie la UNPOL a assisté la PNH durant l’arrestation d’un présumé ans pour attentat de viol. Le suspect a été transporté au commissariat. L’enquête se poursuit.

Le 1er Decembre 2007, Port-de-Paix, la UNPOL / les Militaires Argentins ont assisté les officiers de la PNH au cours de points de contrôle effectués dans les localités de NOTRE DAME et TROIS RIVIERES. Un suspect, a été arrêté pour détention illégale d’un revolver RG de calibre 38 spécial (numéro X027546 modèle 39) et de 16 munitions du même calibre. Il a été emmené au commissariat pour enquête.

Le 2 Decembre 2007, Pétion Ville la UNPOL/PNH ont arrêté deux individus pour viol d’une jeune fille 21 ans sur la Route des Frères (Impasse Wallace). Les suspects ont été transporte au commissariat pour l’enquête.

Le 2 Decembre 2007, Pétion-Ville, la PNH/UNPOL ont arrêté deux hommes à Frères dans le quartier de Cago #7, pour viol d’une jeune fille de 18 ans. Les suspects ont été transporte au commissariat.

Le 3 Décembre 2007, Delmas 33 La PNH a signalé qu’un individu s’était présenté au commissariat de DELMAS pour remettre un revolver (Taurus numéro WC-106641 calibre 8), avec 6 munitions. Les premières investigations permettaient d’apprendre que l’arme, dont le
vol avait été déclaré le 30 novembre dernier, appartenait à un officier de la PNH.

Le 4 Decembre 2007, Croix des Bouquets, la UNPOL a assisté la PNH dans l’arrestation de deux suspects pour simulation d’enlèvement. Exploitant une infirmation selon laquelle une jeune femme avait été enlevée et était séquestrée dans un immeuble en construction. La UNPOL, la PNH et le juge de paix se sont rendus à DUVAL 3, quartier de CROIX DES BOUQUETS où ils ont découvert la fausse victime ligotée et bâillonnée avec du ruban adhésif. Les enquêteurs remarquaient la présence d’un autre suspect sur le toit d’un immeuble voisin. Immédiatement interpellé, celui-ci reconnaissait avoir organisé un faux enlèvement afin de percevoir une prime de la MINUSTAH. Les deux suspects ont été emprisonnés.

Le 4 Decembre 2007, Port-au-Prince La PNH et la UNPOL ont mené une opération conjointe pendant laquelle une fillette de 4 ans, a été libérée. L’opération a été effectuée sur la route du Nord au kilomètre 40. La victime, qui avait été enlevée à PETIONVILLE, est saine et sauve. Un suspect a été arrêté et deux autres sont activement recherchés.

Le 4 Decembre 2007 Miragoane, La UNPOL a assisté la PNH dans l’arrestation de deux présumés, pour attentat de kidnapping sur deux citoyens.. Les suspects sont détenus pour les suites de l’enquête.

Le 4 Decembre 2007 Jeremie, la UNPOL a assisté la PNH dans l’arrestation d’une jeune femme de 24 ans, dans le cas du kidnapping d’une fille de 11 ans. L’enquête a révélé que la victime était en compagnie de la suspecte à bord d’un bateau en route pour P-a-P. La victime n’est pas encore retrouvée. L’enquête se poursuit.

Pour terminer, je veux appeler la population a collaborer avec ces policiers de la (BIM) pour la saison de fêtes de fin d’année car, les activités criminels ont tendance à remonter en cette période. Supporter la Police Nationale d’Haïti, supporter la UNPOL, en vue d’améliorer la sécurité en Haïti afin de projeter une meilleure image d’Haïti à l’étranger.

Merci a la semaine prochaine.

INTERVENTION DU PORTE-PAROLE PAR INTERIM
Mesi anpil. Fred.

J’invite à cette tribune le porte-parole militaire de la MINUSTAH, le Lieutenant-colonel Damir Milinovich.

INTERVENTION DU COLONEL DAMIR MINILOVIC CHEF DU BUREAU DE LA COMMUNICATION ET DE L’INFORMATION MILITAIRE
Bonjour a tous,

Le mardi 04 décembre, le Représentant spécial adjoint principal, Monsieur Luiz Carlos da Costa a présidé une cérémonie de remise de médailles des Nations Unies aux casques bleus boliviens de la MINUSTAH à Cite Soleil, plus particulièrement à 213 membres de la compagnie d’Infanterie Mécanisée de la Bolivie en Haïti. Dans son discourt, le Représentant spécial adjoint principal a salué les accomplissements du contingent bolivien des troupes de maintien de la paix en Haïti. Il a remercié les casques bleus boliviens pour leur professionnalisme et l’esprit de sacrifice dont ils ont fait preuve dans l’accomplissement de leurs fonctions au sein de la MINUSTAH. Le contingent bolivien, basé à Cité Soleil, a effectivement contribue au processus de prise de contrôle dans les quartiers de Port-au-Prince qui étaient, il y a encore un an, sous le joug des bandes armées et des organisations criminelles et a permis d’y ramener le calme et la tranquillité à la population.

Le bataillon brésilien a lancé depuis lundi une campagne à l’École Nationale de Bel-Air pour sensibiliser la population en particulier les enfants sur les conséquences de l’utilisation des « pistolets-Jouets » en distribuant des brochures et en émettant un spot publicitaire. Cette activité s’est aussi déroulée pendant toute la semaine à Cité Soleil.

Le bataillon brésilien a supporté la section Protection de l’enfance de la MINUSTAH dans des séries d’activités organisées en l’honneur des enfants à Martissant. Des sacs d’école ont été distribués à 219 enfants. Une fille de 10 satisfaite de cette initiative s’est exprimée en ces termes : « je ne vais jamais oublier ce que la MINUSTAH a fait pour moi, j’ai un vrai sac pour aller à l’école ainsi que des livre, et je mange chaque jour »

Notez que pour l’année 2007, 42291 sacs d’école ont été distribues par la Force Militaires à travers tout le pays.
Merci Beaucoup.

INTERVENTION DU PORTE-PAROLE PAR INTERIM
Merci, Damir.
Nous allons passer à la session des questions et réponses.

Qui commence ?
QUESTIONS / REPONSES (Deuxième Partie)

Vous n’avez rien dit au sujet de l’incident qui a opposé un membre de la MINUSTAH, Jean-Philippe Laberge, à des sénateurs haïtiens. Pourriez-vous nous dire ce qui s’est passé au juste et comment la MINUSTAH entend réagir ?

Mamadou Bah : La MINUSTAH ne discutera pas de cette affaire sur la place publique.

Primo, on n’est pas ici sur la place publique. Secundo, il y a eu un incident et des parlementaires ont réagi. Il est donc normal que les journalistes sachent exactement de quoi il en est. Ce n’est pas une question de place publique.

Mamadou Bah : La MINUSTAH ne discutera pas de cette question ici.

Que répondez-vous à ces parlementaires qui réclament que M. Laberge soit démis de ses fonctions ?

Mamadou Bah : La MINUSTAH ne discutera pas de cette affaire ici.

Les rapports entre la MINUSTAH et le Parlement consistent en quoi exactement ?

Mamadou Bah : Là, je peux vous répondre. Le Parlement est une institution fondamentale pour le fonctionnement de la République d’Haïti. Le Bureau d’appui de la MINUSTAH au Parlement haïtien existe depuis juin 2006 pour offrir un appui technique et logistique aux parlementaires. C’est dans ce cadre que sont organisées des rencontres régulières avec des parlementaires et des Commissions des deux Chambres. A titre d’exemple d’assistance fournie, mentionnons la réhabilitation du salon diplomatique du Parlement et la cafétéria de la Chambre des députés. En outre, en partenariat avec le Centre parlementaire canadien, le Bureau met à disposition des ordinateurs avec accès Internet aux parlementaires ainsi qu’au personnel administratif des deux Chambres. De même, nous offrons régulièrement l’assistance aux parlementaires pour rejoindre leurs circonscriptions éloignées. La MINUSTAH réitère son engagement à poursuivre son soutien au Parlement et aux parlementaires.

Ma question s’adresse à M. Fred Baise. Du 1er décembre jusqu’à hier soir tard dans la nuit, vous avez dit avoir enregistré seulement trois cas de kidnapping. Pourtant, hier soir aux environs de 7 heures, une amie qui revenait de l’école a été kidnappé sur la route de Bourdon. Ce qui n’est pas mentionné dans votre rapport. Est-ce que dans ce contexte, nous pouvons faire confiance aux statistiques de la MINUSTAH ?
Ensuite, un chauffeur de transport public a tenté de faire un circuit qu’il ne devait pas emprunter. La police est intervenue pour le contraindre à respecter les normes. Mais, ne voulant pas obtempérer, l’un des policiers qui le poursuivaient lui a logé une balle à la nuque. Je voudrais savoir, selon les instructions qui leur ont été donné, quand les policiers peuvent-ils dégainé leur arme à feu ?

Fred Blaise : Je ne peux pas commenter les lois haïtiennes. Si vous me demandiez comment je réagirais pendant mon service aux Etat -Unis, je vous répondrais. Mais je ne sais vraiment pas quand est-ce qu’un policier haïtien peut utiliser son arme à feu. C’est à la Police nationale d’Haïti de répondre à cette question. Je vais maintenant répondre à l’autre question : si un crime n’a pas été rapporté à la police, c’est comme s’il n’a pas eu lieu. Il n’existe pas. Donc, si les proches de la personne dont vous venez de parler ne sont pas allés rapporter les faits à la police, il n’y a donc pas eu de kidnapping.

Après l’incident survenu hier entre M. Laberge et certains parlementaires, comment pouvez-vous présenter les relations entre le Parlement haïtien et la MINUSTAH ?

Mamadou Bah : Je viens de vous les présenter. Question suivante ?

Quel est le rôle du Lieutenant-colonel Damir MILINOVIĆ qui vient de distribuer des T-shirt portant le message : « Ne kidnappez pas les enfants et n’exercez pas de violence contre eux » ? Ensuite, pourquoi la Police nationale ne peut pas prendre part à votre conférence de presse ?

Mamadou Bah : Le lieutenant-colonel Damir MILINOVIĆ est le porte-parole militaire de la MINUSTAH. Vous savez, très souvent, nous vous présentons toutes les activités civilo-militaires des contingents, c’est-à-dire des troupes qu’on prête à la MINUSTAH. Ces militaires, dans un cadre humanitaire, font des actions comme des matchs de foot, de la sensibilisation sur des thèmes qui sont chers à tout le monde et aux contingents des distributions de nourriture, de la réhabilitation d’orphelinats, des projets à impact rapide. Ce n’est pas du développement que font les casques bleus mais plutôt ils font preuve de générosité et font un peu d’humanitaire.

Mamadou Bah : Pour répondre à votre deuxième question, la Police nationale est un partenaire clé de la MINUSTAH et surtout de la UNPOL. Elle est toujours bienvenue à nos conférences de presse. Mais comme vous le savez, ils ont leur propre point de presse. Mais la porte de la MINUSTAH est toujours ouverte à la PNH.

Monsieur Blaise a fait état, il y a un instant, d’un cas de kidnapping simulé avec pour motivation à la base de soutirer de l’argent à la MINUSTAH. Est-ce que la MINUSTAH a l’habitude de récompenser ceux qui lui fournissent des informations sur les kidnappings ?

Mamadou Bah : En fait ce qu’on a constaté – et je vais laisser ensuite Fred Blaise répondre – c’est qu’il existe des faux kidnappings, des kidnappings suspects. C’est-à-dire que sur les 19 cas de kidnapping qui ont été enregistrés durant le mois écoulé, nous avons au moins 4 cas suspects de faux kidnapping. Il y a des gens qui inventent des kidnappings, soit pour se faire de l’argent, soit pour faire de l’extorsion de fonds au détriment de leur propre famille. Par exemple, une personne se fait kidnapper et, avec ses complices, demande à ses parents de verser une rançon. On a les preuves de ces kidnappings-là pour au moins 4 cas. Désormais, la bonne approche consistera à distinguer les vrais kidnappings des faux kidnappings.
Il y a donc une instrumentalisation commerciale des kidnappings comme il y a une instrumentalisation politique des kidnappings en Haïti.

Prochaine question ?

S’il n’y a plus de question, je vous remercie tous et à la semaine prochaine !

Merci beaucoup à tous. A la semaine prochaine.

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Contact media :
Mamadou Bah, Porte-parole par intérim
de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH)
Téléphone fixe : (509) 244 20 50 – extension ou poste 6059
Portable : (509) 458-0178
E-mail : bahm@un.org,

Consultez le Site Internet de la MINUSTAH : www.minustah.org