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Lokua Kanza : le plat de résistance de la quinzaine de la francophonie

Publié le mercredi 30 mars 2005

Le musicien congolais, de renommée internationale, Lokua Kanza a, avec maestria, clôturé le Jeudi 24 mars, au Champ de Mars (Port-au-Prince), le festival international du conte et de la chanson francophones qui souffrait cruellement de l’absence d’artistes de premier plan, de figures connues de la scène musicale d’ici et d’ailleurs. En cela, ce festival qui se voulait une entreprise culturelle interdisciplinaire, dans le cadre de la quinzaine de la francophonie, était sinon au bord de la banalisation, du moins confrontée à l’indifférence sonore d’un certain public. Chose compréhensible sous toutes les latitudes ; car, on ne peut espérer récolter les suffrages du grand public, métissé sur le plan socioculturel, si on n’est pas en mesure de lui offrir dans le cadre d’un festival international, un tant soit peu de grosses pointures, disposant d’un palmarès certain sur leurs cartes de visite. La gratuité des spectacles et leur déroulement sur différents sites en plein air, n’allaient donc rien changer au décor.

Bref, la présence d’un Lokua Kanza à Port-au-Prince a été salutaire et arrivait à point nommé pour les organisateurs. Et logiquement, cette voix de la chanson congolaise a dominé de toute sa classe et de tout son art, les manifestations de clôture du festival.

Au chant, à la guitare, accompagné de musiciens capables de se lancer dans des improvisations étourdissantes ou de transformer leurs bouches en percussions, Kanza a fait, en toute simplicité, une démonstration de maître. De la musique à rendre fous les instruments ou à revenir sur le tracé des frontières entre leur langage polyphonique et le nôtre, doublement articulé.

Le corps du chanteur participait autant que sa voix au spectacle.

Il ne ratait la moindre occasion de faire du public- malheureusement un peu clairsemé- un acteur dynamique ; allant jusqu’à trouver dans ses élans d’animateur hypercommunicatif, des interactions ponctuées de quelques expressions créoles « sa k pase ? n ap boule ».

Malgré certains spectacles tirés par les cheveux, des performances de théâtreux ne maîtrisant pas toujours la technicité des jeux de scène, le festival international du conte et de la chanson francophones a eu le mérite d’exposer aux regards et aux oreilles d’amateurs de musique, épris de beauté -même intuitivement- Lokua Kanza et son riche répertoire. Un des grands représentants de la nouvelle vague africaine, aux côtés de Papa Wemba, Baba Maal, Angélique Kidjo ou encore Youssou N’Dour.

Une véritable légion de créateurs, célèbres depuis un certain temps ou nouvelles coqueluches. Tous des valeurs sûres, hautement symboliques de la diversité culturelle.

Aujourd’hui, il faut tout simplement compter avec l’esthétique luxuriante, née de la faune musicale africaine.

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul