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Haïti-Justice-Criminalité

Le juge d’instruction en disponibilité Fritzner Fils-Aimé dénonce un attentat contre sa personne

Insinuations du magistrat concernant le journaliste Guyler C. Delva

Publié le vendredi 10 avril 2009

Le juge d’instruction Fritzner Fils-Aimé récemment mis en disponibilité pour corruption, a dénoncé jeudi un attentat contre sa personne perpétré la veille au soir par des inconnus devant sa résidence à Pernier (Pétion Ville, Est de Port-au-Prince).

Selon le magistrat, au moment où il s’apprêtait à franchir la barrière de sa résidence, au moins un individu qu’il dit avoir aperçu a ouvert le feu en sa direction. Trois projectiles ont atteint son véhicule et il dit avoir encore été dans le collimateur des agresseurs qui ont continué à lui tirer dessus alors qu’il tentait, au volant du véhicule, de sortir de leur champ.

Pour Fritzner Fils-Aimé, en charge jusqu’à sa mise en disponibilité du dossier de l’affaire Jean Dominique/Jean Claude Louissaint (assassinés à Radio Haïti le 3 avril 2000), cet incident pourrait être le signe des difficultés que lui avaient annoncées le responsable de la Commission d’appui aux enquêtes sur les cas de journalistes assassinés, Guyler C. Delva. Il affirme ne pas vouloir formellement accuser ce dernier. Cependant, il soutient que c’est Delva qui a eu à faire de drôles de déclarations et à lui proférer des menaces, au lendemain de sa mise à l’écart.

Selon Fritzner Fils-Aimé, le ministre de la justice, Me Jean Joseph Exumé et le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Manès Louis, auront des explications à donner sur l’agression dont il dit avoir été l’objet.

Le magistrat affirme toutefois ne pas nourrir l’intention de porter plainte contre ses agresseurs par-devant l’actuel chef du Parquet dont il conteste l’honnêteté et l’impartialité.

Il qualifie enfin d’arbitraire sa mise en disponibilité, estimant que le ministre de la justice ne dispose d’aucune preuve à l’appui des faits qui lui sont reprochés. Il croit plutôt que les mesures prises contre certains juges, dont lui-même, visent tout simplement à faire échec à l’enquête sur le dossier du narcotrafic de Port-de-Paix (Nord-Ouest).

Friztner Fils-Aimé croit également avoir été écarté parce que le ministre s’oppose à l’orientation de son rapport sur le dossier « Jean Dominique/Jean Claude Louissaint ».

Réagissant aux propos de Me Fils-Aimé, Guyler C. Delva condamne l’agression dont il dit avoir été l’objet, estimant qu’un juge, même corrompu, ne mérite pas la mort. Par contre, il estime qu’à la place du juge, au regard de ce qui s’est passé dans le dossier Dominique/Louissaint, il aurait honte.

En conclusion, Guyler C. Delva affirme ne pas écarter la possibilité que le juge soit en train de monter un dossier en vue de solliciter l’asile politique à l’étranger. [jmd/RK]

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul