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Haïti-Gouvernement-Interpellation
Un an après son arrivée à la Primature, Michèle Duvivier Pierre-Louis court le risque d’être poussée vers la sortie par Lespwa qui, du haut de sa majorité relative au Grand Corps, réclame des explications sur la politique du gouvernement et les 197 millions de dollars du fonds d’urgence post-cyclonique qui se seraient volatilisés
jeudi 22 octobre 2009,
A l’initiative de plusieurs élus de la plateforme au pouvoir Lespwa, le Sénat a décidé jeudi soir d’interpeller le 29 octobre (jeudi prochain) la Première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis sur la politique jugée insatisfaisante de son gouvernement désormais sous la menace d’un renvoi.
Une correspondance relative à la tenue de cette séance d’interpellation doit être acheminée incessamment à l’intéressée qui se trouve actuellement à Stockholm (Suède) où elle participe, jusqu’à samedi, aux Journées européennes du développement.
Selon le texte d’une résolution adoptée en séance à la surprise générale, le principal interpellateur est le nouveau Sénateur Wencesclass Lambert (Lespwa/Sud-Est), jeune frère de l’ex-président du Sénat, Joseph Lambert. Sa démarche bénéficie du soutien de trois autres représentants de Lespwa, Jean Hector Anacacis (Ouest), John Joël Joseph (Ouest) et Moïse Jean-Charles (Nord) ainsi que de deux alliés Judnel Jean (Fusion/Nord-Est) et Yvon Bissereth (Fanmi Lavalas/Sud).
Parmi les motifs de l’interpellation, figure le dossier des 197 millions de dollars qui avaient été affectés à un fonds d’urgence pour des interventions diverses en faveur de la population au lendemain du passage dévastateur, en 2008, de quatre ouragans et tempêtes tropicales. Pris en tenaille par des parlementaires qui ont continuellement dénoncé le détournement présumé de ces fonds provenant de l’accord énergétique Petrocaribe conclu avec le Venezuela, Michèle Pierre-Louis et ses ministres ont toujours eu du mal à justifier les dépenses.
Seule une ébauche de rapport financier a été fournie, un an après l’utilisation des 197 millions de dollars.
Cependant, pour des raisons restées jusque là inexpliquées et autres que celles apparentes d’une volonté de mener la vie dure à la corruption, la nouvelle majorité présidentielle au Sénat, issue des élections controversées du 21 juin, serait, selon certaines informations, très remontée contre le gouvernement et surtout son chef.
Pluiseurs ministres du gouvernement Préval/Pierre-Louis, Daniel Dorsainvil (finances), Jean-Max Bellerive (coopération externe) et Jean Joseph Exumé (justice), ont échappé, ces derniers mois, à des tentatives d’interpellation.
Conformément à la constitution, l’interpellation du 29 octobre devra déboucher sur le renvoi ou le maintien de l’ensemble du cabinet ministériel, selon qu’il s’agira d’un vote de confiance ou de censure.
En avril 2008, le Sénat avait fait tomber le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis alors cloué au pilori pour sa gestion catastrophique d’une brutale contraction socioéconomique à l’origine d’émeutes de la faim meurtrières et de plusieurs journées de chaos dans différentes régions du pays. spp/Radio Kiskeya