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Haïti-Politique

Interpellation du chef du gouvernement : les sénateurs interpellateurs apparemment "invariables", en dépit d’une adresse à la nation de Mme Michèle Pierre Louis

A ce stade, plus question d’audit, déclare le sénateur Yvon Buissereth (Lavalas)


Les sénateurs interpellateurs seraient toujours disposés à adopter jeudi une motion de censure à l’encontre de la première ministre Michèle Duvivier Pierre Louis si elle ne répond pas de façon satisfaisante aux questions qui lui seront posées.

Le sénateur Yvon Buissereth (Sud, Lavalas) qui s’est exprimé mardi en ces termes au nom de ses collègues, a rejeté l’idée d’un audit de la gestion du fond d’urgence de 197 millions de dollars émise par le chef du gouvernement. Il n’est plus question de cela, déclare-t-il. Elle devra venir s’expliquer au Sénat ou démissionner, a-t-il ajouté.

Le sénateur a fait vibrer la corde nationaliste à une question d’un journaliste sur les pressions exercées par des « pays amis » d’Haïti pour que la première ministre ne soit pas renvoyée. « Nous sommes un pays souverain, nous ne recevrons de diktat de personne », a-t-il solennellement déclaré.

Pour Buissereth, Mme Pierre Louis n’ayant pas élue, mais ratifiée par le Parlement, celui-ci peut à tout moment la renvoyer.

Intervenant mardi dans le débat après un mutisme inhabituel, le sénateur de la Grande Anse, Andris Riché (OPL), prévient que le « coup » ne passera. Il assure en ce sens que les interpellateurs ne disposent pas effectivement de la majorité requise pour renvoyer le gouvernement et qu’ils vont être surpris d’un tel fait lors de la séance.

« Indécente et inacceptable, la démarche des sénateurs de LESPWA (Plate forme politique ayant porté René Préval au pouvoir en 2006) et leurs alliés de projeter le renversement du gouvernement à ce moment crucial de la vie nationale », s’est exclamé Andris Riché. Il importe que tous les gens sérieux de ce pays se soulèvent afin de faire échec à une telle entreprise, a-t-il ajouté.

Les députés Jean Marcel Lumérant et Cholzer Chancy croient eux aussi inopportun de renvoyer le gouvernement. La ratification d’un premier ministre par une chambre convoquée à l’extraordinaire sur un menu déterminé, est tout à fait impossible, a conclu Lumérant.

Des dirigeants politiques, tels Victor Benoît (Fusion) et Evans Paul (KID) ont exprimé mardi leur refus de prendre position en faveur de l’un ou de l’autre des 2 camps de la même famille politique qui s’affrontent. Ce ne sont pas, de plus, les intérêts du pays qui sont au centre de ce conflit, déclarent-ils.

D’autres réactions venant de divers secteurs ont été enregistrées mardi concernant l’interpellation du chef du gouvernement. [jmd/Radio Kiskeya]