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Haïti-Primature-Transition

Discours d’adieu de la Première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis

Sans faire de bilan, ni rappeler les circonstances de sa brutale sortie de la scène du pouvoir, elle a laissé à l’opinion publique et à l’histoire un discours suggestif, plein de non-dits et de silences qui en disent long sur l’univers politique haïtien et tout ce qu’il recèle de choses insoupçonnables


Il y a un peu plus d’un an, j’étais ici, dans cet espace politique qu’est le Palais National, prête à assumer mes responsabilités de chef de Gouvernement. A ce moment, j’étais assise à la droite du Président de la République, j’entrais. Aujourd’hui, je suis à sa gauche, je pars. Je m’en vais vers d’autres chemins, d’autres horizons, emportant avec moi les leçons apprises de l’exercice du pouvoir en Haïti.

Je ne rappellerai pas les circonstances de mon entrée en fonction, je l’ai déjà fait. Je ne m’étendrai pas non plus sur celles de mon départ. Ce n’est pas nécessaire. Je dirai seulement que tous ceux et toutes celles qui veulent bien regarder, verront que la situation du pays aujourd’hui, au moment où je quitte mes fonctions, est malgré tout bien meilleure que celle qui prévalaient il y a quatorze mois. Les chiffres et les résultats sont là pour témoigner du travail accompli et ce malgré les chocs internes et externes dont nous ressentons encore les effets. Bien sûr il y a encore tant à faire que l’on oublie souvent d’où on est parti.

J’ai également dit que j’avais accepté d’être à ce poste pour servir mon pays. Pour tenter de construire une confiance entre les citoyens et l’Etat. Car il y a dans notre pays une citoyenneté qui se cherche. Constamment contrariée, elle n’arrive pas encore à trouver son ancrage dans un vivre-ensemble qui serait porteur d’émancipation et de mieux-être. Il faut pourtant continuer à aller vers la population, à être à l’écoute de ce qu’elle dit, à être en phase avec ses pulsions citoyennes et son rêve d’un pays autre.

Je vous laisse avec les mots du poète :

« … La grandeur surgit telle une résistance à la douleur, à la pauvreté, à la faiblesse, à la passion, à mille obstacles… »

Je vous remercie.

P.S Discours prononcé au Palais National (siège de la Présidence) à Port-au-Prince, le mercredi 11 novembre, lors de l’investiture du nouveau Premier ministre, Jean-Max Bellerive.