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Haïti-ONU

Conférence de presse du 7 janvier 2010 de la MINUSTAH

Publié le vendredi 8 janvier 2010

CONFERENCE DE PRESSE DE MONSIEUR HEDI ANNABI,
REPRESENTANT SPECIAL DU SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES.

Jeudi 07 janvier 2010
INTERVENTION DU PORTE-PAROLE PAR INTERIM DE LA MINUSTAH, VINCENZO PUGLIESE

Chers amis de la presse,

Bonjour à tous et bienvenue à la première conférence de presse de la MINUSTAH pour l’année 2010. Déjà, je vous souhaite Bonne Année dans cette salle où nous avons toujours le plaisir de vous accueillir et espérons vous revoir souvent.

Comme invité aujourd’hui, nous avons le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti et Chef de la MINUSTAH, M. Hédi Annabi, qui vous adressera ses propos à l’occasion de la nouvelle année, en faisant un bilan de l’année 2009 et en dégageant des perspectives pour 2010.

Avant de passer la parole à M. Annabi, je vous demanderais de bien vouloir éteindre vos téléphones portables.

M. Annabi, vous avez la parole.

INTERVENTION DU REPRESENTANT SPECIAL DU SECRETAIRE GENERAL, HEDI ANNABI

1. Je voudrais tout d’abord, au seuil de cette nouvelle année et de cette nouvelle décennie, vous présenter, chers amis de la presse, mes meilleurs vœux. Je voudrais également adresser, à travers vous, mes vœux les plus sincères à tous les Haïtiens et à toutes les Haïtiennes et, en particulier, aux plus défavorisés. J’espère de tout cœur que les conditions de vie des plus démunis pourront s’améliorer au cours de l’année 2010.

2. Le début de l’année constitue un moment propice pour faire le point sur le travail réalisé pendant les douze derniers mois. Je dirai également quelques mots sur les perspectives d’avenir et sur ce que nous espérons pouvoir accomplir au cours de cette nouvelle année, en appui au travail de nos amis et partenaires haïtiens.

3. Il y a un an, nous avions abordé l’année 2009 dans un contexte national et international particulièrement difficile, qui faisait craindre le pire. En effet, au mois de janvier 2009, le pays tentait encore de se relever des conséquences tragiques d’une série d’ouragans et de tempêtes tropicales qui l’avaient frappé en août et septembre 2008. Des routes et des ponts avaient été détruits par les inondations, des populations sinistrées ou déplacées, et de très nombreux citoyens étaient menacés d’une nouvelle détérioration de leurs conditions de vie, déjà très difficiles.

4. Pourtant, l’année qui vient de s’écouler a été marquée par des résultats relativement encourageants.

5. Sur le plan économique et social, Haïti a réussi, en dépit d’une conjoncture nationale et internationale difficile, à éviter la récession qui a affecté tant d’autres pays, et à obtenir un taux de croissance de son Produit Intérieur Brut (PIB) de près de 2,5 %- ce qui place Haïti, me dit-on, en deuxième position par rapport à l’ensemble de la région. Haïti a également obtenu, au cours de l’année 2009, un allègement de sa dette de 1, 2 milliards de dollars vis-à-vis de ses partenaires financiers internationaux et d’une annulation de ses dettes vis-à-vis de certains de ses principaux partenaires bilatéraux.

6. Par ailleurs, l’année 2009 s’est traduite par une augmentation substantielle de la production agricole, ce qui a permis de commencer à réduire l’insécurité alimentaire. Le Gouvernement a également poursuivi les efforts considérables qu’il a entrepris pour améliorer les infrastructures, notamment les routes et les ponts.

7. La nomination du Président Bill Clinton en mai 2009 comme Envoyé spécial de l’ONU et le travail qu’il a entrepris, pour changer l’image d’Haïti et convaincre les pays donateurs et les investisseurs privés de faire un effort supplémentaire, a permis de mettre en valeur le potentiel économique du pays. La présence d’un nombre sans précédent d’investisseurs à Port-au-Prince, à l’occasion de la réunion qu’il a organisée en collaboration avec la Banque Interaméricaine de Développent (BID), au mois d’octobre dernier, a également suscité un nouvel optimisme au sujet de l’avenir d’Haïti. Nous avons d’ailleurs pu observer en 2009, la réalisation de nouveaux investissements dans divers domaines.

8. Enfin, selon certaines prévisions, le taux de croissance du PIB pourrait atteindre 3,5 à 4 % en 2010, et les perspectives macro-économiques pour les années suivantes sont, en l’état actuel des choses, plutôt bonnes, voire prometteuses. Cette nouvelle décennie débute donc sur une note d’espoir, et elle pourrait se traduire par un nouvel essor de l’économie haïtienne, qui ne manquerait pas d’avoir des effets bénéfiques sur le plan des services sociaux de base et de réduire les souffrances des plus défavorisés.

9. Cependant, ces perspectives prometteuses ne pourront se matérialiser pleinement que si la stabilité politique et la sécurité peuvent être maintenues et si le Gouvernement poursuit résolument la mise en œuvre des plans de réformes institutionnelles adoptés en 2006 et 2007, notamment en ce qui concerne le renforcement de l’Etat de droit et la lutte contre la corruption.

Où en sommes-nous dans ces différents domaines ?

10. Sur le plan politique, contrairement à ce qui s’était passé en 2008, Haïti n’a pas connu en 2009 de crise politique majeure. Il y a certes eu, en novembre dernier, un changement de Gouvernement que beaucoup n’attendait pas. Mais l’installation rapide d’un nouveau Gouvernement, sous la direction du Premier Ministre Bellerive, a permis de rassurer les partenaires internationaux d’Haïti et les investisseurs potentiels. Je suis convaincu que le maintien et le renforcement de la stabilité en 2010 constituent une aspiration profonde de la plupart des haïtiens et des haïtiennes.

11. La stabilité politique passe par un dialogue sincère entre tous les secteurs de la société haïtienne et par le bon fonctionnement des institutions, y compris l’instauration d’une collaboration constructive entre les pouvoirs Exécutif et Législatif. C’est ainsi que les décisions et les lois permettant de répondre aux besoins de la population et de créer un environnement véritablement propice aux investissements, pourront être adoptées sans délais inutiles.

12. Les élections législatives et présidentielles constitueront cependant un défi majeur de l’année 2010. Ces élections revêtent une importance capitale pour l’avenir du processus démocratique en Haïti et pour la consolidation de la stabilité : leur réussite permettrait au pays d’entrer dans un cercle vertueux où la stabilité et le développement se renforceront mutuellement. Leur échec contribuerait à aggraver la méfiance et la suspicion et pourrait mettre en cause les progrès accomplis au cours des 4 dernières années.

13. Il est donc essentiel que ces élections soient honnêtes et transparentes et qu’elles traduisent la volonté du peuple haïtien, librement exprimée dans les urnes. En Haïti, comme dans d’autres pays, ceci n’est pas quelque chose qui est toujours acquis d’avance. La réussite des élections ne dépend pas seulement du CEP qui doit, bien entendu, s’acquitter honorablement des responsabilités importantes qui lui ont été confiées. Elle exige également le plein engagement de tous les acteurs politiques concernés, de la société civile et de tous les citoyens, qui devront chacun apporter leur contribution.

14. La réussite des élections est donc une responsabilité collective. Elle nécessite un dialogue franc et ouvert, afin d’éliminer la méfiance et de rétablir la confiance. Elle nécessite également que tous les acteurs fassent preuve de vigilance, afin que les débordements ou les abus éventuels soient détectés, corrigés et, si nécessaire, sanctionnés, comme cela a été le cas pour le Département du Centre.

15. La MINUSTAH continuera, pour sa part, à fournir un appui logistique et sécuritaire au processus électoral, conformément au mandat qui lui a été confié par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Elle contribuera ainsi, en collaboration avec les bailleurs de fonds et le PNUD, à créer les conditions techniques d’une bonne élection : le reste appartient aux Haïtiens.

16. Dans le domaine de la sécurité, grâce à une étroite collaboration entre la Police Nationale d’Haïti (PNH) et la MINUSTAH, plusieurs activités criminelles ont connu un déclin au cours des douze derniers mois. C’est le cas, en particulier, pour les kidnappings. Nous nous félicitons de constater que les opérations et patrouilles conjointes PNH/MINUSTAH ont permis de contenir la bouffée de violence qui menaçait, au début du mois de décembre, de perturber les fêtes de fin d’année.

17. Au cours de l’année 2009, la police haïtienne a vu ses effectifs se renforcer avec la formation de 1.200 nouveaux agents. Certains pays donateurs ont également apporté un soutien précieux, notamment avec la fourniture d’équipements indispensables, et en contribuant au financement des infrastructures nécessaires au développement de la PNH.

18. Il faudra, pendant les mois à venir, poursuivre les efforts engagés pour obtenir une réduction supplémentaire de la criminalité et renforcer le sentiment de sécurité des populations, non seulement dans les zones urbaines, mais également dans les zones rurales et dans les régions frontalières. Il faudra également démarrer au plus tôt la formation d’une nouvelle promotion d’officiers de police, afin qu’ils puissent ensuite être déployés en province, où leurs effectifs restent insuffisants.

19. La MINUSTAH continuera, quant à elle, à apporter une assistance technique et opérationnelle au développement et au renforcement de la PNH, l’objectif ultime étant, bien entendu, de la doter dès que possible de la capacité d’assurer seule les fonctions de maintien de l’ordre sur l’ensemble du territoire national. L’appui des partenaires internationaux sera aussi essentiel pour s’assurer que les agents de la PNH bénéficient des infrastructures et des équipements dont ils ont besoin pour faire leur travail.

20. S’agissant du renforcement des autres institutions étatiques nous avons assisté, au cours du premier trimestre 2009, à la réouverture de l’Ecole de la Magistrature. Comme vous le savez, sans doute, l’Ecole était fermée depuis plus de cinq ans. Nous nous félicitons de la décision des Autorités haïtiennes d’assurer, au cours des prochaines semaines, le démarrage de la formation initiale d’une nouvelle génération de magistrats.

21. Nous espérons que l’amélioration des infrastructures carcérales se poursuivra en 2010 et que de nouveaux officiers des services pénitentiaires seront formés au cours des prochains mois. Une nouvelle prison, actuellement en construction à la Croix des Bouquets, devrait également être inaugurée au printemps 2010. Par ailleurs, des progrès tangibles ont été réalisés en 2009 dans le cadre du programme de gestion des frontières. Ces progrès ont permis de renforcer le contrôle des frontières terrestres et maritimes et d’augmenter les recettes douanières.

22. Les Autorités haïtiennes ont souligné récemment que la réforme de la Justice constituerait une de leurs priorités en 2010. Ce secteur mérite une attention particulière car la crédibilité et l’indépendance du système judiciaire constituent en effet une des dimensions de la stabilité et un facteur d’encouragement important pour les investissements dont le pays a tant besoin pour assurer la relance de son économie.

23. Dans ce contexte, la nomination du Président de la Cour de Cassation et des autres juges de la Cour dont les postes sont, ou pourraient devenir vacants, ainsi que la mise en place du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) et le lancement du processus de certification du personnel de la PNH, permettront d’illustrer la volonté politique des Autorités haïtiennes de faire avancer le processus de réforme et de renforcement de l’Etat de droit.

24. Pour conclure, on peut dire que l’année 2009 n’a pas été une mauvaise année pour Haïti. Certes les résultats obtenus restent insuffisants pour améliorer, dans l’immédiat, le sort des plus démunis et de nombreux défis devront être relevés en 2010 pour consolider la stabilité et réunir les conditions d’un développement économique et social durable.

25. Je suis pourtant convaincu que ces obstacles peuvent être surmontés et que la promesse d’un avenir meilleur pour Haïti n’est pas vaine si tous les haïtiens, et toutes les haïtiennes, s’engagent résolument dans la voie du dialogue, de l’entente et de la coopération, et s’ils tournent le dos au doute, à la méfiance et à la suspicion.

26. Haïti est aujourd’hui à un moment décisif de son histoire. On a vu se profiler à l’horizon, en 2009, l’espoir d’un nouveau départ. Il appartient aux haïtiens, et aux haïtiens seuls, de transformer cet espoir en réalité, en travaillant ensemble au service des intérêts supérieurs de leur pays.

27. La MINUSTAH, le système des Nations Unies et la communauté internationale continueront, en 2010, à appuyer et à accompagner ces efforts. Mais le progrès en Haïti ne peut être conduit ou dicté par l’international. Il revient aux haïtiens de prendre en charge leur propre destin. Ils honoreront ainsi la mémoire des fondateurs de la patrie qui se sont sacrifiés pour que leur peuple haïtien puisse vivre dans la liberté, la justice et le respect de la dignité humaine.

28. Je vous remercie et je suis maintenant prêt à répondre à vos questions. Mèsi anpil e Meyè ve pou tout moun pou 2010.

QUESTION / REPONSES

1-Les élections dominent l’actualité aujourd’hui et on a l’impression qu’il y a un flou dans l’organisation de ces élections. D’un côté, il y a certains partis politiques qui contestent les conseillers électoraux, d’un autre côté, le processus semble avancer. Des parlementaires demandent au Président de la République d’intervenir pour essayer de rendre les choses plus claires au niveau du processus. Vous suivez l’actualité comme nous, comment comprenez-vous l’avancement du processus ? Et où est-ce qu’on en est concernant l’apport financier des bailleurs internationaux ?

SRSG : Je crois que c’est une bonne question. Effectivement, la question des élections domine l’actualité, comme vous l’avez dit très justement. A l’heure qu’il est, le calendrier électoral est respecté. Le calendrier est serré. Pour l’instant, les préparatifs avancent et je pense qu’en l’absence d’un dérapage majeur, les élections pourront se tenir comme prévu, le 28 février, pour l’ensemble du pays, à l’exception du département du Centre où, comme vous le savez, le premier tour aura lieu le 3 mars. Pour l’instant donc le processus avance et les préparatifs sont à jour. En l’absence encore une fois d’un dérapage sérieux, je pense que les élections auront effectivement lieu le 28 février. Alors, il y a beaucoup de contestations, d’interrogations, de doutes et il n’y a pas 36 méthodes. Je pense que la meilleure méthode pour gérer ces problèmes, c’est, d’une part, le dialogue. Je ne connais pas de meilleure méthode pour résoudre les problèmes que le dialogue et, par ailleurs, la vigilance. Je crois que le dialogue peut permettre de résoudre certains problèmes, de créer une certaine confiance, mais en même temps, il faut que tout le monde joue son rôle, il faut que tout le monde soit vigilant comme je l’ai dit tout à l’heure. C’est une responsabilité collective où chacun a son rôle à jouer : le CEP, les autorités et les partis politiques. Tout le monde a son rôle à jouer pour que ces élections se tiennent dans de bonnes conditions. Si tout le monde joue le rôle qui lui revient, je pense qu’il sera possible de tenir les élections dans des conditions acceptables.

En ce qui concerne le financement, il est vrai que les bailleurs de fonds n’ont pas encore annoncé publiquement leurs contributions, mais je sais qu’ils vont contribuer et je suis confiant, suffisamment confiant, pour pouvoir vous dire que je pense que ces contributions seront substantielles, même si elles s’avèrent en définitive peut-être inférieures à ce que tout le monde espérait. Je pense qu’elles seront néanmoins très substantielles.

2- Vous formez le vœu que des élections démocratiques, honnêtes et crédibles soient organisées dans le pays cette année. Est-ce que cela sous-entend que la réussite de ces élections contribuera à une stabilité dans le pays tout en permettant un retrait partiel des troupes de la MINUSTAH comme c’est le vœu d’un certain nombre de gens dans le pays. Ce que le Président de la République avait d’ailleurs évoqué dans son discours le 17 octobre 2009, à Marchand Dessalines ?

SRSG : Effectivement, comme je l’ai dit, je pense que des élections réussies permettront de consolider la stabilité, de renforcer la stabilité. Le retrait de la MINUSTAH est quelque chose qui n’est pas seulement lié à la tenue des élections. Il est lié également à la capacité de la police nationale haïtienne à assurer seule la sécurité et le maintien de l’ordre dans l’ensemble du pays. Comme vous le savez, notre objectif c’est que tout ce processus, qu’il s’agisse des élections, qu’il s’agisse de la Police nationale ou des autres institutions, notre souhait c’est que toutes ces institutions puissent se développer et se renforcer aussi rapidement que possible de façon à ce que nous puissions atteindre une situation où la MINUSTAH pourra effectivement commencer à partir. Et comme je l’ai déjà dit assez souvent, notre objectif c’est de partir le plus rapidement possible, mais sans avoir à revenir.

3- Certains secteurs politiques craignent la façon dont le CEP conduit le processus électoral. Est-ce qu’on ne devrait pas avoir peur d’un problème de légitimité des résultats des élections et d’une crise post-électorale ?

SRSG : Je lis les journaux et j’écoute la radio comme vous. Donc je suis au courant de ces débats. Je crois qu’il faut que toutes les parties concernées travaillent dans la transparence, qu’il y ait un dialogue régulier entre tous les acteurs concernés, pour que tout le monde comprenne bien ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, pourquoi cela ne se fait pas, comment cela se fait…etc. Je crois que s’il y a un vrai dialogue ouvert, il sera possible de rassurer tout le monde. Mais, en même temps, comme je l’ai dit, il faut que tout le monde fasse preuve de vigilance, car ici comme dans d’autres pays, on a parfois des situations où les gens essaient de tricher quand ils pensent que c’est possible. Donc, il faut que tout le monde soit vigilant et si tout le monde est vigilant, si tout le monde joue le rôle qui lui revient : les partis politiques, les membres des bureaux de vote, les mandataires, les superviseurs, les observateurs...Si toutes les parties impliquées jouent leur partition, jouent leur rôle, je pense qu’il sera possible d’éviter ces problèmes. Si tout le monde est là, si tout le monde voit la même chose, c’est beaucoup plus difficile d’avoir des élections truquées.

4- Il y a des partis qui se retirent de la course pour manque de confiance dans le processus. N’est-il pas trop tard d’entamer un dialogue ou alors est-ce qu’on doit suspendre le processus pour remettre les pendules à l’heure afin d’éviter une crise post-électorale ? Et dans ce cas, est-ce que la MINUSTAH ne peut pas aider à prévenir une telle crise ?

SRSG : Je n’ai pas connaissance, ou alors c’est un scoop aujourd’hui, que des partis aient décidé de se retirer. Je les ai entendus dire qu’ils n’aiment pas l’arbitre mais qu’ils vont quand même jouer le match. Effectivement, les élections, cela se fait avec la participation des uns et des autres. Donc, encore une fois, il faut que tout le monde s’engage, s’implique, que tout le monde joue le rôle qu’il doit jouer. Si chacun prend ses responsabilités, si chacun assume ses responsabilités, je pense qu’il est possible de régler ces problèmes. Il n’y a pas de problèmes qui ne puissent pas être réglés si on est prêt à dialoguer et si on a la volonté de tenir ces élections qui vont avoir une grande importance pour l’avenir du processus démocratique dans ce pays.

Question 5 : Des représentants d’organismes de défense des droits humains du Canada et des Etats-Unis qui étaient en visite en Haïti ont noté des cas de violations des droits de l’homme commis par des soldats de la MINUSTAH sur la population. Ils ont annoncé qu’ils vont demander au Conseil de sécurité des Nations Unies de revoir le mandat de la MINUSTAH. Est-ce que vous êtes au courant de ces cas de violations des droits humains ? Si oui, qu’allez-vous faire ?

SRSG : J’avoue que je ne sais pas qui sont ces représentants d’organisations de droits de l’homme. Ils n’ont pas cherché à nous contacter. J’ai entendu leur déclaration. Il serait utile d’avoir des éléments d’information plus précis sur leurs allégations de façon à ce qu’on puisse les examiner. Ce que je peux vous dire, c’est que chaque fois qu’il y a une allégation, un tant soit peu crédible, nous procédons à une investigation. Ce sont les règles des Nations Unies qui l’exigent. Car, nous ne sommes pas ici pour violer les droits de qui que ce soit. Nous sommes ici pour servir, pour aider à la stabilisation du pays et créer les conditions d’une relance de l’économie. Et donc, chaque fois qu’il y a des abus ou des allégations d’abus, il y a une investigation. Et chaque fois que l’investigation confirme qu’il y a eu violation des règles en vigueur, nous prenons les mesures disciplinaires nécessaires. Et je peux vous renouveler cet engagement aujourd’hui.

Question 5 : Vous dites que la MINUSTAH va participer à l’entourage de ces élections sur le plan matériel et sécuritaire. Pouvez-vous développer un peu plus, à savoir comment la MINUSTAH va aider à la bonne tenue de ces élections ?

SRSG : Notre mandat est simple. Nous apportons un appui logistique et sécuritaire, c’est-à-dire que nous allons déployer le personnel nécessaire pour aider à la distribution du matériel électoral dans l’ensemble du pays. Plus de 1,540 centres de vote et près de 10,000 bureaux de vote. Donc, nous aidons à la distribution du matériel électoral. Nous récupérons ensuite le matériel électoral après le vote pour le ramener à Port-au-Prince et le remettre au centre de tabulation. Et donc nous assurons toute la logistique, ce qui est une très lourde opération ; et nous assurons également la sécurité. Donc, nous déploierons du personnel de police et du personnel militaire dans l’ensemble du pays. Nous ne pourrons pas être physiquement présents partout, tout le temps, mais nous essaierons d’être aussi présents que possible avec les effectifs à notre disposition, pour créer un environnement dans lequel les gens peuvent aller voter librement et exercer leur choix. Et bien entendu, le personnel qui sera déployé sera autorisé à intervenir chaque fois qu’il y aura des situations où des gens cherchent à perturber le processus électoral.

Question 6 : M. Annabi, nous sommes à moins de 19 jours de l’ouverture officielle de la campagne électorale. Jusqu’ici les bailleurs de fonds ne se sont pas encore manifestés. A votre avis, ne s’agit-il pas d’une réticence au niveau de la communauté internationale à financer les élections, tenant compte des doutes qui persistent sur la crédibilité du Conseil électoral provisoire ? Merci.

SRSG : Je me garderais de spéculer sur les raisons du retard dans l’annonce des contributions. Je crois qu’il faut poser la question aux bailleurs de fonds concernés. Je suis sûr qu’ils vous donneront la réponse. En ce qui me concerne, ce que je peux vous dire sur la base de mes contacts avec eux, c’est que des contributions seront annoncées. C’est vrai que nous sommes en retard dans ce domaine. Mais je pense que les contributions vont être annoncées prochainement et je pense qu’elles seront, encore une fois, substantielles, en appui bien entendu aux fonds dégagés par le gouvernement haïtien pour ce processus.