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Haïti-Kidnapping-Séisme
Retrouvées "saines et sauves", les deux européennes sont les premières victimes du kidnapping depuis le tremblement de terre du 12 janvier
jeudi 11 mars 2010,
Deux européennes, travaillant pour l’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF), ont été remises en liberté jeudi une semaine après leur enlèvement en pleine rue à Pétion-Ville (banlieue est de Port-au-Prince).
Il s’agit du premier cas de rapt en général, et en particulier de celui de travailleurs humanitaires étrangers, enregistré depuis le terrible séisme du 12 janvier ayant dévasté Haïti.
"Le soulagement est immense", a indiqué un porte-parole de MSF, Michel Peremans, joint par l’AFP, ajoutant que les deux femmes sont "saines et sauves".
Evitant de révéler leur nationalité et leur identité, M. Peremans a assuré qu’en dépit de cet incident l’ONG souhaitait "continuer à travailler ici en Haïti".
"On va revoir comment on peut travailler dans le pays", a-t-il poursuivi en insistant sur l’importance capitale que revêt aux yeux de MSF la sécurité de son personnel.
Aucune information n’était disponible jeudi soir sur le versement ou non d’une rançon aux kidnappeurs.
Le porte-parole de Médecins sans frontières s’est contenté de déclarer que l’enlèvement des deux femmes avait été tenu secret afin de ne pas "compliquer" les négociations ayant précédé leur libération. "Ce n’est pas notre politique de payer de rançons", a toutefois conclu Michel Peremans.
La Télévision suisse romande (TSR) informe que l’une des deux ex-otages est de nationalité belge et l’autre tchèque. Des hommes armés les avaient interceptées vendredi dernier en compagnie de leur chauffeur alors qu’ensemble ils circulaient en voiture à Pétion-Ville.
Rapidement libéré, le chauffeur avait alerté les autorités et précisé que les ravisseurs avaient exigé une rançon, selon la télévision helvétique.
La mésaventure des deux travailleuses humanitaires risque de freiner ou de ralentir l’élan des ONG omniprésentes depuis le début de la crise, parmi elles Médecins sans frontières. Etablie depuis des années en Haïti, MSF a considérablement renforcé ses effectifs face à l’ampleur de la catastrophe qui a officiellement fait plus de 220.000 morts, 300.000 blessés et 1,2 million de sans-abri.
400 expatriés de l’organisation humanitaire internationale sont actuellement déployés dans le pays aux côtés de 3.000 employés locaux.
La mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (MINUSTAH)) a indiqué n’avoir pas été informée de la prise d’otages de Pétion-Ville.
David Wimhurst, porte-parole de la mission, appelle à ne pas "exagérer" la menace posée par les enlèvements.
Pour sa part, Fred Blaise, porte-parole de la UNPOL, la composante policière de la MINUSTAH, affirme que seuls quatre cas d’enlèvement ont été recensés depuis le début de l’année.
Il a, par ailleurs, confirmé la capture de plus de 200 des quelque 4 à 5.000 fugitifs qui s’étaient évadés de la prison civile de Port-au-Prince (Pénitencier National), lors du séisme.
Appartenant à des bandes criminelles en voie de reconstitution, de nombreux évadés sont inscrits sur la liste des bandits les plus redoutés des autorités policières. spp/Radio Kiskeya