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Le rapport du Département d’Etat américain sur la corruption dans les instances de pouvoir en Haïti reflète la réalité, selon le sénateur Youri Latortue

Soutenir le contraire comme le fait le président Préval c’est encourager les corrompus, a déclaré le parlementaire

Publié le mardi 16 mars 2010

Le sénateur Youri Latortue (Artibonite, AAA) a pris mardi le contre-pied du président René Préval concernant l’inexistence de la corruption au sein du gouvernement.

« Soutenir une telle position équivaut à encourager les corrompus », a déclaré le parlementaire. La corruption existe bel et bien au sein du gouvernement, précise-t-il. Il donne en exemple le dossier de la drogue de Port-de-Paix (Nord-Ouest, fin 2008), la gestion douteuse des 197 millions de dollars de fonds d’urgence en 2009, le dossier des engrais de l’Artibonite.

Youri Latortue dénonce aussi le fait que rien n’a été fait dans le sens du renforcement des institutions chargées de la lutte contre la corruption (référence, entre autres, à l’Unité de lutte contre la corruption, ULCC ; l’Unité centrale de renseignements financiers, UCREF ; l’Inspection générale des finances, la Commission nationale de passation des marchés publics dont le président, Robert Marcello, a mystérieusement disparu, etc…).

Sur un autre plan, le sénateur Latortue a critiqué le fait par le chef de l’Etat de n’avoir jamais nommé le président de la Cour de Cassation (la plus haute instance judiciaire du pays). Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) appelé à consacrer l’indépendance réelle du pouvoir judiciaire n’a jamais été nommé, dénonce-t-il.

Fort de tous ces éléments, le sénateur Youri Latortue estime que le rapport du Département d’Etat américain reflète tout simplement la réalité.

Au sujet du rapport des consultations politiques réalisées par la Commission des affaires politiques du Sénat qu’il préside, le parlementaire déclare encore attendre la réponse du chef de l’Etat à la demande qui lui a été faite de recevoir la commission et de prendre connaissance du contenu du rapport. « S’il ne le fait pas avant la réunion du 31 mars à New York avec les bailleurs de fonds, le président de la République n’aura fait que présenter son plan personnel de reconstruction, alors que la commission a déjà réalisé un travail à ce sujet », a conclu M. Latortue. [jmd/Radio Kiskeya]