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Bill Clinton : la présence internationale nécessaire en Haïti pour "éviter le chaos"

Pas trop inquiet de la menace que pourrait représenter la corruption pour le processus de reconstruction, mais soucieux de la nécessité d’une "vigilance soutenue", l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU voit en Haïti un potentiel de risques de violence criminelle incontrôlée semblable à celle à laquelle se livrent les cartels de drogue mexicains

Publié le samedi 17 avril 2010

L’émissaire spécial de l’ONU pour Haïti et ancien Président des Etats-Unis, Bill Clinton, a averti samedi que la communauté internationale pourrait devoir à l’avenir faire face au "terrible chaos" qui menace de s’emparer du pays si elle ne reste pas impliquée dans la gestion post-séisme.

Selon une dépêche d’AP, l’ex-chef de la Maison Blanche, qui répondait à des journalistes lors d’une rencontre de sa fondation, la Clinton Global Initiative, à l’Université de Miami, a par ailleurs minimisé la thèse selon laquelle la corruption pourrait mettre en péril la reconstruction d’Haïti tout en mettant en garde contre "l’autocomplaisance".

Haïti a aujourd’hui la meilleure chance qu’elle n’a jamais eue depuis des décennies de devenir une nation autonome, a assuré Bill Clinton.

Toutefois, il estime qu’au cas où la communauté internationale serait tenue à l’écart "Haïti tombera dans une spirale de violence" semblable à la terreur instaurée par des gangs rivaux de narcotrafiquants dans le nord-ouest du Mexique.

"Nous savons que quelque chose est certain. S’ils (les haïtiens) trouvent agréable la lutte armée qui se livre dans le nord-ouest du Mexique alors ils seront contents d’avoir ça en Haïti d’ici les dix prochaines années", a répété l’envoyé spécial de l’ONU avant de renchérir "si c’est cela qui les fait rêver, cet horrible chaos de Monterrey jusqu’à la frontière, alors ils vont adorer Haïti si elle s’aligne sur ce modèle".

Bill Clinton, qui avoue une fois de plus éprouver une sympathie particulière pour le peuple haïtien, se dit confiant quant à la reconstruction du pays.

"J’ai 63 ans, vous croyez que je m’engagerais à travailler là-bas au cours des cinq prochaines années de ma vie si c’était une cause perdue ?, a-t-il demandé aux journalistes qui l’interviewaient.

Enfin, l’ancien Président appelle à une vigilance continue concernant la gestion des fonds promis par la communauté internationale dans le cadre du processus de reconstruction du pays ravagé le 12 janvier par un puissant séisme de magnitude 7,3. C’est une façon de "nous responsabiliser", a-t-il affirmé en référence à l’enveloppe de 9,9 milliards de dollars prévue pour les trois prochaines années, dont 5,3 milliards au cours des 18 mois à venir.

L’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a adressé cette semaine, conjointement avec un autre ancien Président, George W. Bush, une lettre au Congrès américain en vue d’obtenir l’extension jusqu’à 2025 de la loi HOPE qui permet l’exportation vers les Etats-Unis sans frais de douane des produits textiles fabriqués en Haïti.

Bill Clinton co-présidera avec le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive la Commission intérimaire mixte pour la reconstruction (CIRH), une structure très controversée appelée à orienter la politique de la nation au cours des 18 prochains mois avec des pouvoirs étendus.

Le séisme du 12 janvier a fait plus de 230.000 morts, 300.000 blessés et 1,2 million de sinistrés, selon des estimations officielles. spp/Radio Kiskeya

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul