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La mobilisation anti-Préval tend à s’amplifier

Plusieurs centaines de manifestants dans les rues de Petit-Goâve jeudi pour exiger le départ du chef de l’Etat à la veille de nouvelles journées de protestation prévues lundi et mardi à Port-au-Prince et en province

Publié le jeudi 13 mai 2010

La contestation politico-sociale à laquelle fait face depuis plusieurs jours le régime de René Préval s’est encore accentuée jeudi avec l’entrée en scène de Petit-Goâve (68 km au sud-ouest de Port-au-Prince) où plusieurs centaines de personnes ont manifesté pour réclamer le départ du chef de l’Etat accusé de vouloir "instaurer une nouvelle dictature" en Haïti et de "brader" la souveraineté nationale.

Parcourant sans incident les rues de la cité Faustin Soulouque, les protestataires ont affirmé en avoir assez de la tactique de M. Préval qui vient de faire approuver coup sur coup au Parlement deux lois portant respectivement sur son maintien au pouvoir si nécessaire jusqu’au 14 mai 2011 et la prorogation de l’état d’urgence pour une période supplémentaire de 18 mois.

Les tenants de la mobilisation antigouvernementale à Petit-Goâve, la première dans cette ville traditionnellement à l’avant-garde des insurrections populaires, ont fait savoir que le mouvement ne s’arrêtera pas tant que René Préval n’aura pas quitté ses fonctions.

Parallèlement, les dirigeants de plusieurs partis et organisations politiques de l’opposition réunis au sein du Collectif pour un autre 18 mai ont promis de manifester mardi comme prévu en rejetant catégoriquement la décision du maire du Cap-Haïtien (274 km au nord de Port-au-Prince), Michel St-Croix, d’interdire tout rassemblement non officiel le jour de la fête du drapeau.

Les représentants de l’Organisation du peuple en lutte (OPL) et de Fanmi Lavalas ont appelé leurs partisans à se mobiliser en vue d’exiger la démission du Président de la république dont le mandat constitutionnel prendra fin le 7 février de l’an prochain.

Les forces de l’ordre sont invitées à assurer la sécurité des manifestants qui doivent défiler dans la deuxième ville du pays alors que la presse locale n’a pu confirmer les propos du maire St-Croix selon lesquels il aurait décidé conjointement avec la PNH d’empêcher la marche en raison de la tenue parallèle d’une cérémonie officielle de commémoration de la création du bicolore national.

A Port-au-Prince, où une foule nombreuse avait répondu lundi à l’appel d’une opposition hétéroclite déterminée à mettre un terme au règne politique de René Préval, de nouveaux rassemblements sont annoncés pour lundi et mardi prochains.

Une série de protestations antigouvernementales relativement importantes ont été enregistrées au cours des dernières semaines dans différentes villes de province.

De plus en plus critiqué pour sa gestion "irresponsable" de l’après-séisme au moment où des centaines de milliers de sinistrés sont encore livrés à eux-mêmes, quatre mois après la tragédie du 12 janvier, le chef de l’Etat bénéficie du soutien de la communauté internationale omniprésente et dirige désormais un régime fonctionnant en dehors de tout contrôle du Parlement après le départ lundi de la Chambre des Députés et d’un tiers du Sénat.

Aucune date n’a encore été fixée pour l’organisation des prochaines élections présidentielles et législatives qui devrait être confiée à l’actuel Conseil électoral provisoire jugé pourtant partisan et illégitime par l’opposition et des représentants de la société civile.

Dévastateur pour Haïti au point de vue économique, social et institutionnel, le tremblement de terre a fait entre 250.000 et 300.000 morts, 300.000 blessés et 1,2 million de sinistrés, selon les estimations des autorités. spp/Radio Kiskeya