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Editorial 16ème anniversaire de Radio Kiskeya

Publié le dimanche 23 mai 2010

7mai 1994-7mai 2010 : Nous voici parvenus au 16ème anniversaire de la station au terme d’un parcours palpitant fait de gloires et de défaites, porteur d’espoir infini en des lendemains meilleurs.

Certes, de multiples facteurs, tant sur le plan national que sur le plan international, interdisent toute candeur. Mais, le genre humain est doté de cette qualité qui lui permet de toujours garder, en dépit des vicissitudes, un tant soit peu d’optimisme qui rend possible la transformation des rêves les plus fous en réalité.

Notre optimisme, au moment de la commémoration de nos 16 ans, se rapporte à notre ferme détermination à continuer la lutte en faveur de la mise en place d’un puissant média, à l’impact de plus en plus large par la qualité de ses programmes, son objectivité à toute épreuve, la pertinence des problématiques qu’il soulève et l’attrait qu’il exerce sur l’auditoire d’ici et d’ailleurs au moyen de la promotion de la culture nationale et des valeurs universelles. Nous ne sommes pas prêts à renoncer à ce vieux rêve sorti droit du creuset fertile de l’amitié et de la solidarité entre 3 amis, 3 journalistes professionnels, 3 défenseurs des droits et libertés. Sony Bastien parti prématurément, Liliane Pierre Paul et votre serviteur au micro, avec la collaboration de toute l’équipe, nous continuons l’œuvre sans désemparer, malgré les déboires, en dépit des incertitudes.

L’optimisme qui nous caractérise est cependant loin d’être béat. Nous croyons encore en la possibilité d’avancement et de progrès de la station et du pays. Mais, nous ne pouvons nous empêcher d’éprouver tristesse et appréhension face à l’absence de leadership et de cohésion dans la situation sociale et politique du pays de l’après tremblement de terre.

Responsables de radio, donc directeurs d’opinion, engagés de surcroit : nous ne pouvons pas rester indifférents face au vide ambiant.

Responsables de radio, forcément chefs d’entreprise : nous ne pouvons assister sans broncher à l’accumulation d’épais nuages noirâtres sous le ciel des affaires.

Citoyens défenseurs et promoteurs d’un pays libre, souverain et prospère : nous ne saurions contempler passivement, sans être pour autant xénophobes, l’abaissement continu du pays et de l’haïtien par rapport à l’étranger. Le sentiment paradoxal qui se dégage à partir d’un contexte propice pourtant au grand sursaut national, c’est que le pays nous échappe, nos dirigeants restent de plus en plus sourds aux appels venus de partout, de moins en moins d’efforts sont déployés pour construire la grande unité dont on a toujours rêvé. On assiste plutôt à une cynique démarche d’exploitation du désespoir, de mise en place d’une entreprise apparemment audacieuse d’un secteur politico-financier visant l’accaparement pur et simple du pouvoir, de tout le pouvoir. Ce secteur aurait bénéficié de l’aval d’une aile de la communauté internationale. Pourtant, celle-ci prône la stabilisation du pays par la démocratie représentative.

Se dirige-t-on vraiment vers la stabilisation et la démocratie représentative quand on a recours à des formules telles que celles de la loi scélérate d’Etat d’urgence et du remplacement de l’actuelle charte fondamentale par la mise en place, dans l’inconstitutionnalité et l’illégalité, d’une assemblée constituante ? L’ONU des Moon et des Mulet, est-elle vraiment convaincue que cette voie conduira à la paix durable et à la prospérité qu’elle nous promet ? A-t-elle consulté l’histoire récente du pays pour se faire une juste idée des facteurs, politiques pour la plupart, qui sont à l’origine de nos avatars ? Sait-elle, ou se rappelle-t-elle que sa présence aujourd’hui en Haïti résulte d’une grave et longue crise politique engendrée par des élections contestées réalisées en l’année 2000 ? Sait-elle aussi que cette crise fut la conséquence de la sempiternelle tradition d’utilisation partisane et mesquine du pouvoir par des secteurs politiques, au détriment de l’intérêt général ? Les Nations Unies des Moon et des Mulet savent-elles que ce système a engendré le centralisme de Port-au-Prince et que ce centralisme excessif est à l’origine du nombre impressionnant de victimes décédées et vivantes du séisme ? Nos chers amis de l’ONU des Moon et des Mulet et du reste de la communauté internationale savent-ils que la solution des problèmes d’Haïti se résume en fait aux voies et moyens à mettre en place, avec les haïtiens, pour la transformation et la modernisation de cet Etat vieux de plus de deux cents ans.

Ceci peut-il se faire en petits comités, entre petits copains, par des cercles intimes nationaux et internationaux, des experts motivés par l’ambition de faire` carrière, des politiciens malicieux et des hommes d’affaires ambitieux, à l’insu des différentes composantes de la nation ?

Qui, hier, se disait démocrate et fuit aujourd’hui le dialogue et la concertation ? Qui a peur aujourd’hui de la grande concertation, du grand complot national pour le vrai décollage ? Car, on aurait pu envisager le décollage après la catastrophe. Quel plus grand hommage serait alors rendu à ces milliers de victimes du tremblement de terre et du centralisme de Port-au-Prince si cette relève était sérieusement envisagée dans le cadre d’un grand « Konbit » national, avec certainement le concours agissant, mais contrôlé, de la communauté internationale.

Si, aujourd’hui, ce n’est pas de cela qu’il s’agit, faut-il alors rapidement abonder dans le sens de ceux qui dénoncent à cors et à cris la mise en place, par des nationaux et des étrangers, d’une impressionnante machine d’exploitation financière et politique de la crise, sous des euphémismes mystificateurs tels que « Reconstruction », « Refondation » ?

Le fait qu’un large pan de la vie nationale soit mis de côté dans l’entreprise dite de « reconstruction » ou de « refondation » constitue une véritable source de préoccupation pour les médias comme le nôtre qui s’investissent dans l’haïtien et dans sa capacité d’assumer sa destinée, pour l’investisseur qui croit au développement endogène, pour les producteurs nationaux qui n’ont aucun intérêt dans la dépendance accrue et même totale du pays vis-à-vis de l’étranger.

Aujourd’hui que certains, nationaux et étrangers, partent officiellement en guerre contre la Constitution de 1987, proposant même de financer un référendum sur la question (formule interdite par la Constitution en vigueur) ; maintenant que des éléments du secteur privé semblent s’être ralliés sans discernement à la bizarre idée selon laquelle « la Constitution de 1987 représente une source d’instabilité », les consuls, les proconsuls, les sous-consuls et les « sousou »-consuls font miroiter la « double nationalité » aux yeux de nos chers frères et sœurs de la diaspora (qui le méritent bien d’ailleurs). On dénonce aussi comme problème majeur la multiplicité d’élections au cours d’une année et le coût élevé, certes, de leur réalisation ? Mais alors, qu’est-ce qu’on n’a pas dit, à côté de ces réels problèmes de la Constitution, au sujet de ce qui se trame réellement dans la quête d’une autre constitution ?

Combien faudra-t-il de munitions à la MINUSTAH et à la PNH pour que ce projet passe et même s’il arrive qu’il réussisse, combien cela coûtera-t-il par la suite au pays pour retrouver la paix et la stabilité. Car, il y en aura, qui protesteront. De ceux-là on dit avec une arrogante ironie qu’ils appartiennent à la minorité « zuit » des 1 à 2% des élections de 2006, cette minorité qui ne mérite pas qu’on s’en préoccupe, cette minorité faite de particules et non de partis véritables.

Il se trouve cependant que c’est cette même minorité qui avait offert l’image d’un gouvernement démocratique à celui de M. René Préval après l’élection à un seul tour obligé de 2006. Le président lui-même s’était targué d’avoir réussi son projet de stabilité politique par leur participation au gouvernement.

Mais, le problème de la minorité, n’est vraiment pas sa faiblesse numérique. Ce sont plutôt les idées et la position qu’elle soutient et la correspondance de celles-ci avec les problèmes réels de la population. Croyez-vous qu’il avait fallu à Fidel Castro une armée de 10 mille hommes pour renverser le dictateur Fulgencio Batista ? Plus près de nous, regardez ce que cela a coûté récemment à un chef de chez nous qui avait sous-estimé la dangerosité de la minorité « zuit ».

Il importe cependant d’admettre que, pour le moment, en dehors des slogans et de vagues idées qui paraissent être justes et mobilisateurs, la minorité « zuit » jouit, autant que le pouvoir, d’un réel déficit de crédibilité. Le passé, et même le présent de nombre de ses leaders, laissent perplexes. Elle ne propose également aucune alternative articulée à ce qui se fait en face. Mais, tout de même, gare aux slogans et aux idées qui, parce qu’ils paraissent justes, peuvent être mobilisateurs.

Le projet de changer la Constitution de n’importe quelle manière est tout simplement impopulaire. Tous ceux qui abondent en ce sens bénéficient « ipso facto » d’une certaine audience. Leurs idées tombent en terrain fertile et produiront irrémédiablement des fruits. Le meilleur des papas « blancs » n’y pourra absolument rien.

Le chef de l’Etat avait-il vraiment besoin de s’engager sur cette pente dangereuse ? Avait-on vraiment besoin de cela au lendemain d’une aussi terrible catastrophe ?

Une catastrophe qui a durement frappé tous les secteurs, y compris celui de la presse. Si, à l’instar de certains médias, Radio Kiskeya n’a pas eu à déplorer dans son équipe des pertes en vies humaines, certains membres de celle-ci en ont tout de même enregistrées dans leurs familles et parmi leurs proches en général.

Le local logeant les studios de la station à la rue Villemenay a été sérieusement endommagé. Le nouvel immeuble qu’on construisait ayant été ébranlé par les secousses, on a dû en démolir les 2 derniers étages. Un studio de production a entièrement disparu sous les décombres. On dispose à présent de beaucoup moins d’espaces pour bureaux. Des étais métalliques jonchent encore les allées et les salles. Le coût de la remise en état de l’immeuble et des installations s’annonce élevé.

A Boutilliers, la génératrice qui alimente les émetteurs a subi des avaries ; un de nos « inverters » de haute puissance a été rudement affecté. Certains commanditaires importants sont en sérieuse difficulté. Il en résulte que le niveau des rentrées des médias a considérablement diminué. Néanmoins, ici, à Radio Kiskeya, nous luttons pour ne pas recourir aux compressions en garantissant tant soit peu leur emplois à plus d’une soixantaine d’hommes et de femmes. Si notre plan de développement, incluant notamment le projet de lancement de Télé Kiskeya, n’est pas remis en cause, il va sans dire que les échéances qui y avaient été fixées sont modifiées.

Tout ceci pour vous dire que les problèmes du pays, ajoutés aux nôtres, font qu’un triste tableau se dresse devant nous en ce 16ème anniversaire de notre station. Nous nous réjouissons toutefois qu’en ce jour spécial nous continuons à bénéficier de votre confiance et de votre support moral. C’est là notre plus grande satisfaction et notre fierté aussi dans un pays où la crédibilité devient une denrée rarissime.

En ce 16ème anniversaire de notre station, au nom de la Présidente du Conseil d’Administration de la Station, Mme Claudette Pasquet Bastien, la vice-présidente du Conseil et Directrice de Programmation, en celui de Mme Liliane Pierre Paul et en mon nom personnel, à titre de Trésorier du Conseil et Directeur Général, j’adresse de sincères remerciements à toute la vaillante équipe de la station, du personnel de soutien, dont les infatigables chauffeurs et les gardiens du site de Boutilliers, à la Direction Générale, en passant par la Direction de l’Information placée sous la houlette de Stéphane Pierre Paul, la Salle des nouvelles, nos vaillants journalistes rédacteurs, reporters et présentateurs, le webmastering à Montréal (Canada) assuré pour notre site internet très prisé par Harold Isaac, le Secrétariat Administratif et la Comptabilité.

Nos remerciements vont également à nos partenaires, confrères, consœurs et amis de l’ANMH ; à nos commanditaires ; à tous nos partenaires des secteurs public et privé pour leurs concours variés, offerts dans le respect de notre indépendance et de notre intégrité. Remerciements spéciaux à l’ingénieur Yves Romain Bastien et à tous les autres collaborateurs et amis qui contribuent à l’avancement de cette station.

Enfin, malgré tout, bonne fête à Radio Kiskeya et à son fidèle auditoire. Marvel Dandin, Directeur Général 7 mai 2010

7 me 1994-7 me 2010 !

Mezanmi, men Radyo Kiskeya gen tan gen 16 lane sou tèt li !

16 lane depi lap feraye !

Wout la te long, ak anpil peripesi, men tou te gen anpil moman satisfaksyon. Lespwa poun te rive wè jou kap souri ban nou te toujou la pandan tout moman sa a.

Malgre pikan kwenna simen pasi-pala jounen jodi a, nou toujou espere na rive wè jou sa yo. Sepandan, espwa nou genyen an pa espwa vivi griyen dan. Lespwa nou an chita sou kapasite nou toujou genyen pou, malgre tout move pataswèl nou resevwa pandan 16 lanne sa yo, nou kanpe djanm pi rèd pou kontinye travay poun mete kanpe yon radyo solid, kap vale teren chak jou pi plis, gras ak bon jan kalite pwogram li, enfòmasyon lap bay ki klè kou dlo kòk, pwoblèm lap debat ki se vrè pwoblèm popilasyon an ak lemonn ap fè fas, travay pwomosyon lakilti ak tout bon valè inivèsèl lap fè.

Kidonk, rèv sa a 3 vye zanmi, 3 konfrè, 3 patizan dwa ak libète te genyen an ki te mennen yo nan konstwi radyo sa a, rèv sa a, ap kontinye. Sony Bastien kite nou anvan lè : Lilane Pierre Paul ak mwen menm, sèvitèw ki nan mikwo, nap rapouswiv ak rèv la san pran souf, nan bon jan kolaborasyon ak ekip diferan seksyon radyo a.

Nou gen konfyans nan sa nou gen poun fè pou nal pi lwen. Men, nou gen konsyans tou. Konsyans bagay yo pa nan plas yo, sitou apre gwo tranblemann tè a 12 janvye a ki ravaje peyi a. Sitirasyon malouk ki tabli la a ka kontrarye nenpòt ki bèl pwojè. Kanta pou peyi a, li ka plonje desann nan bafon nèt al kole.

Pi gwo pwoblèm nou konstate ki genyen, se vid men lajè ki egziste nan nivo direksyon peyi a. Santiman ou genyen, pa rapò ak sa gen pou fèt e kip a fèt, peyi a tankou yon bato san gouvènay kap dodinen sou yon lanmè demonte. Popilasyon an menm gaye, li pa konn si poul monte, si poul desann. Pa gen siman ki rasanble moun yo pou fè yo fè youn nan bi pou twoke kòn kòm sa dwa ak kalimite-dezagreman kap depafini yo.

Kòm responsab radyo, ki vle di moun kap trase chimen, gaye limyè, yon sitirasyon konsa pa ka pa di nou anyen.

Responsab radyo, nou se an menm tan responsab antrepriz : nou pa ka ret ap gade san di yon mo kòman tan an ap mare min li nan syèl aktivite biznis.

Kòm sitwayen kap defann dwa gran moun peyi a ak bon kondisyon poul devlope, nou pa kapab rete ap gade, bèkèkè, peyi a kap mete a jenou chak jou pi plis devan etranje, menm si nou pa gen ankenn dan kont etranje.

Sa ki parèt klè nan sitirasyon jounen jodi a, sila yo ki sou pouvwa bouche zòrèy yo ak koton : yo derefize tande son, bon kou move, kap soti nan kò mizik la. Pa gen jefò ki fèt tou pou tabli gwo inite-solidarite moun toujou ap swete nan peyi sa a.

Sa kap fèt pito, se devlopman yon estrateji politik malis kont bouki, ki parèt chita sou chache solisyon pou rezoud pwoblèm malouk pèp la, men ki, an reyalite, plis gen a wè ak anbisyon pou kenbe pouvwa, pou pran tout pouvwa a. Se zèv yon katèl byen monte politisyen ak nèg kap brase lajan nan peyi sa a. Katèl sa a ta jwenn sipò yon sektè nan entènasyonal la. Yon kominote entènasyonal ki te lese kwè li vin tabli estabilite ak demokrasi nan peyi nou.

Alòs, se wout estabilite ak demokrasi a nou pran la a ak lwa ratyè-fè eta dijans lan ? Se wout estabilite ak demokrasi a nou pran la a ak pwojè met kanpe, dèyè do lalwa ak konstitisyon an, yon asanble konstityant chanpwèl, ki pral mitonnen yon lòt konstitisyon ? Se wout estabilite ak demokrasi a kap pran la a, lè gen yon chanm ki pral jwenn yo pwolonje mandal yon dezyèm fwa ?

LONI Moon ak Mulet yo, èske li vrèman kwè se konsa lapè pral tabli nèt nan peyi dayiti epi pral gen devlopman ak pwosperite ? LONI sanble pa vire je gad dèyè pou wè se kontmaltaye politik ki met peyi sa a nan katyouboumbe li ye jounen jodi a.

Eske LONI konnen sak fèl la a jounen jodi a nan peyi dayiti, se jisteman paske peyi a te viktim yon kriz manch long eleksyon tèt chat ane 2000 yo te lakòz ?

Eske LONI konnen kriz sa a se te rezilta dirèk-dirèk politik tradisyonèl ki toujou vle pou yon makòn pwofitè atoufè politik ak bizismann pran pouvwa a epi derefize patajel (ale wè remèt li) pou defann patat yo, san vire gade ansanm sosyete a ?

Eske zanmi nou yo nan LONI Moon ak Mulet la, ansanm ak tokay yo nan rès kominote entènasyonal la, reyalize vrè solisyon peyi dayiti chita nan kraze kouloupant vye sistèm politik ak sosyal sa a ki kwaze pyel depi plis pase 200 lane sou lestomak peyi a ? Kidonk, apre tranblemann tè sa a ki montre sa Leta santralizatè sa a lakòz, se eslogan 1986 la, « chanje leta », ki dwe tounen alamòd.

San di pètèt, se pa ti sèk zanmi, ti komite isit, ti komite la, kap mennen nou la. Se pa politisyen mètdam, ni bizismann aloufa san vizyon. Ekspè entènasyonal kap defann karyè yo nan gwo bwat entènasyonal yo, se pa yo tou ki, pou kont pa yo, pral pote solisyon an. Se tout nasyon an ki pou leve kanpe pou regle sa.

Politik ti koulout : Pa !

Politisyen bakonyè : Pa !

Sila yo René Préval ansanm ak tokay li Aristide te konn rele « boujwa ti lolit yo » : yo menm tou pap ka mennen nou kote kap bon an !

Kesyon : kilès ki, ayè, te dil demokrat e ki, jounen jodi a, ap demake depil tande dyalòg ak konsètasyon ? Kilès, jodi a, ki pè konsètasyon, tèt ansanm ak gran konplo nasyonal pou peyi a demare tout bon, sitou apre katastwòf la ? Ala bèl ochan nou ta bay latriye moun ki mouri yo ak sila yo ki sòti ak tout kalte domaj, lè ta gen yo gwo konbit nasyonal ki tabli, ak patisipasyon kominote entènasyonal la.

Si, jodi a, se pa sa kap fèt, èske nap blije dakò ak sila yo kap denonse yon plan politik matyavelik anba labannyè Rekonstriksyon- Refondasyon ? Bwa long yo bay yon bon pati moun nan peyi a nan zafè rekonstriksyon-refondasyon kap pale a bay anpil kè sote, sitou nan medya tankou pa nou yo ki envesti tout fòs yo nan ayisyen ak nan Ayiti ; anpil kè sote pou moun kap envesti ki kwè, natirèlman, nan kapasite pou peyi a devlope apati jefò pwòp pitit li ; kè sote pou pwodiktè nasyonal la ki pa gen yon lonbray enterè nan yon peyi ki plat atè tou long devan etranje.

Jodi a, gen moun, ayisyen kou etranje, ki louvri zam je fèmen sou Konstitisyon 87 la ; genyen ki deklare yo pare pou met lajan atè pou referandòm fèt nan bi pou voye konstitisyon an ale (referandòm Konstitisyon an li menm entèdi karebare !) ; nan sektè biznis la, genyen ki sanble dakò tèt bese jodi a ak sila yo ki prezante konstitisyon an kòm prensipal kòz enstabilite. Machandiz ki deyò a jodi a, nan kad plan yap denonse a, se doub nasyonalite : yon siwo ki ka rale anpil foumi.

Yo di tou (e sitou) gen twòp eleksyon chak ane ki koute peyi a twòp. Kòm kwa, ta gen pitye dezòmè pou kantite lajan kap depanse ! Yo di sa yo ak anpil lòt bagay ankò. Men, èske yo vrèman di de ki prevyen pa rapò ak sa kap regle tout bon vre nan aktivite chanje konstitisyon sa a ?Ki sak pa di bò kote sak di yo ?

Kesyon kap poze, ki kantite minisyon MINISTA ak Lapolis pral bezwen pou fè pwojè konstitisyon tou nèf sa a ateri ? E menm si li rive ateri, ki soufrans peyi sa a ap gen poul andire anvan lapè ak estabilite vin yon reyalite ? Paske, san di pètèt, pap manke boulvès.

Anpil nan sila yo kap gen pou pwoteste, yo pral ri sou tèt yo. Yo pral kalifye yo de « minorite zuit » epi yo pral raple plizyè nan yo pat fè plis pase youn oswa 2% nan eleksyon entènasyonal la te bay lòd pou ki fèt ak yon sèl tou a. Kidonk, yo pa merite yo menm vire gade yo. Yap gen pou di tou pati politik yap dirije yo pa gen ankenn repondong, yo pa gen baz.

Sepandan, se menm yo menm lan ki te nan premye mitan an e ki te pèmèt prezidan an bat lestomak li pou di ak gouvèlman « pluriel » la li te rive tabli estabilite politik nan peyi a.

Men, sa ki fè fòs minorite yap pale a, se pa tèlman kantite moun li gen ladanl. Se fondman sa lap di pa rapò ak enterè fondalnatal popilasyon an. Wa sonje, nan Sierra Maestra, se te yon « minorite zuit » ki te rive kapote diktatè Fulgencio Batista ? Pi pre nou la a, mande yon ansyen prezidan ayisyen ki sak te rivel nan derefize mezire danje yon minorite zuit ka reprezante.

Pwojè pou chanje konstitisyon an nenpòt ki jan se yon pwojè ki pap jwenn benediksyon pèp la. Tout moun ki fè konsiderasyon sa a devan pèp la ap jwenn moun tandel. Pa sanble moun yo ap rete bwa kwaze devan pwojè sa a. Pi gran papa blan ki gen sou latè ka sezi wè sa.

Men, lè nap gade byen : èske, apre yon gwo katastwòf tankou sa 12 janvye a, se mòd sitirasyon sa a peyi a te bezwen ? Ki sa, vrèman vre, kesyon refè konstitisyon gen a wè ak wete pèp la nan sitirasyon malouk sa a tranblemann tè a vin fourel, alòske li te deja nan difikilte anvan sa ?

Katastwòf la frape tout sektè. Li pa epaye laprès. Si nou pa gen moun ki fè vwèl nan ekip nou, plizyè kolaboratè nou pèdi fanmi ak moun ki pre yo. Radyo a li menm pèdi anpil zanmi chè nan divès sektè.

Lokal estasyon an ki nan Ri Villemenay, pran anpil move pataswèl. Kay tou nèf nou tap konstwi a, nou sètoblije desann 2 etaj ladanl. Nou pèdi yon estidyon pwodiksyon. Plizyè nan biwo nou yo ak materyèl ki te ladan yo kraze tou.

Nan Boutilliers, dèlko kap fè emetè yo mache pran move pataswèl ; youn nan « inverter » gwo pisans Boutilliers yo pran move soukous tou.

Plizyè nan kòmanditè enpòtan nou yo pran baf tou. Konsekans : medya yo rantre mwens kòb. Isit la, nan Radyo Kiskeya, nap goumen poun pa rive nan voye moun ale. Si nou toujou kenbe plan nou genyen pou devlope radyo a, ki gen ladanl televizyon an, nou sètoblije pap ka respekte delè nou te fikse yo.

Tout sa poun diw, pwoblèm peyi a, mete sou pwoblèm pa nou, fè bagay yo pa bèl ditou pou nou nan moman 16zyèm anivèsè a rive. Nou kanmenm gen bèl satisfaksyon dèske ou kontinye gen konfyans nan nou e wap kontinye ban nou tout soutyen moral ou wè ki nesesè. Se yon fyète pou nou nan peyi sa a kote sa yo rele « crédibilité » a fin al bwa chat.

Nan okazyon 16 lane nou an, nan non Prezidant Konsèy Administrasyon estasyon an, Madam Marie Claudette Pasquet Bastien ; nan non Vis-prezidant Konsèy la, Madam Liliane Pierre Paul ; mwen menm, Trezorye Konsèy la epi Direktè jeneral, mwen di tout ekip estasyon an mèsi, soti nan pèsonèl soutyen (ki gen tou chofè yo ak gadyen sit Boutilliers yo), rive nan Direksyon jeneral la, an pasan pa Direksyon enfòmasyon an Stéphane Pierre Paul ap dirije ; Sal dè Nouvèl la kote jounalis nou yo ap feraye ; operatè ak pwodiktè yo ; anplwaye nan administrasyon an (resepsyon, marketing ak kontabilite) ; sistèm kontwòl sit entènèt la ki tabli nan Kanada sou reskonsablite Harold Isaac, elatriye…

Nou pwofite remèsye tou patnè nou yo nan ANMH ; kòmanditè nou yo ; patnè nou yo nan leta ak nan prive pou konkou sou divès fòm yo pote ba nou nan respè endepandans ak diyite nou ; yon remèsiman espesyal pou enjenyè Yves Romain Bastien epi tout pou tout lòt kolaboratè ak zanmi ki patisipe nan jefò pou ride estasyon an vanse.

Anfen, malgre pa gen fèt, nap di kanmenm : bòn fèt Radyo Kiskeya.

Marvel Dandin 7 me 2010

P.-S.

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