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"Gloire à Adonaï" l’album de la reconversion de Raoul Denis Jr.

L’artiste devenu franc-maçon, s’associe à ses "nouveaux frères" pour marquer la grande rupture

Publié le mercredi 27 avril 2005

Comme pour renier définitivement son passé artistique peu empreint de spiritualité et signer son entrée dans un autre monde, au détriment de celui des expériences mondaines et d’une vision prosaïque des choses, Raoul Denis Junior, Tira pour les intimes, livre au public ce projet collectif que constitue "Gloire à Adonaï".

Un acte de contrition artistique à travers des chants de méditation et d’exaltation à la gloire d’Adonaï, Dieu, tel que pris dans ses origines araméennes. Loin des phrasés musicaux survoltés de "Sukaïna" ou des compositions élaborées de Zèklè ; mais, sans grande prétention philosophique ou spirituelle, le nouveau frère propose une exploration œcuménique pour son baptême du feu dans la musique sacrée.
Et les autres frères de la vénérable loge "la maison du silence" ont finalement accepté de s’associer à ce qui leur paraissait au départ étrange.

Etrange, l’album l’est du tout au tout. Le public aura l’occasion et surtout la curiosité de découvrir les voix discoradantes et un tantinet angoissées, de choristes qui font dans le cadre naturel d’une assemblée spirituelle, leurs premiers pas dans un studio d’enregistrement.

Une première en Haïti. De la musique sortie tout droit du redoutable univers mystique des loges maçonniques.

Et pour faire bonne mesure, Raoul Denis a quand même pensé à confier l’interprétation des différents morceaux, à quelques professionnels de la voix triés sur le volet, avec qui il a sans doute l’atome crochu de la foi. Lionel Benjamin, lancé depuis longtemps sur la voie de la conversion au discours évangélique, son fils Michaël, ou encore Mélissa Dauphin, la chanteuse-simbi du groupe Strings.

Pour cet album hors-norme, déjà mis en circulation, aucune vente-signature n’est prévue. Ascétisme oblige ! Mais, ces curieux artistes de la "maison du silence" seront peut-être contraints de faire une concession, prévient Tira. Envahir une des scènes publiques de Port-au-Prince de cette musique sortie des loges, vues socialement comme les cavernes d’Ali Baba, sans trop savoir à quelle surprise donnera droit le sésame...

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul