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Haïti-Préval-Contestation

Plusieurs milliers de manifestants anti-Préval mobilisés à Port-au-Prince et en province

"L’âme du pays a été vendue à crédit au prix de 10 milliards de dollars", lâche le modéré Rosny Smarth, ancien Premier ministre de René Préval, qui justifie ainsi sa décision de rejoindre les voix de l’opposition favorables au départ anticipé du chef de l’Etat

Publié le mardi 13 juillet 2010

A l’appel de divers partis et plateformes politiques de l’opposition, plusieurs milliers de personnes ont manifesté sans incident majeur mardi à Port-au-Prince et en province pour réclamer la démission du Président René Préval accusé de conduire le pays à la faillite totale et à l’aliénation de son indépendance.

Pour la première fois depuis le début de la mobilisation anti-Préval, son ancien Premier ministre, Rosny Smarth, dirigeant de l’Organisation du peuple en lutte (OPL) et de l’Alternative, a rallié le mouvement visant à pousser vers la sortie le chef de l’Etat qu’il a vertement critiqué.

"Préval veut vendre l’âme du pays à crédit pour un montant de 10 milliards de dollars promis par la communauté internationale", s’est indigné au milieu des manifestants celui qui fut de 1996 à 1998 le premier chef de gouvernement du premier mandat de René Préval.

Exprimant sa révolte de "patriote" face à la nette dégradation de la situation du pays depuis le séisme du 12 janvier, M. Smarth a fait remarquer que même sous la dictature rétrograde de François Duvalier (1957-1971) un certain sens de la "dignité nationale" avait été préservé.

L’ex-Premier ministre juge souhaitable un départ anticipé du Président Préval afin, soutient-il, d’éviter une nouvelle "mascarade électorale" qui risque de plonger Haïti dans une crise encore plus grave que celle qu’elle connaît aujourd’hui.

Pour sa part, l’ancien Sénateur Serge Gilles, candidat à la présidence de la Fusion en 2006, affirme qu’il est hors de question que les élections se tiennent sans les partis politiques. "Préval peut être abandonné à son sort", a répété M. Gilles qui annonce de larges consultations entre la classe politique et les différents secteurs vitaux de la nation sur la meilleure solution de sortie de crise et la formule capable de garantir l’organisation d’élections honnêtes et démocratiques.

D’autres personnalités et militants politiques dont les ex-Sénateurs Déjean Bélizaire et Turneb Delpé, l’ancien Député Serge Jean-Louis et Paul Raymond de la base de Fanmi Lavalas, se trouvaient parmi les nombreux manifestants qui lançaient des slogans hostiles au chef de l’Etat avec de l’optimisme et de la détermination sur les lèvres.

Sur le parcours de cette première grande mobilisation antigouvernementale depuis le Mondial de football, on pouvait remarquer des photos de Jean-Claude Duvalier et de Jean-Bertrand Aristide, deux anciens Présidents en exil, qu’exhibaient duvaliéristes et lavalassiens.

La tête des membres du Conseil électoral provisoire, accusés de se mettre au service du pouvoir, a été également réclamée.

Des manifestants qui avaient placé sur la chaussée des pneus enflammés et tenté d’incendier un véhicule ont du battre en retraite devant l’intervention des unités anti-émeutes de la Police Nationale.

Par ailleurs, un jeune homme qui tentait de dépouiller des passants a été pris à partie par la foule.

Au moins deux villes de province se sont mises de la partie mardi. Petit-Goâve (68 km au sud de la capitale) où plusieurs centaines de personnes ont battu le pavé, et Hinche (Centre) où s’est déroulée une manifestation ayant à sa tête la Sénatrice de la Fusion, Edmonde Supplice Beauzile et le leader du Mouvement des paysans de Papaye (MPP/MPNKP), Chavannes Jean-Baptiste.

Après cette relance plutôt réussie de la campagne anti-Préval post-Coupe du monde, les dirigeants de l’opposition n’entendent pas lâcher prise. De nouvelles manifestations sont prévues ce jeudi. spp/Radio Kiskeya

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul