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Haïti-Elections

Les candidats pressent le pas : 15 inscrits avant le dernier jour

L’ex-Premier ministre Lavalas, Yvon Neptune, le titulaire des affaires sociales, Yves Cristalin, issu du même horizon politique, l’ancienne Sénatrice Myrlande Manigat, le notaire Jean Henry Céant et le pasteur Chavannes Jeune entrent en lice

Publié le vendredi 6 août 2010

Déjà fortement en progression jeudi, le processus d’inscription des candidats aux prochaines présidentielles s’est nettement accéléré vendredi avec le dépôt des pièces de sept nouveaux aspirants, dont plusieurs personnalités de premier plan, ce qui porte à quinze le total des compétiteurs en lice à la veille de la fin samedi des opérations d’enregistrement.

Ont notamment défilé à la direction des opérations électorales, l’ancien Premier ministre Lavalas, Yvon Neptune, représentant de "Ayisyen pou Ayiti" (Les haïtiens pour Haïti), l’actuel ministre des affaires sociales, Yves Cristalin, de "òganizasyon Lavni" (Organisation Avenir), l’ancienne Sénatrice Myrlande Hyppolite Manigat, candidate du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), le notaire Jean Henry Céant, qui se présente sous la bannière de "Renmen Ayiti" (Aimer Haïti) et la pasteur Chavannes Jeune de "Alyans kretyèn e sitwayèn pou rekonstriksyon Ayiti" (ACCRHA).

Certains des aspirants, Yves Cristalin en tête, n’ont pas lésiné sur les moyens pour mobiliser leurs troupes. Ses sympathisants portaient, en effet, des t-shirts avec l’écriteau "Cris kapab" (allusion aux croyances religieuses de la population et au nom du candidat) pendant que le chanteur Ti Pay, totalement dévoué à la cause de son leader, s’évertuait à créer l’animation sur un char musical.

Affichant son optimisme sur l’issue des élections, Yvon Neptune soutient qu’il est toujours au rendez-vous, prêt à assumer ses responsabilités dans les moments les plus difficles. Il a promis d’exercer un "leadership progressiste" en vue de sortir Haïti de l’impasse dans laquelle elle est plongée aujourd’hui.

L’ancien Premier ministre de Jean-Bertrand Aristide et ex-président du Sénat avait été libéré de prison en 2006 sans être jugé alors qu’il était inculpé pour son implication présumée dans le massacre de La Scirie, un quartier de St-Marc (Artibonite, nord) où des dizaines de personnes avaient été tuées en février 2004, selon des organisations des droits humains.

Pour sa part, la secrétaire générale du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes, Myrlande Hyppolite Manigat, s’est engagée à diriger le pays, en cas de victoire, avec les compétences haïtiennes d’ici et d’ailleurs dans une perspective de changement. Affirmant avoir décidé de s’engager dans la bataille présidentielle "en qualité de citoyenne et de femme", elle estime que le plus grand défi que la prochaine équipe gouvernementale devra relever est celui des conséquences multiples du séisme ayant cruellement touché Haïti, le 12 janvier.

Epouse de l’ancien Président démocrate-chrétien Leslie Manigat (fév.-juin 1988), Mme Manigat est aussi constitutionnaliste et vice-rectrice de l’Université Quisqueya.

Quant à Yves Cristalin, qui n’aurait pas encore abandonné ses fonctions de ministre des affaires sociales, il propose un "vaste programme de reconstruction d’Haïti" axé sur l’instauration d’un régime de protection sociale.

Issu comme Yvon Neptune de Fanmi Lavalas, M. Cristalin avait présidé la Chambre des Députés sous Aristide.

Enfin, Me Jean Henry Céant, qui pense pouvoir remporter les élections, justifie sa présence dans la course par la nécessité de mettre fin à la "descente aux enfers d’Haïti". La réforme du système de santé et la construction d’abris sûrs au profit des sinistrés du séisme figurent parmi les priorités du candidat.

Notaire public de profession, Jean Henry Céant est également vice-président de l’organisation socio-politique Aimer Haïti.

Marqué jeudi par le dépôt de candidature de la star du hip-hop Wyclef Jean, le processus d’inscription doit prendre fin officiellement samedi alors que tard vendredi soir l’incertitude planait encore sur l’identité du candidat de la plateforme présidentielle INITE (Unité) dont les dirigeants sont à couteaux tirés suite à la désignation controversée de l’ancien Premier ministre Jacques-Edouard Alexis.

Une partie de l’opposition continue de réclamer le destitution du Conseil électoral provisoire chargé de l’organisation des présidentielles et législatives du 28 novembre qui permettront de désigner le successeur de René Préval arrivé en fin de mandat . spp/Radio Kiskeya