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Haïti-Justice

Contre attaque de l’ex-ministre de la justice Jean Joseph Exumé après un arrêt de la Cour de Cassation en faveur du juge Jean Claude Douyon mis en disponibilité pour corruption

Dans une lettre ouverte, l’ex-ministre dénonce des menaces à peine voilées contre sa personne et ses proches

Publié le dimanche 15 août 2010

Chers amis,

Je suis actuellement à l’étranger et j’ai appris que le Juge Douyon est intervenu sur des stations de la capitale, notamment sur Signal FM, débitant les pires insanités contre moi parce que je l’ai mis en disponibilité pour présomptions de corruption. Il aurait lu des extraits d’un arrêt rendu en sa faveur par la Cour de Cassation disant qu’il n’y aurait rien contre lui, que c’est donc abusivement que j’ai pris cette décision. Il a proféré des menaces à peine voilées contre ma personne et des membres de ma famille.

Il est très important de vérifier dans quelles circonstances cet arrêt aurait été rendu. Sur quel dossier ? Je comprends difficilement qu’après le 12 janvier cette décision ait pu sortir, alors qu’on prétend que la plupart des dossiers de la Cour n’auraient pas été récupérés des décombres.

De toute façon, selon les extraits lus par le juge Douyon, il semble que l’argument de la Cour serait qu’il n’a pas été possible de trouver des témoins qui pourraient attester pour vrais les faits de corruption allégués.

Cependant, ce serait la une façon biaisée de voir les choses par la Cour. En effet, les faits retenus contre ce juge réputé l’un des plus corrompus et de surcroit d’une incompétence caractérisée sont autrement plus importants. Après enquête du Ministère de la justice dont j’étais alors le titulaire, les faits suivants s’étaient révélés constants :

1.- Le juge Douyon, en dehors de la compétence de juge des référés, a rendu une décision ordonnant le déguerpissement des consorts Zuraik sur une propriété revendiquée par une certaine Solange Métellus, manifestement la cliente du juge à laquelle elle avait promis de régler l’affaire.

2.- Les enquêtes menées au niveau du greffe du Tribunal de Première Instance (TPI) de Port-au-Prince ont établi qu’aucune affaire n’avait été enrôlée ni distribuée intéressant la dame Solange Métellus aux consorts Zuraik.

3.- Dans l’ordonnance de référés, il a été porté la constitution d’un avocat inconnu dans la juridiction de Port-au-Prince et qui serait du barreau d’Aquin. Cet avocat, consulté, a déclaré n’être pas au courant de cette affaire ; qu’il n’a jamais été constitué par qui que ce soit.

4.- Il était tout à fait clair que le juge Douyon avait utilisé ses pouvoirs de magistrat dans une affaire en tant qu’avocat, qu’il avait commis plusieurs faux pour mener à bien son entreprise.

Ce sont ces faits extrêmement graves qui avaient porté le Ministère de la Justice à mettre le juge en disponibilité, ce, en plus du fait que la dame Solange Métellus avait déclaré péremptoirement au Parquet qu’une valeur de 100.000 gourdes avait été versée au juge. C’est pourquoi elle avait été retenue par le Parquet et une instruction avait été ouverte contre elle en tant que corruptrice.

En aucun cas, on ne peut tolérer que des individus sans aucune moralité et qui font tellement de torts a l’institution judiciaire puissent ainsi bénéficier de la complaisance des uns et des autres. Même si aujourd’hui, le travail de sape et de déstabilisation continue contre ma personne, la simple bonne foi devrait permettre de reconnaitre qu’il a fallu beaucoup de courage de la part de toute l’équipe que je dirigeais pour prendre ces décisions d’épuration.

2 août 2010

Jean Joseph Exumé

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul