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Haïti-Post-séisme-Protestations

Plusieurs centaines de sans-abri en colère contre le pouvoir

Signe des temps, la plus importante manifestation jamais réalisée par les victimes du séisme du 12 janvier tourne presqu’à une mobilisation anti-gouvernementale sur fond de menace de boycott des élections

Publié le jeudi 26 août 2010

Plusieurs centaines de sans-abri ont manifesté jeudi à Port-au-Prince en vue d’exiger des autorités des mesures immédiates capables de mettre fin à leurs conditions de vie infra-humaines sous les tentes et ont menacé de ne pas prendre part aux prochaines élections en cas de non-satisfaction de leurs revendications.

"Il ne peut y avoir d’élections avec 1,5 million de personnes sous les tentes", ont martelé les chefs de file des sinistrés qui ont sillonné les rues de la capitale en scandant des slogans défavorables au pouvoir. Face à ce sombre tableau, le Conseil électoral provisoire est même invité à mettre en veilleuse le processus électoral.

Pour leur première grande mobilisation populaire, les rescapés du tremblement de terre du 12 janvier ont clairement averti le gouvernement Préval/Bellerive qu’ils n’entendaient plus continuer à dormir dans des campements de fortune et émis le vœu de pouvoir s’installer dans des abris transitionnels décents.

Le pouvoir est accusé de faire du "marchandage politique" au mépris de la situation précaire de plusieurs centaines de milliers de compatriotes près de huit mois après la catastrophe qui, outre les sans-abri jetés dans la rue, a fait 300.000 morts et 300.000 blessés.

Issus de plusieurs des quelque 120 sites d’hébergement recensés à Port-au-Prince, les manifestants ont aussi évoqué le détournement présumé de l’aide internationale.

Les rasssemblements de sinistrés n’avaient jusqu’ici compté que quelques dizaines d’hommes et femmes courageux, prêts à exprimer leur ras-le-bol dans un environnement sourd à leurs récriminations légitimes.

Les places publiques et quartiers résidentiels de la capitale sont transformés depuis le 12 janvier en centres d’hébergement sauvages où vivent des familles entières, dans une situation d’insécurité quasi-permanente, sous des tentes aux températures caniculaires, insalubres et dégageant souvent des odeurs pestilentielles. spp/Radio Kiskeya