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Haïti-Epidémie

Choléra : un centre de traitement de MSF incendié à St-Marc

Médecins sans Frontières déplore l’action violente de manifestants contre ses nouvelles installations qui devaient permettre de maintenir en quarantaine les malades hospitalisés

Publié le mercredi 27 octobre 2010

Un centre de traitement du choléra (CTC) de Médecins sans Frontières à Saint-Marc (Artibonite, nord), l’une des villes les plus touchées par le mal, a été attaqué mercredi par des manifestants qui ont brûlé des tentes, un incident qui a considérablement affecté la capacité d’intervention de l’ONG humanitaire dans le cadre de la lutte contre l’épidémie.

"La conséquence majeure est que nous sommes désormais incapables de répondre à l’épidémie de choléra dans la région de l’Artibonite de manière efficace et dans les meilleures conditions possibles", a regretté Francisco Otero, chef des équipes d’intervention d’urgence MSF à Saint-Marc, dans un communiqué cité par l’AFP.

"La construction d’un centre d’une capacité de 400 lits allait être achevée quand un groupe de personnes ont manifesté violemment contre l’ouverture de l’établissement. Plusieurs tentes ont été brûlées. Aucun blessé grave n’est à déplorer", précise Médecins sans Frontières.

L’organisation souligne l’importance cruciale que devait avoir le centre détruit dans le renforcement du dispositif médical envisagé en vue de confiner dans des zones stériles les malades et de diminuer ainsi les risques de propagation de la maladie.

"Isoler les malades atteints de choléra est essentiel pour limiter le risque de contamination pour le reste de la population hospitalière", a fait remarquer M. Otero.

La MINUSTAH s’est défendue mardi contre toute implication de son contingent népalais dans la flambée de choléra qui, selon le dernier bilan officiel, a entraîné 292 morts et plus de 4.000 cas d’hospitalisation en Haïti.

Le Sénateur Youri Latortue a demandé l’ouverture d’une enquête sur l’origine de l’épidémie suite à des accusations d’habitants de Mirebalais (centre) selon lesquelles les casques bleus, originaires d’un pays où le choléra est à l’état endémique, auraient contaminé le fleuve Artibonite avec des matières fécales. spp/Radio Kiskeya

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul