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Le journaliste Patrice Dumont entendu au parquet de Port-au-Prince

Soupçonné "d’association de malfaiteurs", le confrère, devenu porte-parole de la campagne de la candidate Mirlande Manigat, qui n’a pas été retenu, affirme qu’il ne se laissera pas intimider et pointe du doigt, le directeur de la RTNH, Pradel Henriquez, qui l’aurait accusé de chercher à faire incendier les locaux du média d’Etat où il travaille depuis fort longtemps ; vaste mouvement de solidarité en faveur de Dumont qui serait victime d’une "persécution politique", selon les Sénateurs Latortue et Beauplan, présents au parquet tout comme Mme Manigat

Publié le jeudi 16 décembre 2010

Le journaliste sportif vedette de la Télévision nationale d’Haïti, Patrice Dumont, porte-parole de la campagne de la candidate à la Présidence, Mirlande Hyppolite Manigat, a été auditionné jeudi au parquet de Port-au-Prince sur des accusations faisant état de l’implication présumée du confrère dans un complot politique qui viserait à incendier le siège du média d’Etat.

La formule bien connue "d’association de malfaiteurs" a été utilisée pour justifier cette comparution qui serait l’aboutissement judiciaire d’une note interne de la direction de la RTNH et d’un courriel diffusé à profusion sur le net.

Il est question d’une réunion à but criminel que l’intéressé aurait tenu à Delmas 22 (est de la capitale) avec des membres du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP, le parti de Mme Manigat) en vue de planifier la supposée attaque.

Dumont, qui a bénéficié d’un formidable élan de solidarité de ses proches, des représentants de la communauté des médias et de sa famille politique, est ressorti libre du parquet après un interrogatoire de 30 minutes conduit par un juge de paix en présence d’un impressionnant conseil de défense.

Affirmant avoir répondu à toutes les questions qui lui ont été posées, le chroniqueur sportif, également commentateur politique, a attribué le décernement d’un mandat d’invitation à son encontre à une "tentative du directeur de la Radio-Télévision nationale, Pradel Henriquez, et de ses collaborateurs de détruire son image".

Sûr de son honnêteté, de son intégrité et de son patriotisme, Patrice Dumont n’entend pas se laisser démonter et souligne que "personne ne pourra l’empêcher d’exercer son droit d’intervenir dans la vie politique du pays.

Il n’était pas en mesure de dire s’il aura à répondre à une nouvelle convocation du parquet. Tout dépendra de la décision du commissaire Harrycidas Auguste, très discret durant l’audition après avoir décidé lui-même de l’opportunité de l’ouverture d’une information judiciaire sur une affaire qui intrigue plus d’un.

Des membres de la famille de M. Dumont étaient venus le soutenir dans cette dure épreuve, tout comme des figures de la classe politique et des directeurs de médias appartenant à l’Association nationale des médias haïtiens (ANMH).

Particulièrement applaudie par des sympathisants à son arrivée, Mirlande Manigat, qui a terminé en tête du premier tour controversé des présidentielles, s’est rendue personnellement sur place pour exprimer sa "solidarité à un ami et un proche collaborateur".

Contrainte de se déplacer avant la fin de l’interrogatoire, la dirigeante politique en a profité pour annoncer d’importantes déclarations qu’elle aura à faire vendredi, lors d’une conférence de presse, sur la situation politique post-électorale, marquée par l’instabilité et l’incertitude depuis la publication des résultats préliminaires du scrutin du 28 novembre.

Les Sénateurs Youri Latortue et Evallière Beauplan, l’ex-Député Frantz Robert Mondé ainsi que Me Reynold Georges, tous dirigeants du COREH et alliés de Mme Manigat, ont qualifié le jeu du parquet de Port-au-Prince de "persécution politique" orchestrée par le pouvoir.

De leur point de vue, ce sont les hauts responsables gouvernementaux et les conseillers électoraux qui mériteraient d’être poursuivis pour association de malfaiteurs.

Le président du Sénat, Kély Bastien, bien que membre de l’état-major de la plateforme présidentielle INITE, a été au parquet se renseigner de la nature du dossier et a qualifié de "dérapages" les accusations jugées fantaisistes portées contre une personnalité comme Patrice Dumont, engagée depuis plus de vingt ans dans le journalisme sportif et depuis un certain temps dans la réflexion politique.

Mais, cette visite de solidarité a mal tourné pour le Sénateur Bastien qui s’est fait chahuter, au profit de son collègue Latortue, par des badauds qui lui étaient résolument hostiles. spp/Radio Kiskeya