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Haïti-Post-séisme

Haïti : Pour Première Urgence, la priorité est la sortie des camps

L’ONG croit que le processus de reconstruction a déjà démarré, mais qu’il mettra du temps à se réaliser à cause d’une multiplicité de facteurs et de situations complexes

Publié le mardi 4 janvier 2011

Le 12 janvier 2010, un terrible séisme frappait Haïti causant la mort de 300.000 personnes, en blessant autant et laissant plus d’un million de personnes sans abris ou déplacées. D’un œil extérieur la reconstruction semble être au point mort mais aujourd’hui, un an après le séisme, l’aide humanitaire répond encore à l’urgence : subvenir aux besoins et améliorer les conditions de vie de ces centaines de milliers de familles déplacées.

La reconstruction d’Haïti a bien débuté en 2010, mais elle sera longue et complexe.

L’année 2010 en Haïti : le pire scénario imaginable.

Cette année, Haïti a été affecté par une accumulation d’urgences et de crises affaiblissant toujours plus une population vulnérable et un Etat fragile qui connaissait ces dernières années un nouveau dynamisme économique et une relative stabilité politique. « Tremblement de terre, cyclone, glissement de terrain, épidémie de choléra et crise politique, on ne pouvait imaginer pire scénario », explique Serge Gruel, chef de mission de Première Urgence. Les multiples catastrophes ont fait de nombreux dégâts humains et matériels mais ont aussi déstructuré un Etat et des institutions en pleine construction. L’épidémie de choléra a trouvé dans ce contexte de forte vulnérabilité un terrain idéal à sa propagation, alors que les troubles politiques liés aux élections présidentielles ont bloqué le pays et surtout les processus de décisions indispensables à la reconstruction du pays, plongeant Haïti dans l’attente et l’immobilisme.

Une multitude de contextes, pas de solution unique.

Le séisme a touché des zones très différentes de part leur topographie, leur urbanisation, leur situation avant le séisme, leur population. On ne peut répondre aux besoins et apporter des solutions de relogement de la même manière à chacune de ces zones. Parmi elles, Première Urgence a décidé d’intervenir dans les quartiers défavorisés de Martissant et Fontamara, à Port-au-Prince. Bien qu’ils n’aient pas été parmi les plus touchés par le séisme, les conditions de vie y étaient déjà très difficiles avant cette catastrophe. Les besoins des habitants sont donc immenses et malheureusement ils ne reçoivent que très peu d’aide humanitaire du fait notamment de la mauvaise réputation de ces quartiers en termes de sécurité et de la difficulté d’accès à certaines zones.

Répondre aux besoins urgents sans avoir des conséquences néfastes sur le développement des quartiers.

Première Urgence est intervenue dès le 16 janvier en Haïti, au travers d’un partenariat opérationnel avec Aide Médicale Internationale. Nos équipes ont apporté une aide d’urgence à 60.000 personnes vivant dans des camps en leur fournissant des services de base, des biens de première nécessité et en répondant ponctuellement et rapidement aux nouvelles crises qui ont affecté les quartiers. Comme l’explique Serge Gruel, « Aujourd’hui, un an après le séisme, nous sommes vigilants dans la mise en place des réponses que nous apportons aux familles déplacées. Maintenir une aide humanitaire directe sur les camps dont nous avons la gestion présente un risque d’installation permanente et la création de nouveaux bidonvilles. Notre priorité est de favoriser au plus vite la sortie de ces camps ». Pour cela, Première Urgence apporte depuis cette fin d’année une première solution de relogement adaptée au contexte de ces quartiers, où le manque de terrain et les difficultés d’accès sont prégnants, et débute en 2011 des activités de relance économique tout en étudiant d’autres solutions de reconstruction et relogement.

Source : Première Urgence (PU)

Date : 04 Jan 2011