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Washington avertit Préval : Plus de soutien à Haïti, sans l’élection rapide d’un successeur légitime

L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice, a envoyé ce message au chef de l’Etat sortant en réclamant la prise en compte des recommandations de l’OEA et la publication d’un "calendrier crédible" du second tour ; pour sa part, Michel Martelly serait prêt à choisir Jean-Claude Duvalier comme conseiller s’il accède à la présidence

Publié le jeudi 20 janvier 2011

L’administration Obama a lancé jeudi une sévère mise en garde au Président René Préval en affirmant qu’Haïti courait le risque de perdre le soutien des Etats-Unis et de la communauté internationale si un gouvernement démocratique, reflétant l’expression de la volonté populaire, n’arrive pas rapidement au pouvoir.

"Un soutien durable de la communauté internationale, y compris des Etats-Unis, exigera un processus crédible qui représente la volonté du peuple haïtien", a averti l’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice, lors d’une intervention devant le Conseil de sécurité.

"Nous exhortons les autorités haïtiennes à définir une voie très claire qui mènera rapidement à l’inauguration d’un gouvernement démocratiquement élu", a poursuivi la diplomate en précisant que ce processus doit s’accompagner d’un "calendrier crédible".

Dans la foulée, Mme Rice a estimé nécessaire la mise en oeuvre des recommandations de la mission technique de l’Organisation des Etats américains appelant à l’éviction du candidat du pouvoir, Jude Célestin, du second tour des présidentielles controversées de novembre.

Elle a, par ailleurs, critiqué l’étrange retour en Haïti de l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier après 25 ans d’exil, craignant d’éventuelles conséquences politiques néfastes d’un tel événement. "Les Etats-Unis sont inquiets de l’impact imprévisible du retour de Duvalier sur la situation politique d’Haïti. Mon gouvernement sait quel est le bilan notoire de Duvalier en matière de droits de l’Homme et de corruption", a indiqué Susan Rice.

Arrivé dans les résultats préliminaires en troisième position derrière la démocrate-chrétienne Mirlande Manigat et le poulain du chef de l’Etat sortant, Jude Célestin, le chanteur Michel Martelly, qui semble bénéficier du soutien des duvaliéristes, s’est réjoui de l’arrivée dimanche dernier de Jean-Claude Duvalier. Il serait même prêt à faire de lui son conseiller en cas de victoire aux élections.

Après de graves violences ayant interrompu un processus électoral contesté, au lendemain de la publication, début décembre, des premiers résultats, des experts de l’OEA ont, dans le cadre d’une mission d’évaluation, relevé des fraudes caractérisées en faveur de M. Célestin et recommandé sa rétrogradation au profit de Martelly.

Ce dernier pourrait donc affronter au second tour Mme Manigat, arrivée en tête le 28 novembre.

Cependant, dans un communiqué publié mardi, le Conseil électoral provisoire a laissé entendre qu’il tiendrait compte de ces recommandations au deuxième tour et qu’une éventuelle permutation entre Jude Célestin et Michel Martelly, dans les résultats définitifs dépendrait seulement du traitement des contestations.

Le bureau du contentieux électoral départemental (BCED) devait commencer à se pencher vendredi sur les contestations introduites contre les résultats des présidentielles.

La date du deuxième tour n’est toujours pas connue à trois semaines de la fin du mandat constitutionnel de René Préval, le 7 février.

Le chef de l’Etat, qui ne peut plus se représenter, souhaite, en dépit des protestations de l’opposition, rester au pouvoir, s’il le faut jusqu’au 14 mai (date de sa prestation de serment en 2006) afin, assure-t-il, de céder sa place à un successeur élu et non provisoire. spp/Radio Kiskeya

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul