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Fête de la sculpture : l’Institut Français promène la création dans les rues

Des sculpteurs haïtiens et étrangers investissent l’espace social urbain et plantent leurs actes de production au coeur de Port-au-Prince

Publié le vendredi 13 mai 2005

En partenariat avec la Fondation Africamérica, l’institut français d’Haïti (IFH) a lancé jeudi soir, dans le cadre de la célébration de ses 60 ans, la fête de la sculpture qui réunit les œuvres de 24 sculpteurs haïtiens et congolais. Cette fête, sans précédent, tant dans sa conception que dans sa matérialisation qui placent des objets d’art à la portée du grand public, celui qui n’a jamais eu l’opportunité de vivre l’art dans son quotidien et qui se retrouve parmi des objets provocateurs qui interpellent sa curiosité, appellent ses réactions et ses interrogations.
Dans cette explosion voulue de l’acte de création, la cour de l’institut français, sis au Bois Verna et les trottoirs adjacents font partie de la surface d’exposition, à géométrie variable, réservée aux œuvres de Ronald Mevs, Serge Jolimeau, Ludovic Booz, Patrick Vilaire, Freddy Tsimba, le congolais et bien d’autres.

Cette fête qui doit durer quatre jours, a pour ambition avouée de mettre en relief la diversité de la sculpture haïtienne qui est unique dans la Caraïbe, selon le directeur de l’IFH, Paul Lévy. Cette culture de la sculpture qui s’étend sur plusieurs siècles, résulte estime-t-il, du métissage des techniques et des traditions propres à l’haïtien. Mr Lévy n’a pu résister à l’envie d’exprimer sa fierté d’être à l’origine de la prenmière fête de cette nature en Haïti.

Le recyclage de matériaux de récupération en métal, en verre ou en plastique a permis aux sculpteurs d’offrir au public, des œuvres, certes pas toujours d’une esthétique expressive, mais, souvent étonnantes et proches de la vie courante. Tsimba, par le biais d’une sculpture d’une grande simplicité, montre l’importance incontournable des arbres et des animaux dans l’environnement social ; alors que Jose Delpé, dans son homme-soldat, souligne le rôle stratégique du principe de la défense dans l’accession à la vie.

Une centaine d’œuvres exposées à Port-au-Prince, pendant deux semaines. La commissaire de l’exposition n’hésite pas à qualifier de génial le travail des sculpteurs haïtiens, tout en rendant un vibrant hommage aux amateurs d’art qui, malgré la pluie, jeudi soir, ont fait le déplacement et ne se sont pas privés du plaisir indicible d’esquisser des pas de danse, au rythme endiablé d’un bon rara. Le prix de la passion et l’énergie de la folie. Tout simplement.

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul