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Haïti-Politique

« Double jeu » : la comédie politique à ses plus beaux moments !

Jeux de scène versus manœuvres de coulisses

Publié le jeudi 28 juillet 2011

S’il était donné à tout un chacun de voir autant la scène que les coulisses du théâtre politique haïtien ; de contempler les acteurs principaux autant que les comparses, et même les souffleurs, que de tristes réalités ne découvrirait-on pas ! Que de sordides et macabres sortilèges ne frapperaient pas l’imagination !

Il n’y aurait plus d’ombres au tableau et l’on saurait mieux qui est qui. On cesserait de se tromper sur les auteurs autant que sur les facteurs de l’opprobre qui nous vaut d’être aujourd’hui au banc des nations.

Car, ce que l’on voit, n’est pas toujours ce qui est. Ce que l’on entend n’est bien souvent pas ce qui se dit dans les milieux où, véritablement, se déroule l’action…politique. Il y a le décor et l’envers du décor.

Par exemple, un PM est désigné. L’on croit que c’est bien lui la personnalité choisie. Les officiels s’acharnent en apparence à le présenter comme la « carte », la seule, l’unique. Ils se félicitent qu’il ait été choisi conformément à la Constitution. Il est compétent. Rassembleur et tutti quanti…

En face, on le lapide. On le massacre. On le détruit. Il est affublé de toutes les tares. Il peut représenter un danger pour les « vices et anomalies » indispensables à la survie du système. Car, un scrutin pointe à l’horizon. Il faut du fric. Il faut de l’influence. La réélection constitue la priorité des priorités. L’heure n’a pas encore sonné pour un « Don Quichotte ». Il faut quelqu’un du « sérail politique ». Entendez par politique, celle que l’on pratique en Haïti.

Dans les coulisses du théâtre officiel, où l’on est censé être les partisans naturels du candidat à la primature voué à l’échec, personne ne le soutient véritablement. Aucun des puissants conseillers du « prince » ne le trouve assez conciliant et malléable. On le juge même trop intègre « pour le moment ».

Rouzier et Gousse doivent aujourd’hui en savoir long sur cette pratique du « rat mòde soufle ». Pourquoi, tout de même, ont-ils consenti à jouer ce triste rôle de victimes consentantes ?

Dans les cercles officiels, tout est mis en place en vue de propulser bientôt la « vraie carte ». Il va s’agir d’un prétendant que le parlement ne pourra plus rejeter pour ne pas s’exposer à la vindicte, après avoir barré la route à deux précédents candidats. Grâce au savoir-faire des tenants maintenant historiques du pouvoir dont la plupart se retrouvent dans les milieux d’affaires, le prochain premier ministre désigné saura apaiser les passions, calmer les tensions, rassurer les inquiets, garantir le « partage »tant souhaité du butin gouvernemental.

Malgré le vacarme et les gesticulations, les professions de foi hypocrites, les appuis symboliques au candidat jeté dans l’arène, une nouvelle majorité parlementaire se profile « anba chal ». Une majorité qui serait déjà consentante. Et, bientôt, arrivera le messie. Probablement du cercle très proche du chef de l’Etat. Dans les milieux généralement bien informés, il se dit qu’il devrait être un professionnel sans passé politique connu, sans expérience de gestion de la chose publique, mais très proche du chef de l’Etat.

Marvel DANDIN