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Haïti-ONU-Scandale

En pleine tempête, les pays de la MINUSTAH réfléchissent à son avenir

Axé sur un récent rapport recommandant un désengagement militaire progressif à partir de 2012, un sommet réunit ce jeudi en Uruguay les contributeurs de troupes au sein de la mission onusienne en Haïti, au centre d’un nouveau scandale suite au viol hypermédiatisé de quatre soldats uruguayens sur un jeune haïtien

Publié le mercredi 7 septembre 2011

Les pays sud-américains faisant partie de la Mission dite de stabilisation de l’ONU en Haïti se réunissent ce jeudi à Montevideo pour évoquer l’avenir de la MINUSTAH, sur la sellette en raison de l’implication de quatre casques bleus uruguayens dans une affaire de viol ayant révolté l’opinion publique haïtienne et fait le tour de la planète.

Les ministres de la défense et des affaires étrangères des pays contributeurs de troupes ainsi que le chef de la mission, le diplomate chilien Mariano Fernàndez, doivent se prononcer sur un rapport recommandant un retrait progressif d’Haïti à partir de 2012.

Ce rapport a été produit par une commission technique qui avait séjourné à Port-au-Prince après l’élection du Président Michel Martelly, intronisé en mai dernier, a révélé le ministre uruguayen de la défense, Eleuterio Fernandez Huidobro.

Parallèlement, une source du ministère brésilien de la défense citée par l’AFP affirme qu’aucun calendrier de départ des troupes onusiennes n’a encore été arrêté. Les responsables envisagent d’arriver à une diminution graduelle des effectifs tout en évitant d’éventuels effets négatifs de ce désengagement.

L’Uruguay accueille cette rencontre au moment où ses soldats ont provoqué un scandale unanimement réprouvé en commettant un viol accompagné de sévices corporels sur un adolescent haïtien de 18 ans. Les images répugnantes de cet acte inqualifiable, filmées par les violeurs eux-mêmes sur un téléphone cellulaire, ont été diffusées à profusion sur internet.

L’Etat sud-américain, qui a promis de juger les coupables, a exprimé mardi ses plus profonds regrets. Le Président Jose Mujica a ainsi présenté, pour "l’outrage" commis à Port-Salut (sud), ses excuses à son homologue haïtien, Michel Martelly, qui a lui-même condamné "cet acte qui, souligne-t-il, révolte la conscience nationale" et a sollicité un "rapport détaillé" .

Pour sa part, le chef du bataillon uruguayen a été démis de ses fonctions et rappelé dans son pays.

Toutefois, ces gestes symboliques et annonces de sanctions sont jugés largement insuffisants par des parlementaires haïtiens et la famille de la victime dont l’existence a basculé dans l’horreur et la honte depuis le crime du 28 juillet.

Lundi, plusieurs centaines de personnes, dont des Sénateurs et des élus locaux, avaient manifesté devant la base des soldats uruguayens à Port-Salut pour exiger le retrait immédiat de la MINUSTAH, accusée d’être responsable de plusieurs autres scandales sexuels et de l’introduction de l’épidémie de choléra ayant fait plus de 5.000 morts.

Déployée depuis juin 2004 et placée sous commandement brésilien, la mission onusienne, forte de 12.000 hommes, en majorité des militaires, compte 18 contributeurs en effectifs, parmi eux une dizaine de pays latino-américains, l’Argentine, la Bolivie, le Chili, l’Equateur, le Guatémala, le Paraguay,le Pérou et l’Uruguay.

Son mandat actuel arrive à expiration le 15 octobre prochain, mais le Conseil de sécurité de l’ONU devrait, sauf surprise, le renouveler une fois de plus. spp/Radio Kiskeya