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L’enquête sénatoriale piétine : Westner Polycarpe invite l’Exécutif à collaborer et Steven Benoît appelle les fautifs à démissionner

Les OP Lavalas s’emparent du dossier pour mettre la pression sur les investigateurs et évoquer un possible départ anticipé du Président Michel Martelly

Publié le jeudi 26 janvier 2012

Des changements sont intervenus au sein de la commission sénatoriale spéciale d’enquête sur la nationalité dont les travaux avancent très lentement au moment où les suspicions sur l’éventualité de la citoyenneté étrangère du chef de l’Etat et d’autres membres de l’Exécutif font des vagues.

Le premier Sénateur du nord, Westner Polycarpe, a remplacé son collègue Dieuseul Simon Desras contraint de se retirer en raison de sa récente élection à la tête du bureau du Grand Corps.

En dépit de ses protestations, Moïse Jean-Charles, le dénonciateur de la présumée naturalisation de Michel Martelly, a été écarté de la commission au profit de Jean-Baptiste Bien-Aimé, autre élu de la plateforme INITE.

Mettant l’accent sur la grande délicatesse des dossiers au centre des investigations, le Dr Polycarpe affirme que les recherches se poursuivent en vue de retrouver les documents susceptibles d’étayer les accusations du Sénateur Jean-Charles.

Pour le parlementaire, l’accès aux passeports et autres documents de voyage du Président Martelly, du Premier ministre Garry Conille, des ministres et secrétaires d’Etat reste la voie royale pour vérifier leur nationalité. Aussi, en appelle-t-il à la coopération de tous les intéressés.

De son côté, le Sénateur Steven Benoît, également membre de la commission d’enquête, souligne que l’article 56 de la constitution interdit formellement à tout détenteur d’un passeport étranger de devenir ministre ou secrétaire d’Etat. Il invite tous les membres du gouvernement Martelly/Conille se trouvant dans cette situation à présenter leur démission, car, ils ne sont pas autorisés à engager le pays à travers des décisions politiques ou leur participation au conseil des ministres.

Le premier Sénateur de l’ouest rappelle que, sous l’empire de la charte fondamentale de 1987, des ministres ont dû déjà renoncer à leurs fonctions à cause de leur citoyenne étrangère.

Parallèlement aux accusations répétées du Sénateur Moïse Jean-Charles, des éléments du secteur Lavalas sont passés à l’offensive contre le Président Michel Martelly qui serait un ressortissant américain et italien. Scandant à tue-tête sous forme de quolibet le slogan « Tèt Kale », cher à l’actuel dirigeant haïtien, l’organisation Ghettos Unis, basée dans le quartier populaire du Bel-Air, a menacé jeudi de passer à la vitesse supérieure en cas de refus de la commission sénatoriale de dire la vérité sur le statut de M. Martelly.

Le porte-parole de cette OP, Wilson Mésilien -un ancien proche du coordonnateur de la Fondation 30 septembre, Lovinsky Pierre Antoine, disparu depuis 2007- en a profité pour accuser le chef de l’Etat d’avoir « bluffé » la population et manqué à ses promesses électorales.

Pour leur part, trois militants Lavalas fidèles à l’ex-Président Jean-Bertrand Aristide, Rony Thimothé, Eder Rosier alias Dessalines et Byron Odigé sont venus au studio de Radio Kiskeya pour réclamer la démission du Président et la mise en place d’un gouvernement provisoire destiné à organiser des élections anticipées. Très critiques envers Michel Martelly pour sa visite mardi au Bel-Air à l’occasion de l’inauguration d’une cantine populaire, les trois hommes ont félicité les riverains qui auraient chahuté l’ancien chanteur au pouvoir depuis huit mois. spp/Radio Kiskeya