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Andrésol : Les policiers grévistes rappelés à l’ordre, les "manipulateurs" avertis

Pointant du doigt les trafiquants de drogue et annonçant à mots couverts des mesures coercitives à l’encontre de ceux qui se présentent comme des "militaires démobilisés", le commandant en chef de la Police Nationale, entouré des membres du haut commandement, a exigé un retour immédiat à la normale au sein de l’institution paralysée lundi dans le cadre d’un arrêt de travail contre le meurtre de Walky Calixte

Publié le lundi 23 avril 2012

Le directeur général de la Police Nationale, Mario Andrésol, a fermement rappelé à l’ordre lundi les agents de la Police Nationale impliqués dans des mouvements de protestation et lancé une sévère mise en garde à des secteurs qui seraient en train de manipuler les agents de la PNH, parmi eux des narcotrafiquants.

Dans un appel au calme lancé devant la presse à titre de commandant en chef de l’institution, M. Andrésol a exhorté les policiers à « se ressaisir », à l’issue d’une journée de grève et de tension ayant entraîné une nette absence dans les rues de Port-au-Prince de la police dont une partie ne décolère pas contre le Député Rodriguez Séjour depuis l’assassinat, la semaine dernière, de l’agent Walky Calixte.

Durant toute la journée, des barricades de pneus enflammés ont considérablement ralenti la circulation à Carrefour (banlieue sud) et en d’autres points de la zone métropolitaine où les activités scolaires et commerciales ont été perturbées.

« Les policiers ne sont pas autorisés à faire la grève ni à prendre part à des protestations », a répété le patron de la PNH, qui invite les protestataires à faire passer autrement leurs revendications, en s’appuyant sur les règlements intérieurs proclamant le caractère hiérarchisé de l’institution et la primauté de la discipline. Dans une allusion à peine voilée aux hommes armés présents sur le territoire qui se réclament de l’ancienne armée, Mario Andrésol précise qu’aucun comportement déviant ou illégal ne sera toléré de la part des policiers ou d’autres groupes et annonce des mesures de redressement adoptées conjointement avec la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH).

A propos du cas de Calixte, au cœur d’une actualité très agitée depuis la mort, mardi dernier, du policier, précédée d’une vive altercation avec le Député Séjour, le directeur général appelle ses frères d’armes à attendre les résultats de l’enquête judiciaire qui, espère-t-il, sera diligentée avec célérité sur cette affaire.

S’exprimant au QG de l’unité spécialisée Swat Team, en présence des membres du haut commandement de l’institution policière, il a dénoncé « ceux qui, à des fins inavouées, encouragent les membres de la PNH à aller à l’encontre de la loi ». Sans pour autant accepter le fait que ses troupes venaient d’observer une journée de grève, M. Andrésol a fait savoir que plusieurs patrouilles policières avaient dû abandonner précipitamment les carrefours de l’aviation, de l’aéroport et Marassa où des individus leur lançaient des pierres.

« Toutes sortes de gens tentent aujourd’hui de manipuler la police, y compris les trafiquants de drogue et ceux qui ne peuvent pas intégrer l’institution », a expliqué, sur un ton d’avertissement, le commandant de l’unique force de sécurité nationale qui, souligne-t-il, doit éviter à tout prix de courir les risques d’une déstabilisation semblable à celle qui avait emporté les Forces Armées d’Haïti (FAd’H), dissoutes en 1995.

Comme un état-major de crise, l’air grave, autour de Mario Andrésol se trouvaient notamment son chef de cabinet, Jean Yonel Trécil, le directeur départemental de l’ouest, Michel-Ange Gédéon, le directeur central de la police judiciaire (DCPJ), Godson Orélus, et le chef du service de la circulation, Will Dimanche. spp/Radio Kiskeya

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul