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Point de presse hebdomadaire de la MINUSTAH

La reconstruction, la conjoncture politique et les problèmes sécuritaires étaient au menu des interventions de la mission onusienne ce jeudi 10 mai

Publié le jeudi 10 mai 2012

POINT DE PRESSE DES NATIONS UNIES
Jeudi 10 mai 2012

Invité : Monsieur Josef Leitmann, Gestionnaire du Fonds de Reconstruction d’Haïti
Animé par :

-Sylvie van den Wildenberg, Porte-parole de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti

- Michel Martin, Porte -parole de la Police des Nations Unies

- Commandant Jim Hoeft, Porte-parole adjoint de la Force Militaire de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH)

- Emmanuelle Schneider, Porte-parole d’OCHA

INTERVENTION DE SYLVIE VAN DEN WILDENBERG, PORTE PAROLE DE LA MINUSTAH
Bonjour à tous et à toutes
Merci d’être parmi nous pour cette conférence de presse de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti, je salue nos auditeurs de MINUSTAH FM qui nous écoutent dans les différents départements du pays. Nous avons aujourd’hui un invité, M. Josef Leitmann, gestionnaire pour le Fonds pour la reconstruction d’Haïti qui nous prêtons notre tribune pour qu’il vous présente le rôle actuel du Fonds. Nous aurons donc une conférence de presse en deux parties, aujourd’hui, pour ne pas retenir trop longtemps M. Leitmann qui a un agenda chargé, nous procéderons a la présentation de M. Leitmann puis nous discuterons ensuite des autres questions a l’ordre du jour de cette conférence, d’ordre politique, sécuritaire et humanitaire, avec Madame Emmanuelle Schneider, la porte parole d’OCHA qui est également parmi nous aujourd’hui. Je donne immédiatement la parole à M. Leitmann pour sa présentation. Merci M. Leitmann.
PRESENTATION DE MONSIEUR JOSEF LEITMANN, GESTIONNAIRE DU FONDS DE RECONSTRUCTION D’HAITI
Chers membres de la presse,
Chers représentants des agences des Nations Unies,
Mesdames, Messieurs,
Le Fonds de reconstruction d’Haïti (FRH) remercie les Nations Unies pour leur invitation à ce point de presse.
Nous saisissons l‘occasion qui nous est offerte pour féliciter le Premier ministre et Ministre des affaires étrangères et des cultes, Monsieur Laurent Lamothe ainsi que les nouveaux membres du gouvernement pour leur nomination.
Le FRH salue en particulier la nomination de la Ministre de l’économie et des finances, Mme Marie-Carmelle Jean Marie, qui selon les statuts du FRH sera la nouvelle présidente du Comité de Pilotage du FRH. Le FRH se réjouit également de la nomination de la Ministre de la planification et de la coopération externe, Mme Josépha Raymond Gauthier avec laquelle il devrait être amené à travailler dans un futur proche. Nous félicitons enfin l’observateur de la société civile au Comite de Pilotage du FRH, Mme Rose Ann Auguste qui a été nommée Ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée des droits de l’homme et de la lutte contre la pauvreté extrême.
Le FRH se réjouit par avance d’une collaboration efficace avec le nouveau gouvernement afin de servir le peuple haïtien dans la reconstruction d’Haïti. Il souhaite rappeler aux membres du gouvernement et aux citoyens haïtiens les principes directeurs du FRH, étant (i) le leadership du gouvernement Haïtien ; (ii) la plus grande source de financement non-programmé afin de combler les lacunes et répondre aux besoins les plus urgents pour la reconstruction ; et (iii) un partenaire à longe terme pour la reconstruction. Le Fonds a été créé en mars 2010 en tant que partenariat entre le Gouvernement d’Haïti et la communauté internationale et. A date 19 bailleurs ont contribué presque 400 millions de dollars au FRH. A la demande du Gouvernement, le Fonds a alloué $274 millions de dollars pour 17 programmes de reconstruction prioritaires dans des secteurs tels que le logement, l’enlèvement des débris, la création d’emplois, la réduction des risques de désastres, l’éducation et l’appui budgétaire.
Sur les 17 activités, trois ont été financées en réponse à des demandes de financement du gouvernement Martelly. Nous sommes la plus grande source de financement du programme 16/6 à hauteur de 30 millions de dollars et avons financé des projets prioritaires dans le domaine de l’éducation (formation professionnelle) et de création d’emplois (réseau national de laiteries).
120 millions de dollars restent actuellement disponibles pour les activités de reconstruction prioritaires. Le FRH se tient prêt à répondre à des nouvelles demandes de financement du Gouvernement afin d’allouer ces fonds aux activités les plus urgentes.
L’objectif principal de cette rencontre est de lancer notre troisième bulletin trimestriel. Le bulletin présente les activités du Fonds de janvier à mars, les résultats des activités réalisées grâce au financement du FRH avec un focus sur le logement et le statut financier du Fonds.
Les projets financés par le FRH ont connu une nette accélération dans leur mise en oeuvre au cours de 2012. Etant donné que nous sommes aujourd’hui dans le contexte onusien nous voudrions saluer particulièrement le travail que nos partenaires onusiens ont réalisé à travers les programmes conjoints, incluant plusieurs agences des Nations Unies. Pour mémoire le FRH travaille avec trois entités partenaires chargées de superviser les projets qui sont mis en oeuvre par des agences et ministères du gouvernement, ainsi que des organisations non-gouvernementales locales et internationales. Les trois entités sont les Nations Unies, la Banque mondiale et la Banque Interaméricaine de Développement.
Avec 132 millions de dollars, soit 48% du total des fonds alloués, pour 5 projets de logements, le FRH donne un soutien significatif à la priorité du gouvernement de Martelly d’assurer de logements sécuritaires pour les personnes déplacées par le séisme, de même que l’amélioration des quartiers urbains. Toutefois, la nature informelle de nombreux quartiers affectés, les pertes d’avant le séisme et la pauvre qualité du marché et des infrastructures de logement, et la vulnérabilité de beaucoup de sites augmentent la complexité du secteur logement pour des interventions. De plus, la majorité des personnes déplacées sont des anciens locataires et non des propriétaires de maisons, ce qui demande une augmentation considérable dans le nombre de maisons disponibles sur le marché de location. Néanmoins ces défis sont relevés en partie grâce au soutien financier du FRH –
• Plus de 2750 ménages ont reçu un appui pour quitter les camps et retourner à leurs quartiers d’origine ;
• 2000 ménages auront des maisons sécurisées grâce à des prêts pour la réparation et la reconstruction de maisons, ou des subventions pour la location ;
• Des plateformes communautaires ont été établies pour appuyer l’identification des solutions pour le logement et fournir un support aux familles retournant dans leurs quartiers ;
• Le bâtiment de l’IHSI a été réparé et rénové ;
• La construction de cinq centres d’évacuation à Petit-Goâve et à Port-au-Prince a été complétée et neuf centres d’évacuations ont été réparés ;
• Les 30 millions de dollars de financement du FRH pour le démarrage du projet 16/6, ont conduit à l’apport de contributions additionnelles totalisant 19,9 millions de dollars d’autres bailleurs.
Dans d’autres secteurs le financement du Fonds a, entre autre, contribué à
• La démolition de 1842 maisons rouges ;
• L’enlèvement de plus de 360 000 mètres cube de débris dans des zones très difficiles d’accès, dont 20% ont été recyclés.
• La création de plus de 9000 emplois temporaires dont 35% pour des femmes.
• L’appui à 800 femmes entrepreneuses avec une formation professionnelle sur la gestion des affaires et l’accès aux marchés.
• L’émission de plus de 3 millions de garanties pour aider 8 245 entreprises et micro-entreprises, garantissant 10,6 millions de dollars en prêts.
• La construction de 430 mètres linéaires de canaux de drainage construits et le nettoyage de 30 kilomètres dans le Sud.
• Le renforcement de 1320 mètres linéaires de murs en gabions qui ont atténué l’impact de la saison 2011 des ouragans
• Le reboisement de plus de 200 hectares
• La mise à jour de l’inventaire national de la DPC sur les bâtiments identifies comme centres d’évacuation (plus de 600 bâtiments ont été visités et évalués).
Le FRH va bientôt atteindre deux ans d’existence. Le bilan est positif en ce qui concerne la performance, puisqu’il est l’un des fonds de reconstruction les plus efficaces au monde en ce qui concerne la mobilisation des fonds. C’est également une organisation efficace et à coûts administratifs faibles, à savoir moins de 3 % des ressources mobilisées.
Totalement indépendant de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) dont le mandat a expiré le 21 octobre 2011, le FRH demeure un partenaire à long terme du gouvernement haïtien puisqu’il sera présent jusqu’en 2017. La CIRH représentait le gouvernement haïtien pour recevoir, évalue, approuver et soumettre les requêtes de financement au Fonds.
Le gouvernement haïtien a proposé le MPCE comme nouvelle contrepartie gouvernementale, qui est un partenaire naturel de par son rôle de coordination de l’aide extérieure. Le mécanisme envisagé serait le suivant : le MPCE serait chargé de revoir et évaluer les propositions de requêtes de financement, le Premier Ministre recevrait et recommanderait l’évaluation du MPCE au Conseil des Ministres qui déciderait des requêtes devant être présentées au FRH pour financement.
Le processus est en cours de finalisation et nous nous réjouissons de travailler avec notre contrepartie gouvernementale au succès de la reconstruction.
Pour mémoire, sans une contrepartie au gouvernement, le FRH ne peut allouer aucune des ressources restantes, soit environ 120 millions de dollars.
Le FRH rappelle qu’il a d’ores et déjà travaillé avec le gouvernement haïtien et répondu à ses demandes de financement prioritaires pour la reconstruction à hauteur de274 millions de dollars. Il se tient prêt à répondre aux nouvelles demandes du gouvernement haïtien.
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INTERVENTION DE LA PORTE PAROLE DE LA MINUSTAH, Sylvie van den Wildenberg
Vote de confiance du Sénat sur la Déclaration de politique générale du Premier Ministre Laurent Lamothe et fin du mandat de 10 sénateurs
La MINUSTAH se réjouit du vote de confiance du Sénat de la République sur la Déclaration de politique générale du Premier Ministre Laurent Lamothe. Après plusieurs mois d’incertitude politique, Haïti a besoin d’un gouvernement pour répondre aux besoins et aux attentes légitimes de la population.
La MINUSTAH a pris note de l’échéance du mandat de 10 sénateurs le 8 mai dernier. Le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Haïti, M. Mariano Fernández Amunátegui, salue les sénateurs pour leur travail aux cours des six dernières années.
Le Sénat, amputé d’un tiers de ses membres, se retrouve maintenant confronté à une situation délicate. Nous sommes confiants que les sénateurs restants sauront faire preuve de la sagesse politique nécessaire pour assurer la continuité de cette institution importante.
La situation dans laquelle se retrouve le Sénat est la conséquence du retard dans le déclenchement du processus électoral. La MINUSTAH constate que le non respect récurrent des échéances électorales stipulées par la Constitution a un impact sur la stabilité politique en Haïti.
Nous invitons les pouvoirs publics à faire en sorte que les élections législatives et municipales se tiennent le plus tôt possible et que calendrier électoral constitutionnel soit respecté à l’avenir. La MINUSTAH, comme par le passé, appuiera l’État dans l’organisation des prochaines élections.
Questions sécuritaires

Avant de passer la parole à mes collègues de la Police des Nations Unies et de la Force sur les activités de ces deux composantes de la Mission je voudrais vous faire une brève déclaration pour rappeler le contexte de l’appui de la MINUSTAH à la police haïtienne dans sa lutte contre la présence d’individus en possession illégales d’armes :

Cet appui s’inscrit dans le cadre des mesures de suivi de décisions prises par le Gouvernement d’Haïti – qui ces derniers mois, a publié, comme vous le savez, plusieurs communiqués importants sur la question, et plus de dix déclarations publiques sur le sujet, lesquelles sont -pour rappel - compilées dans un aide mémoire à votre disposition dans cette salle.

Parmi ces derniers, on se souviendra notamment :
1) Un communiqué de presse du Ministre de l’Intérieur des collectivités territoriales et de la défense nationale en date du 2 mars 2012 par lequel ce dernier je cite « demande à tous les détenteurs d’armes de guerre a quelque groupe ou corps ils appartiennent, de les déclarer pour identification, dans un délai de 15 jours ».
2) Un communiqué de la Présidence en date du 5 mars je cite, interdisant formellement aux militaires démobiliser de circuler en uniforme et d’avoir des armes.
3) Un communiqué du Ministre de l’intérieur des Collectivités territoriales et de la Défense nationale, en date du 20 mars 2012 par lequel ce dernier demande je cite « aux détenteurs d’armes illégales en treillis militaires circulant dans plusieurs localités du pays et exerçant des activités illégales de cesser ces activités et de quitter les anciennes casernes appartenant à l’Etat haïtien ».
4) Le communiqué du Ministre de l’Intérieur du 18 avril qui condamne avec véhémence la présence d’individus en treillis militaires devant le parlement haïtien le 17 avril 2012 et informe que sous aucun prétexte le Gouvernement ne tolérera qu’en marge de la loi des individus armes continuent impunément de troubler la paix publique.
5) La déclaration faite par le Président de la République sur Radio Scoop FM et diffusée en date du 28 avril 2012 : « Le Gouvernement et la MINUSTAH travaillent ensemble sur la méthode devant permettre de déloger les démobilisés des camps qu’ils occupent. Il faut rétablir l’ordre au pays, ils doivent me permettre de pouvoir créer la nouvelle force dans l’ordre et la discipline ».

C’est donc dans ce contexte que s’inscrit l’appui de la MINUSTAH à la PNH dans sa lutte contre la menace que constitue la présence et la circulation d’individus en possession illégale d’armes sur le territoire national, y compris d’individus en tenue para militaires, et ce conformément au mandat qui lui a été conféré par le Conseil de sécurité des Nations Unies qui vise à appuyer les pouvoirs publics d’Haïti dans la stabilisation et la sécurisation du pays, le renforcement des institutions démocratiques et de l’Etat de droit.

INTERVENTION DE MICHEL MARTIN, PORTE PAROLE DE LA POLICE DES NATIONS UNIES
Plusieurs actions de formation au profit des policiers de la PNH ont été organisées par l’académie de police au cours du mois d’avril et début mai 2012.
Il y a eu des cours de rattrapage dispensé à de nombreux policiers de la PNH dans plusieurs départements au pays au niveau de mise a jour des connaissances sur le terrain. (Droits de la personne, planification d’opérations policières, discipline)
Également, des formations spécialisées en matière de circulation routière ont été suivies pendant plusieurs jours par 17 officiers de police de la PNH.
L’unité d’entrainement spécialisé a mis en place une formation en matière de sécurité rapprochée qui a été suivie par 18 policiers de la PNH.
Cette formation initiale comme l’enseignement spécialisé est donné par 45 UNPOL de la MINUSTAH susceptibles de mettre des actions de formation en place aussi bien à Port-au-Prince qu’en province. Ils forment également les futurs formateurs de la PNH qui seront amenés à les remplacer dans cette mission.
Examens de recrutement, futurs agents, 24e promotion PNH
2.272 candidats dont 103 femmes ont participé, le dimanche 6 mai 2012, à la seconde étape de recrutement des futurs agents de la 24e promotion de la (PNH), à l’Académie de Police, à P.A.P Tout comme lors la précédente phase, qui a eu lieu le dimanche 22 avril dernier, les candidats ont été soumis à des épreuves écrites.
Cette nouvelle phase d’épreuves écrites a du être organisée en raison du nombre trop élevé de candidats qui s’étaient présentés lors des tests écrits du 22 avril dernier. Ceux qui n’ont pas pu participer aux épreuves, par manque de place, ont été invités à passer le test ce dimanche. 6 mai ». Quelque 50 UNPOL ont été déployés sur place pour appuyer la PNH dans la surveillance des épreuves, qui se sont déroulées dans 18 salles de l’Académie de Police.
Le concours de recrutement des futurs agents de police est organisé dans le cadre du Plan de développement de la PNH 2012-2016 cosigné par la MINUSTAH et la Direction de la PNH qui prévoit la formation de 16.000 policiers d’ici à 2016, à raison de 1.200 nouvelles recrues formées chaque année.
Au niveau opérationnel, les UNPOL accompagnent la PNH dans le renforcement des ses compétences sur le terrain. Les points de contrôle conjoint (PNH/UNPOL/MILITAIRES) toujours en place, ont pour objet de lutter contre l’insécurité générale et de procéder à l’interpellation d’individus susceptibles d’être en possession d’armes à feu.
Ces opérations de contrôle ont lieu à P.A.P. et dans les autres départements du pays.
INTERVENTION DU PORTE PAROLE MILITAIRE ADJOINT DE LA FORCE DE LA MINUSTAH, COMMANDANT JIM HOEFT
Mon collègue, le porte-parole de la Police des Nations Unies, Michel Martin, a déclaré que la MINUSTAH appuyait le gouvernement d’Haïti et ses efforts visant à établir la primauté du droit et à assurer la stabilité et la sécurité dans le pays, conformément à la résolution 2012 du 14 octobre 2011 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
La composante militaire, tout comme la composante police, soutient donc la police nationale haïtienne, en participant aux contrôles effectues de façon conjointe pour détecter et prévenir les activités illicites.
La composante militaire dispose de 7340 soldats de la paix œuvrant au quotidien pour remplir les missions qui lui ont été confiées dans le cadre du mandat qu’elle a reçu.
Tout en participant aux contrôles en cours, nous menons actuellement une action de formation à Port-au-Prince. Sept citoyens haïtiens sont en train de participer au projet « kizuna », c’est-à-dire à une formation de quatre semaines menée par les sapeurs japonais.
Nous espérons que le projet « Kizuna » deviendra un programme clé de formation dans le cadre du soutien au nouveau plan de planification urbaine du gouvernement d’Haïti ; un plan qui a été proposé par le Président Michel Martelly et qui est actuellement mis en œuvre par M. Yves Jean Robert, Directeur général du ministère de la Planification et de la coopération externe.
Au cours des quatorze prochaines semaines, 24 citoyens haïtiens seront ainsi formés à l’utilisation d’équipements lourds de travaux publics.
INTERVENTION D’ EMMANUELLE SCHNEIDER, PORTE PAROLE D’ OCHA
Bonjour à tous,
La transition du pays est en bonne voie. Une équipe spéciale sur la transition a quitté Haïti le 8 mai après avoir passé deux semaines dans le pays. Cette équipe était composée du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), (Stratégie internationale pour la réduction des risques (ISDR) et le Bureau de prévention des crises et du relèvement du PNUD. Elle devrait soumettre ses recommandations au gouvernement en fin de semaine prochaine.
Alors, en fait qu’est ce que c’est que la transition. Eh bien, dans un contexte où les besoins humanitaires ont baissé, le processus de transition voit la désactivation graduelle des clusters qui avaient été activés au lendemain du tremblement de terre et le transfert de leurs responsabilités au gouvernement. Au lendemain du 12 janvier, 12 clusters, ou encore des secteurs, avaient été activés : santé, eau hygiène assainissement, gestion des camps, abris d’urgence, aide alimentaire, agriculture, nutrition, logistiques, protection, relèvement rapide, télécommunication d’urgence et services de coordination et de soutien.
L’Equipe spéciale est venue soutenir le processus de désactivation des clusters et le transfert de leurs responsabilités aux contreparties gouvernement pour que celui-ci prenne les rennes de la coordination en cas d’urgence.
Toutefois, il existe encore des besoins humanitaires résiduels, ce qui signifie que la communauté humanitaire maintiendra encore une présence en soutien au gouvernement. Ces besoins sont liés à l’épidémie de choléra, à la saison des pluies et la saison cyclonique et aux besoins des personnes qui vivent encore dans les camps.
En effet, selon les données transmises par l’Organisation internationale des migrations la semaine dernière, il existe encore 602 sites accueillant 420,513 individus. Ce chiffre est encore important même s’il correspond à une diminution de 14% de la population déplacées entre mars et en avril. Il s’agit de la baisse la plus importante depuis mars 2011. Cela correspond également à une baisse de 73 pour cent depuis juillet 2010, date à laquelle la population record dans les camps avait atteint 1,5 million.
La qualité de l’eau de boisson dans les camps a augmenté pour passer à 63 pour cent mais en revanche les conditions d’hygiène se sont dégradées.
Une allocation de 3,5 millions de dollars de Fonds central de réponse aux urgences a été allouée au secteur de l’hygiène dans les camps mais le nombre de vidangeurs (bayakous) manuels des latrines, ne sont pas encore en nombre suffisant et le niveau de détérioration des latrines retarde leur remise en mars. Cette détérioration s’explique par le fait que dans la deuxième partie de 2011, le manque de financement avait mené au retrait de nombreuses ONG qui opéraient dans ce domaine et à l’arrêt de la flotte des camions de vidange opérée par la DINEPA et l’UNOPS.
Le début précoce de la saison des pluies dès le mois de mars a également causé de nombreuses inondations dans les départements du Nord, du Nord-Ouest, des Nippes, de la Grande Anse et du Sud, ce qui porte à 22 le nombre de personnes ayant péri soit à la suite d’éboulements de terrain ou par noyade quand il tentaient de traverser des rivières en crue.

Les pluies ont mené à la contamination des sources d’eau, ce qui a contribué à la propagation du choléra. Juste à titre d’exemple, du 8 au 10 avril, le nombre de nouveaux cas de choléra a plus que quadruplé et nous allons maintenir notre soutien au Ministères de la santé.
Le financement humanitaire reste insuffisant pour mener à bien ces activités. Nous avons assisté à une légère augmentation des fonds, puisque nous disposons maintenant de 14 % des besoins financiers demandés, soit 32 millions. C’est encore trop faible. Le Coordonnateur de l’action humanitaire en Haïti, Nigel Fisher, avait le 27 mars dernier demandé une allocation d’urgence de 54 millions de dollars pour couvrir les besoins prioritaires dans les camps de mars à juin.
Merci.

Questions-Réponses
RFM : Nous constatons comme vous que le mandat de dix sénateurs est arrivé à terme. Qu’est-ce que vous pouvez faire pour encourager le gouvernement à mettre en branle le processus électoral ?
La porte-parole de la Mission : L’un des piliers du mandat de la Mission, outre le renforcement de l’Etat de droit et le renforcement de la stabilité, c’est de soutenir le processus politique et le processus électoral. Une fois que le déclenchement est fait, nous avons tout l’appui technique. Mais à ce stade-ci, ce sont surtout, ce sont tous les bons offices du Représentant spécial et de son équipe des Affaires politiques.

SCOOP : Madame la porte parole, est-ce que la MINUSTAH avait participé la semaine dernière aux côté de la PNH dans une opération pour arrêter des anciens militaires, c’était dans la commune de Carrefour ?

La porte-parole de la Mission : Je crois que cela avait été clairement rapporté par la police haïtienne et confirmé par notre porte-parole militaire en début de semaine. Je ne crois pas que l’on doive parler d’une opération. Cela entre dans les activités quotidiennes de la Mission. Cela fait partie de notre mandat d’appuyer la police dans le cadre de la lutte contre des individus qui portent des armes de manière illicite. Cette arrestation s’est passée à un point de contrôle où il y a deux personnes qui sont passées avec des armes et ils se sont fait arrêter par la PNH. Je donne la parole au Commandant Hoeft qui a une précision à vous donner.

Il est important de préciser que les deux individus ont été arrêtés à un point de contrôle conjoint de la PNH et de la MINUSTAH, mais que les deux personnes ont été arrêtées par la police haïtienne et ont été emmenées au commissariat toujours par la police haïtienne. La force des Nations Unies comme la police des Nations Unies sont ici pour appuyer la police haïtienne. Ce type de « check points’/points de contrôle n’est pas nouveau.

Un journaliste : Est-ce que cela veut dire que la MINUSTAH a reçu l’ordre d’accompagner la PNH pour déloger les anciens militaires ?
Le porte-parole militaire adjoint : Nous ne sommes pas ici pour arrêter x ou y en particulier. Nous sommes là pour mettre fin aux activités illégales en appui de la police haïtienne. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les actions que vous avez évoquées. Et cela se fait dans le cadre de notre mandat de stabilisation et de renforcement de l’Etat de droit.

Un journaliste : Quel appui exactement la MINUSTAH donne à la PNH en vue d’aider à déloger les ex-militaires ?
Le porte-parole de la police des Nations Unies : Dans l’ensemble, l’accompagnement se fait sous différentes formes. Il y a des activités de planification où par exemple, l’on décide de positions à prendre dans des endroits stratégiques, etc.… Cela peut aussi être un soutien logistique, la présence physique de véhicules et d’équipements nécessaires pour faire face à différentes situations qui peuvent se présenter.

RCH 2000 : Ne craignez-vous pas un éventuel affrontement entre la police haïtienne et les ex-FADH ?
La porte-parole de la Mission : Pas plus ni moins que tout affrontement possible avec tout individu en possession d’armes illégales et menant des activités illégales. Ni plus ni moins.
[Question inaudible, ici. Donc, écartée.]
La porte-parole de la Mission : Pas d’autres questions ? Alors je vous quitte pour quelques semaines. A bientôt.

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