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Haïti-Constitution

Martelly tarde trop à publier l’amendement corrigé, dit le président du Sénat

Si son collègue François Lucas Saint-Vil se situe sur la même longueur d’onde que Dieuseul Simon Desras, en revanche, le Sénateur Jean William Jeanty appelle, au nom du Groupe des neuf, à un front commun des partis politiques et de la société civile contre le texte jugé dangereux pour l’avenir du pays et de la démocratie

Publié le mercredi 6 juin 2012

Le président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, a estimé mercredi que le Président Michel Martelly met trop de temps à confirmer la version amendée de la constitution en indiquant qu’il n’avait qu’à autoriser la parution dans le journal officiel de la république du texte corrigé, acheminé depuis plusieurs mois à l’Exécutif.

Tout comme son homologue de la Chambre des Députés, Levaillant Louis-Jeune, le Sénateur du Plateau Central (centre) affirme qu’il ne revient pas au chef de l’Etat de promulguer la nouvelle charte fondamentale, une étape déjà franchie par son prédécesseur, René Préval.

Il incombe seulement à M. Martelly la responsabilité d’assurer la reproduction du texte original voté en assemblée nationale dont les erreurs matérielles avaient été supprimées.

Pour cela, le chef de l’exécutif doit rappeler l’arrêté présidentiel qu’il avait publié en vue de faire retrait de l’amendement constitutionnel controversé, a poursuivi Dieuseul Simon Desras. Il n’a pas hésité à qualifier d’illégal cet acte qui, en aucun cas, ne saurait annuler une loi constitutionnelle adoptée par les deux Chambres du Parlement.

Autre élu favorable au texte pourtant très contesté dans la classe politique et la société civile, François Lucas Saint-Vil soutient que la version corrigée de l’amendement reflète fidèlement les modifications qui avaient été approuvées le 9 mai 2011. En ce sens, le Sénateur du nord-ouest se félicite de la qualité du travail qu’avaient effectué les organisations de la société civile de concert avec le Parlement et les représentants du pouvoir dans le cadre du processus de restitution du document authentique à partir de l’audition intégrale des bandes audio et vidéo de la séance.

A en croire Saint-Vil, la polémique née du projet présidentiel de publication de la constitution modifiée serait motivée uniquement par des intérêts personnels.

Cependant, les opposants demeurent intraitables. Le Sénateur Jean William Jeanty, du Groupe des neuf ayant mis le Président Martelly en garde contre une crise politique majeure, annonce que des consultations sont déjà engagées avec des partis politiques et organisations sociales afin de permettre à plus de voix de s’exprimer contre une éventuelle promulgation de l’amendement.

Soulignant que ce dossier a déjà trop divisé le pays, le parlementaire des Nippes (sud-ouest) souhaite que de nombreuses réflexions interviennent dans le débat pour montrer la nécessité du rejet d’un texte constitutionnel adopté dans des conditions jugées illégitimes. Selon Jeanty, loin d’aider à résoudre les problèmes auxquels est confronté le pays, sa parution dans Le Moniteur va au contraire engendrer des situations de crise.

Alors que le chef de l’Etat semble déterminé à faire entrer en vigueur cette constitution, un tel scénario est redouté dans différents milieux opposés à certaines dispositions relatives notamment à la formation d’un Conseil électoral permanent constitué exclusivement de représentants des trois pouvoirs. spp/Radio Kiskeya