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Des dominico-haïtiens protestent dans diverses villes dominicaines contre leur dénationalisation

A Santo Domingo et dans plusieurs provinces, de jeunes manifestants nés de parents haïtiens de l’autre côté de la frontière ont exigé la révocation immédiate de la résolution 12 de la Junte centrale électorale qui condamne des dizaines de milliers de personnes à être des sans-papiers dans leur propre pays

Publié le mardi 12 juin 2012

Des dominicains d’ascendance haïtienne ont manifesté mardi à Santo Domingo devant le siège de la Junte centrale électorale (JCE) et dans plusieurs provinces pour exiger de l’institution le retrait immédiat et inconditionnel de sa décision d’annuler leur nationalité, une négation totale de leurs droits les plus élémentaires dans la société dominicaine.

Selon le quotidien Listìn Diario, lors de ce sit-in, les représentants du mouvement « Reconocido » ont demandé la fin de la politique de dénationalisation et souligné que la résolution 12 de la JCE empêche des dominicains d’origine haïtienne déjà en possession de documents légaux de disposer d’un acte de naissance.

« Je veux progresser et la Junte m’en empêche, je veux étudier et la Junte m’en empêche, je veux travailler et la Junte m’en empêche », scandaient les protestataires en ajoutant « nous, les jeunes, nous ne pouvons pas être coupables des erreurs de nos parents, c’est une injustice de la Junte centrale ».

Mettant l’accent sur le fait qu’ils étaient nés en République Dominicaine et voulaient aider leurs parents ayant passé leur vie à travailler dans les plantations de canne à sucre à avoir des conditions d’existence bien plus décentes que celles des bateys, Elena Lorac a exhibé la copie de son acte de naissance en affirmant qu’avec ce document elle n’a pu obtenir sa carte d’identification (cédula) en vue de s’inscrire à l’université, il y a trois ans.

La jeune femme a expliqué que les dominico-haïtiens aspirent à terminer leurs études uinversitaires et à se lancer dans des activités productives différentes du statut de personnel domestique ou de celui de vendeur ambulant.

Une autre manifestante, Ana Marìa Belique, a montré sa carte d’identité tout en disant qu’elle se trouve malgré tout dans l’impossibilité d’obtenir certains documents. L’étudiante déclare n’avoir jamais mis les pieds en Haïti, le pays d’où sont originaires ses parents.

Avec le soutien du Service jésuite des réfugiés, du Centre Bonò et d’autres organisations, les protestataires ont réalisé une véritable démonstration de force en faisant entendre leurs voix à Santo Domingo, mais aussi devant les bureaux de la Junte centrale électorale dans les villes de Bayaguana, Guaimate, La Romana, El Seibo, San Pedro de Macorís, Consuelo, Quisqueya et Ramón Santana.

Portée notamment devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme, la question de la suppression illégale de la nationalité des dominicains d’ascendance haïtienne continue d’embarrasser les autorités de Santo Domingo à la veille de l’arrivée au pouvoir, en août prochain, du nouveau Président Danilo Medina. spp/Radio Kiskeya