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Le parti de Jean Yves Jason et son avocat prennent sa défense

Au lendemain de la publication d’un document accusant nommément le ministre Ralph Théano et évoquant des menaces de mort, le Rassemblement des citoyens patriotes innocente l’ex-maire de Port-au-Prince et demande l’annulation du mandat d’amener émis par le parquet tandis que Me Newton Saint-Juste estime inacceptable que l’incendie d’un marché public serve à alimenter des persécutions politiques

Publié le jeudi 28 juin 2012

Le Rassemblement des citoyens patriotes (RCP), organisation politique que dirige Muscadin Jean Yves Jason, a exigé jeudi l’annulation du mandat d’amener délivré par le parquet de Port-au-Prince contre l’ancien maire de la capitale tout en démentant catégoriquement les accusations relatives à son implication dans le récent incendie du marché du port.

Intervenant lors d’une conférence de presse au nom du parti, Eric Placide a appelé le commissaire du gouvernement, Me Jean Renel Sénatus, à assumer ses responsabilités dans ce dossier qu’il estime politiquement orienté. Outre l’invalidation du mandat, il a réclamé la levée de l’interdiction de départ dont fait l’objet l’ancien élu.

Le RCP, qui insiste sur l’innocence de son leader, espère pouvoir compter sur la solidarité de tous les partis politiques attachés à la démocratie.

Pour sa part, l’avocat de Jean Yves Jason, Me Newton Saint-Juste, a tenu à faire savoir qu’aucune charge n’est retenue contre son client pourtant visé par un mandat d’amener. Selon lui, les autorités judiciaires n’avaient pas besoin de chercher à jeter en prison l’ex-maire de Port-au-Prince pour obtenir de lui des explications sur l’organisation de la sécurité des marchés publics.

Me Saint-Juste souligne que la problématique des incendies dans les marchés relève de la sécurité publique et doit être abordée scientifiquement.

Le très fréquenté marché du port avait été en grande partie consumé le 18 juin dernier et de nombreux marchands et marchandes ruinés attendaient cette semaine encore désespérément l’aide du gouvernement afin de faire face, plus ou moins, à leurs responsabilités.

Dans une mise au point rendue publique mercredi, Jean Yves Jason, démis de ses fonctions en février dernier, a rejeté les suspicions que le commissaire Jean Renel Sénatus fait peser sur lui et attribué les poursuites judiciaires en cours à des manœuvres du ministre chargé des relations avec le Parlement, Ralph Théano. Ex-directeur général de la mairie de Port-au-Prince, ce dernier, avait été, affirme l’ancien édile, révoqué en 2007 pour « sabotage de l’administration et d’autres actes innommables ».

Plus loin, le signataire du document, dont la vie serait menacée, pointe du doigt son présumé ennemi avec des éléments précis sur ses agissements. « Le 12 avril 2012, lors d’une invitation que le commissaire (Sénatus) m’adressa, mes avocats et la presse ont vu Ralph Ricardo Théano transporter de faux témoins dans sa voiture de fonction et haranguer sa meute sur la cour du parquet pour me faire inculper par ledit commissaire pour cause de clameur publique », écrit M. Jason.

Radio Kiskeya a tenté, sans succès, d’avoir la réaction du ministre mis en cause dans cette affaire. spp/Radio Kiskeya