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Haïti-Carnaval-Conspiration

Un complot contre le chef de l’Etat et le carnaval déjoué, selon le gouvernement

Un citoyen répondant au nom de Jean-Robert Vincent, membre d’un supposé réseau, a été arrêté en possession de tracts subversifs après avoir fait des déclarations incendiaires ayant visé Michel Martelly, en mai dernier, a indiqué le secrétaire d’Etat à la sécurité publique, Réginald Delva, à quelques heures du début, dimanche, du carnaval des fleurs en mal de légitimité

Publié le samedi 28 juillet 2012

Le secrétaire d’Etat à la sécurité publique, Réginald Delva, a annoncé samedi l’arrestation en possession de tracts d’un certain Jean-Robert Vincent, accusé d’implication dans un présumé complot visant à déstabiliser le régime du Président Michel Martelly et à empêcher une participation populaire au carnaval des fleurs qui s’ouvre ce dimanche à Port-au-Prince.

Dans la rhétorique traditionnelle des dénonciations de menées subversives, le responsable précise que le suspect a été appréhendé vendredi à l’impasse Lavaud et que les autorités judiciaires et policières ont diligenté une enquête en vue d’épingler les autres membres du réseau dont ferait partie M. Vincent.

Ce dernier aurait, dans des déclarations faites à la télé et à la radio le 25 mai, menacé d’incendier la résidence privée du chef de l’Etat auquel il serait hostile. Ces propos avaient "choqué" la société et l’intéressé était depuis suivi de près, a expliqué Réginald Delva.

Concernant le déroulement des trois jours gras, le secrétaire d’Etat a indiqué que toutes les mesures sont prises afin de garantir la sécurité des carnavaliers. 5.000 policiers -soit environ la moitié de l’effectif de la PNH- seront mobilisés et un système de vidéosurveillance mis en place pour détecter et interpeller les auteurs d’éventuels actes malhonnêtes à l’occasion du premier événement qu’accueillera la grande place du Champ de Mars (centre de la capitale), depuis le départ des nombreux sinistrés du violent séisme de janvier 2010.

Et comme pour apporter pleinement sa caution personnelle à l’organisation de ce carnaval des fleurs controversé considéré comme un héritage du duvaliérisme, Michel Martelly, surnommé « Sweet Micky » durant sa carrière de chanteur, s’est offert un bain de foule samedi soir devant le Palais National en ruine où étaient rassemblés des badauds. Vêtu d’un t-shirt portant l’inscription « Haïti, pale pale w » (Haïti, on se fout de ce que vous dites), il a même dégusté un plat local en compagnie de plusieurs ministres et proches collaborateurs.

Ces derniers jours, le Président s’est évertué à défendre le bien-fondé de l’événement -deuxième carnaval de l’année après celui des Cayes (sud) en février- désapprouvé par une partie de l’opinion publique, la classe politique et des parlementaires qui ont sommé le gouvernement Martelly/Lamothe d’expliquer la provenance du budget de 65 millions de gourdes officiellement annoncé. spp/Radio Kiskeya