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La présidence enfonce le clou : le CEP sera formé avec ou sans le Parlement

Déclarations du porte-parole, Lucien Jura, qui confirme l’ultimatum de l’Exécutif au Parlement en précisant qu’au-delà du nouveau délai de huit jours le conseil électoral permanent prendra ses fonctions ; une position critiquée par certains parlementaires dont le président de la Chambre basse pourtant au départ favorable à l’approche de l’Exécutif

Publié le jeudi 9 août 2012

Le porte-parole de la Présidence, Lucien Jura, a averti jeudi que le pouvoir est prêt à mettre en place le conseil électoral permanent sans la participation du Parlement auquel un nouveau délai de huit jours, sous forme d’ultimatum, a été accordé pour désigner ses trois représentants.

Affirmant que le CSPJ avait déjà fait choix de trois personnalités, tout comme l’Exécutif dont l’identité des sélectionnés n’a toutefois pas encore été révélée, le fonctionnaire a fait savoir qu’il est grand temps pour le corps législatif de se décider après avoir épuisé un premier délai sans le moindre résultat.

La Présidence se trouve dans l’impérieuse obligation de faire avancer le processus de constitution du CEP afin d’assurer la tenue des élections devant renouveler, avec déjà un retard considérable, le tiers du Sénat, les conseils communaux et les collectivités territoriales, a-t-il poursuivi.

S’agissant des contestations suscitées par les choix du conseil supérieur du pouvoir judiciaire, Lucien Jura déclare que l’Exécutif n’a pas à s’immiscer dans les affaires internes de l’institution et ne demandait que les noms des candidats retenus pour le CEP permanent.

Le parlement est invité à jouer sa partition au plus vite dans le cadre de la formation de l’institution électorale prévue par la constitution amendée, car, le Président Michel Martelly n’entend pas renoncer à sa responsabilité de garantir la bonne marche des institutions, conclut le porte-parole.

Cette injonction irrite divers parlementaires favorables à la mise en place d’un CEP provisoire de consensus et commence à porter le président de la Chambre basse, Levaiallant Louis-Jeune, à se raviser après avoir plaidé pour la formation immédiate d’un organisme électoral permanent malgré le blocage constaté au Sénat réduit à 20 élus là où il en faudrait 30. Le Député de Desdunes appelle le chef de l’Etat à privilégier le dialogue en évitant d’enclencher le processus électoral avec un CEP illégitime, générateur de crise, et réclame tout simplement la démission du président du CSPJ, Anel Alexis Joseph, au centre d’un scandale.

Décrit comme un homme « très dépendant » du Palais National, ce personnage s’attire les foudres de plusieurs secteurs dont les organisations de défense des droits humains comme le RNDDH depuis la désignation contestée des trois représentants au CEP du conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Une institution aujourd’hui dans la tourmente et amputée de l’un de ses membres, Néhémie Joseph, démissionnaire. spp/Radio Kiskeya