Haïti se préparait au pire vendredi soir face à l’arrivée imminente de la tempête tropicale Isaac qui risquait de devenir un ouragan et de frapper le pays dont la population a été invitée à appliquerà la lettre les consignes de sécurité des autorités qui ont décrété depuis trois jours l’alerte rouge et annoncé un train de mesures visant à affronter une éventuelle catastrophe humanitaire.
A 19h00 (heure locale et 23h00 GMT), le cyclone était localisé près de la frontière haïtiano-dominicaine, à environ 160 km de la côte sud d’Haïti où il progressait avec des vents en rafale pouvant atteindre un rayon de 300 km, selon les prévisionnistes du centre américain des ouragans (NHC).
"Le centre d’Isaac devrait toucher Haïti dans la soirée et se rapprocher ou même passer au sud-est de Cuba samedi", indique dans un communiqué l’organisme basé à Miami, spécialisé dans la surveillance des activités cycloniques dans l’Océan Atlantique.
Des vents de 100 km/h ont été mesurés alors que l’oeil du cyclone se déplaçait à une vitesse de 26 km/h vers le nord-ouest.
Convaincu d’un possible renforcement spectaculaire d’Isaac malgré l’avis contraire de plussieurs experts fondé sur l’évolution erratique du système, le NHC a émis une alerte rouge à l’ouragan seulement pour Haïti, la République Dominicaine, Cuba, les Bahamas et la Jamaïque faisant l’objet d’une alerte à la tempête tropicale .
Après de fortes pluies qui se sont abattues jeudi soir sur le département du nord-ouest, des précipitations étaient enregistrées vendredi soir aux Cayes (sud) et à Jacmel (sud-est) où l’on craignait des inondations et glissements de terrain.

Pour sa part, Port-au-Prince donnait l’aspect d’une ville morte tant la circulation était fluide et les passants très rares dans les rues qui se sont vidées entre la fin de l’après-midi et le début de la soirée. Des vents soufflaient et une pluie intermittente tombait.
Le gouvernement Martelly/Lamothe, qui a procédé à l’évacuation de plusieurs centaines de familles, a aménagé 1.250 abris provisoires pour accueillir d’éventuels sinistrés, constitué un stock stratégique de 100.000 kits alimentaires et sollicité l’aide de la communauté internationale en vue de faire face, le cas échéant, à d’importants dégâts. Pendant que les représentants de l’Exécutif, le Premier ministre Laurent Lamothe en tête, entreprenaient une intense campagne médiatique de sensibilisation de la population, les comités régionaux et locaux de la protection civile se mobilisaient pour porter secours aux populations à risque dont des sans-abri toujours sous les tentes, plus de deux ans après le séisme dévastateur de 2010 qui avait fait quelque 300.000 morts.
Le Président Michel Martelly a décidé d’annuler une visite officielle au Japon afin, dit-il, de ne pas s’éloigner du peuple en danger.
Des pluies continues pourraient entraîner une remontée du choléra, une épidémie qui -depuis son apparition fin 2010- a causé environ 7.000 décès et plusieurs centaines de milliers d’hospitalisations. spp/Radio Kiskeya

