Les avocats d’André « Andy » Apaid, dans le collimateur du fisc, sont passés à l’offensive jeudi en annonçant une action en justice contre l’Etat haïtien afin de réparer les préjudices causés à leur client, lequel s’est objectivement situé dans l’opposition en se disant victime d’une campagne de persécution du pouvoir et prêt à passer en « prison » le reste du quinquennat du Président Michel Martelly.
Lors de leur toute première rencontre avec la presse, Mes Gervais Charles et Stanley Gaston ont rejeté la liste noire de la direction générale des impôts (DGI) sur laquelle, se plaignent-ils, a été porté le nom d’une entreprise de M. Apaid fermée depuis 2005. S’il y avait des dettes envers l’administration fiscale, elles sont annulées, car, après plus de cinq ans d’inactivité il y a prescription conformément la loi, argumente Me Charles.
L’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince informe, qu’en outre, les comptables dépêchés à la DGI par l’industriel ont constaté qu’il n’y avait pas de créances à recouvrer.
Dans une note rendue publique mercredi, le directeur général de la DGI, Jean-Baptiste Clarck Neptune, avait recommandé aux autorités judiciaires de lever les mesures coercitives prises à l’encontre d’Andy Apaid et d’autres patrons arguant qu’ils s’étaient, entre-temps, acquittés de leurs redevances fiscales.
Pour sa part, Me Stanley Gaston a mis en relief les fâcheuses conséquences sur les activités de l’intéressé de l’interdiction de départ signifiée à Andy Apaid ainsi que la transmission au parquet de la capitale et au service de l’immigration de son nom parmi les grands contribuables en délicatesse avec le fisc.
Refoulé lundi dernier à l’aéroport international Toussaint Louverture alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour un important voyage d’affaires aux Etats-Unis, M. Apaid a écrit mercredi une lettre ouverte au chef de l’Etat pour dénoncer la propension à l’autoritarisme de son régime à l’origine d’un « climat de peur », l’exhorter à rectifier le tir rapidement et le mettre en garde contre une éventuelle détérioration de la situation en Haïti.
Mis à l’index en compagnie d’une soixantaine de membres du secteur privé des affaires, l’ancien leader du Groupe des 184 annonce pour vendredi matin une conférence de presse au cours de laquelle il sera entouré de son conseil juridique dont fait partie également l’actuel bâtonnier de la capitale, Me Carlos Hercule.
L’ancienne plateforme d’organisations de la société civile que dirigeait Apaid au plus fort du mouvement GNB avait joué un rôle majeur dans la chute, en 2004, du Président d’alors, Jean-Bertrand Aristide. spp/Radio Kiskeya
