La révocation sans avertissement jeudi du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Jean Renel Sénatus, ajoutée à des changements opérés dans la police et à la Délégation du Nord, suscitent interrogations et inquiétudes chez certains parlementaires.
Le président du bloc Parlementaires pour le renforcement institutionnel (PRI), le député des Gonaïves Sadrac Dieudonné, inscrit ces changements dans le cadre de l’initiative du pouvoir de tenter de contenir la vague de contestations qui s’annonce contre la cherté de la vie et l’exclusion. Il estime que le chef du Parquet de la capitale a été limogé simplement parce qu’il refusait d’obtempérer aux injonctions du pouvoir à violer la loi.
Le représentant de la circonscription des Gonaïves croit que les révocations opérées ces derniers jours n’auront pour conséquence que d’encourager encore plus de gens à s’impliquer dans le mouvement de contestation, du fait qu’ils arriveront à la conclusion que le chef de l’Etat, Michel Martelly, ne cherche qu’à rétablir la dictature en Haïti.
Le député de Marmelade/Saint Michel de l’Attalaye, Patrick Joseph, souhaite pour sa part que la population prenne note de la décision du chef de l’Etat de limoger un fonctionnaire qui luttait contre l’immoralité et la délinquance juvénile. « Le gouvernement mérite la palme d’être son propre déstabilisateur par les révocations de la plupart des fonctionnaires crédités d’un bilan positif », considère le député.
Souhaitant que le professionnalisme de Me Sénatus soit utilisé à d’autres niveaux de l’appareil d’Etat, Patrick Joseph affirme croire que le gouvernement s’engage dans la mauvaise direction s’il entend procéder à des révocations tous azimuts dans le but de contenir la contestation sociale.
D’autres parlementaires avaient émis des propos similaires à ceux des députés Dieudonné et Joseph après les changements opérés dans le Nord où la contestation anti-Martelly semble vouloir se radicaliser.
Interrogé sur les motifs de son renvoi, Me Sénatus n’a voulu ni confirmer ni infirmer l’information selon laquelle il aurait refusé de procéder à des arrestations illégales et arbitraires, dont celles des avocats Newton Saint Juste et André Michel partis en guerre depuis quelque temps contre la famille présidentielle qu’ils accusent de corruption. [jmd/Radio Kiskeya]
