Manifeste du Cap-Haïtien
La situation de dégradation économique, sociale et politique qui s’installe et s’aiguise de jour en jour, fragilise encore plus les conditions de vie de la majorité de la population haïtienne.
La vie chère, l’augmentation du chômage, l’arrogance du pouvoir Tèt Kale, les actes de corruption, les difficultés des parents pour la rentrée des classes provoquent l’indignation de la population. Ces plaies chroniques rongent inlassablement le tissu social creusant le lit au mécontentement populaire. Le chaos généralisé guette le pays et menace dangereusement les fondements de notre société. La population déboussolée gagne les rues pour exprimer son désarroi.
Cette accentuation de la vulnérabilité de presque toutes les couches de la société se poursuit dans une ambiance de dérives institutionnelles et de banalisation de la chose publique. Ces écarts se traduisent en des pratiques préjudiciables au respect du Bien Commun. Ils se déclinent comme suit :
Violations systématiques et répétées des lois et de la constitution du pays ;
Manœuvres persistantes pour vassaliser les autres pouvoirs de l’Etat ;
Volonté maintes fois exprimée du chef de l’Etat d’instaurer un pouvoir dynastique et dictatorial dans le pays ;
Déstructuration et affaiblissement des institutions de l’Etat au profit de la famille et des proches du Président de la République ;
Gaspillage des fonds publics ;
Démission du pouvoir dans la défense des intérêts nationaux telle le bradage de nos ressources minières, le sacrifice du Port de Fort-Liberté au profit du Port dominicain de Manzanilla ;
Violations des droits humains et des libertés fondamentales ;
Aggravation des conditions de vie de la population ;
Mise en place d’un Conseil Électoral présidentiel de six membres dans le but évident de réaliser des élections frauduleuses ;
Tentative de mettre sur pied une milice armée rose ;
Renforcement de l’impunité ;
Augmentation du climat d’insécurité ;
Dépendance vis-à- vis de l’étranger ;
Quasi-monopole des compagnies nationales et étrangères proches du pouvoir en place au détriment du peuple hattien ;
Exigences
Fort de ces constats, nous, partis politiques, organisations populaires et organisations de la sociétés civile, réunis au forum du Cap-Haitien, exigeons :
1.- Révocation de tous actes posés, de toutes décisions prises par le Président de la République en violation de la loi ou de la constitution ;
2.- Respect des règles du jeu qui caractérisent une société démocratique ;
3.- Mise en place d’un Conseil électoral Consensuel, Honnête et Crédible ;
4.- Organisation, dans les délais appropriés, d’élections transparentes en vue de renforcer les institutions ;
5.- Elaboration, après les élections susmentionnées, de la déclaration d’amendement de la constitution dans le respect de la procédure tracée par la constitution de 1987, pour son amendement ;
5.- Réaffirmation de la souveraineté nationale et le départ des troupes étrangères ;
6.- Mise en place d’une commission indépendante chargée d’enquêter sur l’utilisation des fonds perçus indument sur les appels internationaux et les transferts en provenance de l’étranger, sur l’utilisation des fonds de Petrocaribe et fonds gérés par la famille présidentielle ;
7.- Cessation de toutes persécutions, de quelque nature que ce soit, personnalités de l’opposition, des journalistes et des militants des droits humains ;
8.- Evaluation, suivi et application de décisions appropriées en vue de satisfaire, dans le meilleur délai, les principales revendications de la population, en particulier, celles des professeurs, des policiers, des employés révoqués et des ouvriers de la sous-traitance .
ENGAGEMENTS
Les violations répétées de la loi et de la constitution menacent gravement l’avenir du pays et invitent les citoyens et les citoyennes à la mobilisation et à la contestation.
Ainsi, nous Partis politiques, Regroupements de partis politiques, organisations populaires et organisations de la société civile participant à ce forum, nous engageons à :
1.- Continuer le dialogue, à travers les dix départements géographiques du pays, en vue de renforcer notre capacité à mener et à poursuivre victorieusement la lutte pour l’émergence, en Haïti, d’un Etat de droit et d’un Etat-Nation ;
2.- Manifester notre opposition farouche aux pratiques arbitraires du pouvoir en place ;
3.- Reconnaitre au peuple haïtien le droit démocratique d’exiger souverainement et pacifiquement la démission anticipée du mandat de cinq ans confiés à tout président qui s’écarte des règles du jeu démocratique ;
4.- Rester unis pour continuer à accompagner le peuple haïtien dans ses justes et légitimes revendications et à travailler ensemble pour sortir le pays du bourbier et lancer de manière définitive et résolu le projet démocratique ;
5.- Encourager les différents secteurs nationaux dont les écoliers, les étudiants, les fonctionnaires, les professionnels, les ouvriers, les paysans, les chômeurs, les marchands, les commerçants, les protestants, les catholiques, les vodouisants, les musulmans à joindre leurs forces pour doter le pays d’un environnement, socio-économique et politique capable d’assurer un mieux-être à l’ensemble des collectivités nationales.
Fait au Cap-Haitien, le 16 octobre 2012 :
Suivent les signatures :
AKAO
Plateforme Libération
MRN
RESPE
OPL
KID
Junot Felix
Serge Jean Louis
Omar Garat
Evans Paul
RDNP
PLH
ESKANP
Fanmi Lavalas
PNDPH
INITE
MOCHRENA
MNP-28
PLB
PROP
PEP
PNCH
Initiative Citoyenne
Bloc Populaire Nord
Association Consommateurs d’Haiti (ANCH)
SIKLON
MOVIDECH
FEMODEK
Batay Ouvriye
Federasyon Fanm No
ORENH
OJPA
Gerard Evans Beaubrun
Jean André Victor
Hugues Celestin
Turneb Delpé
Reynold J. C. Bazin
Dejean Bélizaire
Anes Lubin
Claude Dubique
Mathieu Petit-Frère
Armand Sanon
Jean Garry Denis
Durmasais Erithan
Floreal Cineus
Eluscat Charles
Baz Milot
CATH
ORAN
CREPUNH
Génération du Changement
Global
FOPARK
RENAVOPCE
Gesner Jean Geffrard

