L’ancien président du Conseil électoral provisoire de 2000, Me Léon Manus, octogénaire, est décédé vendredi dans le New Hampshire après douze longues années de séjour forcé aux Etats-Unis.
Le 16 juin 2000, le disparu avait du partir en catastrophe, via la République Dominicaine, pour échapper aux pressions assorties de graves menaces du Président d’alors, René Préval, et de son prédécesseur, Jean-Bertrand Aristide, dont le parti Fanmi Lavalas voulait que coûte que coûte réaliser un raz-de-marée aux élections législatives et municipales du 21 mai.
« J’ai été convoqué au Palais National où le Président René Préval et l’ex-Président Jean Bertrand Aristide m’ont menacé de mort si je ne publiais pas les résultats manipulés », avait dénoncé un Manus grondant de colère et d’indignation citoyenne au lendemain de son départ précipité.
En dépit de cette sortie fracassante et de la démission pour les mêmes raisons de deux autres conseillers électoraux, le vice-président, le Dr Debussy Damier, et Me Emmanuel Charles, le pouvoir commit un hold-up incroyable en attribuant -à une ou deux exceptions près- la totalité des sièges en jeu à Lavalas.
Vainqueur haut la main quelques mois plus tard des présidentielles contestées du 26 novembre, Aristide venait, sans le soupçonner, de signer l’arrêt de mort de son régime renversé en février 2004. spp/Radio Kiskeya
